Déchets à Bessan : le paradoxe préfectoral

Il existe un paradoxe environnemental sur lequel le préfet de l’Hérault et ses services…

Il existe un paradoxe environnemental sur lequel le préfet de l’Hérault et ses services devraient donner de sérieuses explications aux populations du secteur agathois, et principalement à celle de Bessan. En ce moment a lieu la réhabilitation de l’ancienne décharge dite de la « Garrigue Haute », située sur le territoire bessanais ; laquelle a reçu des déchets d’Agde, Bessan, Marseillan, Vias et du Sictom de Pézenas. Malgré la loi de 1992 imposant la fermeture des décharges à ciel ouvert, il aura fallu beaucoup d’énergies et de procédures pour permettre sa fermeture au début des années 2000 et sa réhabilitation en ce mois d’octobre 2009.

Alors que les bulldozers sont en pleine action sur le site de la « Garrigue Haute », mettant un terme à plus de 20 années d’exploitation, il suffit de faire quelques pas, d’enjamber le chemin tout proche pour apercevoir les terres montblanaises susceptibles de recevoir le fameux projet « Ecopôle de la Vallasse ».
Le paradoxe préfectoral a ainsi frappé. D’une main, je demande la fermeture de la décharge et, de l’autre, je lance une enquête publique destinée à ouvrir un méga centre de déchets et une usine de méthanisation en prime.

D’une main, je demande l’application de la loi pour permettre à la nature de retrouver son cadre naturel et, de l’autre, je poursuis un projet qui peut causer de nombreux risques environnementaux dont celui, le plus important à nos yeux, de polluer la nappe astienne.

Bravo Monsieur le préfet de l’Hérault ou plutôt Messieurs les préfets successifs ! Ceux-ci ont beau jeu de rétorquer qu’il faut trouver une solution pour traiter les déchets de l’Ouest héraultais et vite. Oui, certainement. Mais les bessanais ne sont en aucun cas responsables de l’incapacité ambiante de notre département à trouver des solutions adaptées, ni même de la nonchalance de l’Etat qui a trop longtemps laissé faire. Pourquoi vouloir sacrifier un village tout entier sans même engager une seule étude sérieuse autre que celle engagée par la société privée chargée du projet.

Les bessanais (et d’autres heureusement) ne sont pas d’accord et le diront pendant l’enquête publique. Ils rappelleront leurs expériences passées en matière de déchets et soulèveront de nombreux autres risques liés au projet : transports de véhicules poids lourds, viticulture, tourisme, biodiversité, qualité de vie… Nous sommes habitués à nous battre en matière de décharge. Nous nous battrons une fois encore et, espérons-le, nous gagnerons ce nouveau combat, tous unis. Ce n’est que le début d’une longue marche avec une augmentation du degré de contestation au fur et à mesure de l’avancement du projet. Nous savons faire tant juridiquement, administrativement, médiatiquement…

Bessan a déjà eu pendant 20 ans une décharge, pas question de renouveler cette triste expérience. Le paradoxe préfectoral se doit d’être balayé et c’est à la démocratie, populaire et citoyenne, de s’en charger. Nous mettrons toute notre énergie dans la bataille. Bessanaises, Bessanais, à vous de jouer !

Pour la majorité municipale,
Stéphane Pépin-Bonet
Premier Adjoint au Maire de Bessan

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