Le forcené d'Agde écope de 4 ans d'emprisonnement dont 18 mois de sursis

L'affaire avait défrayé la chronique faits divers d'Agde. Le 18 juin, un forcené après avoir menacé son ex-compagne, s'en était pris aux forces de police.

L’affaire avait défrayé la chronique faits divers d’Agde. Le 18 juin 2021, peu après une heure du matin, une patrouille de la brigade anti criminalité du commissariat de police d’Agde intervenait au domicile d’une femme devant lequel était posté son ex compagnon. Celui-ci proférait selon elle des menaces de mort à son encontre. A l’arrivée des forces de l’ordre, l’homme, un Agathois de 53 ans, avait pris la fuite à pied et s’était réfugié derrière une palissade. Selon les policiers, il s’était mis à crier qu’il allait tous les tuer s’ils approchaient de chez lui. Il affirmait également qu’il avait plein d’armes en sa possession. Trois détonations étaient alors entendues mais aucun des policiers n’était heureusement blessé.

Le RAID 34 en action

Des effectifs du RAID 34 étaient alors appelés en renfort en présence d’un négociateur. Celui-ci était parvenu à convaincre le mis en cause de se rendre sans incident. Il était quatre heures du matin. Immédiatement placé en garde à vue au sein du commissariat d’Agde, le prévenu était inculpé des chefs de tentative d’homicide sur personnes dépositaires de l’autorité publique et menaces de mort à l’encontre de son ex-concubine.

Un cocktail molotov et des bouteilles de gaz

Au cours de sa garde à vue au commissariat de police d’Agde, le mis en cause a reconnu être l’auteur des trois tirs de gom-cogn et avoir préparé un cocktail molotov pour le projeter sur la bouteille de gaz déposée derrière son portail si les policiers étaient entrés chez lui. La perquisition effectuée dans la matinée permettait effectivement de découvrir derrière le portail deux bouteilles de gaz ainsi qu’un jerrican d’essence quasiment vide. Une arme de poing de type gomm cogne et plusieurs cartouches gomm cogne, un cocktail Molotov prêt à l’emploi sur une table basse du jardin et une autre bouteille en plastique remplie d’essence, était également découverts au domicile du “ forcené” puis une hachette de tomahawk, un nunchaku en métal, une dague et quelques pieds de cannabis.

L’ex-compagne du mis en cause expliquait avoir vécu avec lui jusqu’en août 2020 et qu’il s’était installé depuis sur le terrain voisin appartenant à la mère de celui-ci. Selon elle, le mis en cause n’acceptait pas la séparation. La nuit des faits, il lui avait adressé plusieurs SMS de menaces de mort. ” C’est la première fois qu’il agit ainsi “, avait-elle indiqué. Puis il s’était présenté avec une hache indienne devant chez elle, s’acharnant sur son véhicule tout en proférant des insultes. Déjà, deux jours auparavant, trois pneus de son véhicule avaient été crevés et elle soupçonnait son ex-compagnon d’en être l’auteur.

Déjà 4 condamnations

Présenté au parquet de Béziers dans l’après-midi du 19 juin et placé en détention provisoire par le juge des libertés et de la détention, l’individu n’est pas un inconnu des tribunaux. Son casier judiciaire porte la trace de quatre condamnations, la dernière datant de 2015 pour des faits de violences avec arme et violences sur conjoint. À l’époque, il avait été immédiatement incarcéré pour purger une peine ferme de six mois d’emprisonnement. 

A la suite de l’audition, le parquet a ainsi retenu sept infractions : détention de substances ou produits incendiaire ou explosif en vue de préparer une destruction, dégradation ou atteinte aux personnes, violences aggravées par deux circonstances ayant entraîné une ITT n’excédant pas huit jours en récidive légale, menaces de mort sur personnes dépositaires de l’autorité publique, menaces de mort par concubin,  dégradations de la voiture de son ex concubine, usage de stupéfiants, et détention sans déclaration d’arme ou munition de la catégorie C.

4 ans dont 18 mois avec sursis

Après plusieurs renvois de la procédure, et finalement jugé le 12 août, l’Agathois de 53 ans a été condamné par le tribunal correctionnel de Béziers conformément aux réquisitions du parquet. A savoir : 4 ans d’emprisonnement dont 18 mois avec sursis probatoire pendant 4 ans lui imposant, après sa sortie de détention, de suivre des soins psychiatriques et d’indemniser les policiers d’Agde. La condamnation inclut l’interdiction de porter toute arme et de contacter son ex-compagne ou de s’approcher du domicile de celle-ci. Le tribunal a également ordonné son maintien en détention pour exécuter la partie ferme de sa peine.

Troubles bipolaires sévères

Le tribunal a tenu compte de l’altération sévère du discernement du prévenu telle que décrite par l’expertise psychiatrique indiquant que son comportement était en lien avec sa bipolarité, dans une période où il était en rupture de soins. Son ex-compagne âgée de 47 ans présente à l’audience, a pris sa défense à plusieurs reprises, refusant toute mesure de protection particulière pour elle-même. Elle a  demandé qu’il ne reste pas en détention et qu’il bénéficie seulement de soins.

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