Grenelle de l’environnement : engagement politique fort ou miroir aux alouettes ?

Peut-on espérer que les engagements formalisés dans les textes officiels, rapports de commissions, règlements,…

Peut-on espérer que les engagements formalisés dans les textes officiels, rapports de commissions, règlements, lois, décrets, circulaires ministérielles, soient effectivement mis en application, un jour ?

Pourquoi cette réflexion ?

Parce que tout se passe en réalité, d’une part, comme si les pouvoirs publics légiféraient pour se donner bonne conscience et pouvoir s’en prévaloir au regard des tiers. Le fait de publier des textes serait, en soi, garant de la préoccupation par les grands édiles, c’est de la fonction dont je parle, des problèmes des citoyens. Et, par ailleurs, comme si leurs décisions d’agir ignoraient totalement la lettre et l’esprit des écrits dont ils sont les signataires. En sont-ils conscients, si oui, en éprouvent-ils un brin de culpabilité ? Sinon, souci. Pour nous, bien entendu …

Des faits, pour toute réponse

Je voudrais saisir l’opportunité d’un évènement passé sous silence, alors que la raison de sa création représente un enjeu très important en matière de mobilité, de transport et de développement durable. Il s’agit de la manifestation, en gare de Millau, samedi dernier, contre la désélectrification de la voie ferrée Béziers-Neussargues-Clermont-Paris. Nous étions plus de deux cents rassemblés par le Comité Pluraliste ad hoc qui voulait dénoncer, ainsi, le premier acte fatal à ‘’la ligne de la montagne”. Laquelle serait sacrifiée à l’autel de la ‘’chaussée royale” du sillon rhodanien. Et oui, la réalité dépasse la fiction ! Pourtant, ne sommes-nous pas en droit d’attendre les effets induits par le Grenelle de l’Environnement ?

Dans le rapport duquel nous pouvons lire, sur le thème ‘’Mobilité et transport” :

« Le secteur des transports est responsable d’une part significative de la croissance des gaz à effet de serre en France depuis 1990. Ses émissions de CO² ont atteint 139.5 Mt en 2005, soit une hausse de 18 % par rapport à 1990. La route représente plus de 90 % des émissions de CO² du secteur des transports. 83 % des déplacements de personnes et 86 % des transports de marchandises empruntent en effet ce mode. Une rupture est indispensable : changement radical de stratégie avec une priorité absolue au rail et aux voies navigables pour les nouvelles infrastructures.
Objectif : baisser de 20 % les émissions dans les 12 ans ».

Plus loin, au chapitre « Mesures opérationnelles :

1) Limitation des nouvelles infrastructures routières et autoroutières
2) Doublement des réseaux de lignes à grande vitesse (LGV)
3) Augmentation de 25 % de la part du fret ferroviaire d’ici 2012
– Promotion du transport combiné
– Création d’autoroutes ferroviaires
4) Mise à niveau du réseau existant
5) Mise en place ou amélioration de l’intermodalité des différents modes de transports (TER, parking de délestage, vélos, bus périurbains).
6) Programme de développement du transport maritime et fluvial :
– autoroutes maritimes : améliorer et aménager l’utilisation des voies existantes. Comités de pilotage à mettre en place avec les opérateurs, les autorités ferroviaires, les utilisateurs, les voies d’eau, afin d’améliorer les modes alternatifs et leur combinaisons grâce notamment au transport combiné, aux interfaces notamment portuaires ».

Les actions prévues s’inscrivent-elles dans ledit changement radical de stratégie ?

Voilà littéralement l’essentiel des analyses, objectifs et engagements retenus par nos gouvernants sur un des enjeux les plus déterminants pour la société de demain. Le rapport est clair, la tendance perverse paraît être condamnée. Aussi sommes-nous en droit d’attendre des propositions de mise en place d’actions allant dans le sens de la priorité absolue annoncée. C’est-à-dire : au rail et aux voies navigables. Faux, c’est un non-sens ! Une seule voie ferrée traverse le centre de la France et plutôt que de la développer, et inverser la perverse tendance, on va créer une nouvelle autoroute dans le sillon rhodanien.

Mais, de qui se moque-t-on ?

Le ministère de l’Écologie et du Développement durable est chargé de la lutte contre les pollutions dues au transport : réduction des nuisances sonores, préservation de la qualité de l’air, lutte contre l’effet de serre et les changements climatiques… Pour accomplir ces missions, il s’appuie sur un réseau de services déconcentrés et d’établissements publics (DIREN, DRIRE, DDE, ADEME, INERIS…) et sur les autres ministères concernés. L’appareil d’Etat dispose donc d’énormes moyens pour changer radicalement de stratégie, notamment concernant la politique des transports, en contrecarrant les profanations qui menacent de plus en plus l’avenir de la Planète. C’est-à-dire notre qualité de vie et celle des générations futures. C’est cette préoccupation-là qui donne du sens aux actions qui doivent être mises en œuvre. En outre, le législateur a suffisamment légiféré en matière d’aménagement du territoire pour que les collectivités territoriales parviennent à mieux maîtriser les équilibres entre zones  urbanisées, zones agricoles, zones infrastructurelles, zones forestières, espaces naturels et paysagers, dans le respect du développement durable.

On n’est jamais si bien servi que par soi-même

Confrontés à de telles situations, devons-nous nous résigner ou réagir pour que les actes soient conformes aux annonces qui les sous-tendent, a fortiori lorsqu’ils servent l’intérêt général ? A nous de nous donner le pouvoir de choisir plutôt que de subir les choix du pouvoir. Nous étions deux cents samedi dernier, soyons plus de deux mille le 27 septembre à Montpellier.

Tous à
Montpellier le 27 septembre 2008
pour que vive la ligne de voie ferrée
BEZIERS – NEUSSARGUES – CLERMONT – PARIS !

Les illustrations sonores sont choisies par la rédaction à titre purement humoristique et illustratif.

Elles sont totalement indépendantes du signataire de l’article


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