Hérault : des lieux du passé à faire frissonner de peur même les plus téméraires…

A l'approche de Halloween, revue de détail de certains lieux héraultais qui furent le théâtre de drames sanglants aujourd'hui quasiment oubliés…

Le Rockstore, à Montpellier, bâti sur un cimetière

Construit au XIIIe siècle et classé Monument historique en 2007, le Rockstore a été bâti sur un couvent de moines cordeliers et une grande église catholique romaine, devenue, au fil des guerres de religions, un temple protestant. La crypte dans laquelle étaient enterrés les moines se situe sous la salle de l’actuel Rockstore. On raconte que le père de Napoléon Ier, Charles Bonaparte, qui était présent à Montpellier pour y faire traiter son cancer de l’estomac, y mourut en février 1785 et fut inhumé dans ce bâtiment. Ses cendres furent ensuite transférées à Saint-Leu-la-Forêt. A méditer quand vous danserez au Rockstore au son endiablé de votre groupe favori !

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L’entrée du Rockstore © Ville de Montpellier.

Montpellier : les rituels des sorcières au bois de Montmaur

A Montpellier, en face de l’actuel zoo de Lunaret, nombreux sont les joggeurs à courir dans les bois de Montmaur. Les promeneurs s’y croisent et échangent quelques mots aimables. Pourtant, il se murmure qu’au Moyen-Age, l’ambiance y était bien différente… Les sorcières s’approvisionnaient dans les bois de Montmaur en végétaux de toutes sortes pour réaliser leurs breuvages et onguents. Elles y récupéraient également les cadavres des pendus exposés aux potences sur le fameux “Mont de la Mort”…

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Le bois de Montmaur © Office de tourisme de Montpellier

Montpellier, la rue Portalière-des-Masques, lieu d’exécution de soi-disant “sorcières”

Dans le quartier Boutonnet, la rue Portalière-des-Masques, située à l’angle de l’avenue d’Assas, servait de lieu d’exécution pour les personnes convaincues de sorcellerie. On appelait alors cet endroit la “porte des sorcières”. Les croyances de l’époque en la sorcellerie firent de nombreuses victimes, dont énormément de femmes. Parmi elles figure la nonne Catherine de Sauve, condamnée pour hérésie et brûlée vive au XVe siècle.

Bûcher

A Montpellier, la Villa des Rosiers, QG de la Gestapo de 1942 à 1944

A Montpellier, le quartier des Beaux-Arts fut l’un des hauts lieux de la Gestapo et du Sicherheitdienst (SD). Du 11 novembre 1942 au 19 août 1944, ils réquisitionnèrent la Villa des Rosiers située au 3 de l’avenue de Castelnau. Tout près était installée la caserne de Lauwe, siège de la Milice. Située à proximité de la synagogue, sans doute volontairement, la Gestapo perpétra de nombreux crimes contre la population à la Villa des Rosiers, qui servit de lieu de torture et d’exécution extrajudiciaire. La brigade spéciale de la police nationale dirigée par l’intendant de police et directeur régional des Groupes mobiles de réserve (GMR) Pierre Marty y occupa aussi des bureaux. La Villa des Rosiers était l’annexe de la Villa Saint-Antonin, où avaient lieu les interrogatoires.

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La Villa des Rosiers, 3 avenue de Castelnau à Montpellier.

Le système nazi était terriblement bien huilé, les résistants héraultais et lozériens étant d’abord torturés à la Villa pour donner des informations, puis fusillés à la butte du stand de tir de La Madeleine ou déportés vers les camps de concentration nazis.

Face à la Villa des Rosiers, au 6 de l’avenue de Castelnau, la Villa Saint-Antonin (aujourd’hui détruite) abritait pour sa part les bureaux administratifs du Kommando der Sicherheitpolizei und der Sicherhietdienst (KDS) de Montpellier commandé par le SS-Obersturmbannführer Hellmut Tanzmann.

Château de Pignan : les restes d’une princesse retrouvés dans une jarre

Le château de Pignan, construit de 1673 à 1698 pour la famille Bashi du Cayl, a été le théâtre d’une macabre découverte en 1969, à l’occasion d’une opération de nettoyage de ses caves. Un ouvrier y découvrit une jarre recouverte d’un blason en plomb, portant l’inscription : “Elisabeth Radziwill, princesse, née comtesse de Chodkiewicz, décédée le 10 avril 1804”.

Loin de contenir un quelconque trésor, la jarre en question renfermait les restes de cette princesse lituanienne, décédée de maladie en 1804 après avoir tenté de se faire soigner à Montpellier. Son dernier souffle la quitta à Montpellier, “dans la maison de Jean-Baptiste Riban, négociant, rue sainte-Foy (actuelle rue Jacques-Cœur), en présence de Charles Marie Barbeyrac de Saint-Maurice. Elle avait 37 ans”, rapporte l’historien Francis Moreau.

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Celui-ci ajoute : “la princesse Radziwill est enterrée dans le cimetière commun de l’Hôpital Général. On peut penser que c’est lors de la fermeture de ce cimetière et la création du nouveau cimetière Saint-Lazare en 1849 que ses restes ont été placés dans cette jarre transformée en urne funéraire. Cette urne fut confiée au comte de Turenne en vue d’une restitution à la famille de la princesse”. Le décès du comte de Turenne l’ayant empêché de restituer l’urne à la famille de la défunte, elle resta sur place, au château de Pignan.

Gignac : une maison porte-malheur hantée

A la fin du XIXe siècle vivait une famille de vignerons à Gignac, dans une maison toute simple. Un soir, sous l’emprise de l’alcool, le père y assassina tous les membres de sa famille avant de se suicider. Les personnes successives qui y vécurent ensuite enchaînèrent drames, morts et graves maladies, et la maison fut désertée à la fin des années soixante. A compter de ce moment, les habitants du village la considérèrent comme hantée, certaines pièces semblant éclairées la nuit, alors que la maison n’était plus raccordée à l’électricité.

A la fin des années soixante-dix, deux jeunes bravaches, qui ne croyaient pas les rumeurs concernant la maison, décidèrent d’y passer la nuit. Leurs hurlements de terreur réveillèrent les voisins. Lorsqu’ils sortirent de la maison, l’un des deux expliqua qu’ils avaient été passés à tabac par “des présences invisibles” ; le second, plongé dans un profond mutisme, fut interné en hôpital psychiatrique. De nombreux incendies et drames s’y succédèrent encore au fil des ans, et la maison fut murée. Elle est depuis oubliée de tous…

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Une rue étroite de Saint-Pons-de-Mauchiens © OT Cap d’Agde Méditerranée

Saint-Pons-de-Mauchiens : une terrible légende qui perdure

L’office de tourisme Cap d’Agde Méditerranée relate l’origine, pour le moins particulière, du nom du village de Saint-Pons-de-Mauchiens. Un seigneur de Saint-Pons aurait été dévoré par une meute de chiens. A l’agonie, il s’écria “O las mas cos / O les mauvais chiens” ! D’où le nom de Saint-Pons-de-Mauchiens. Une variante indique que ce seigneur était d’une grande cruauté envers ses chiens, qui auraient fini par se retourner contre lui. Ces chiens sont emblématiques du village et deux sont représentés sur son blason. Ils sont fêtés à l’occasion des Malicanes pendant la fête du village au mois d’août.

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