Montpellier-Beaux-arts : un tiers-lieu culturel à la place d'une salle de sport

Reportage

Le projet d’installation d’un Carrefour market a été écarté à la faveur d’un espace culturel en lieu et place de l’ancienne salle de sport "Studios Lunaret" dans le quartier des Beaux-arts.

“Dans le dos de la mairie”

Alertée par une pétition des habitants du quartier des Beaux-arts qu’un Carrefour market envisageait de s’implanter dans l’ancienne salle de sport Studios Lunaret, la Ville s’est interposée, écartant une “menace” qui aurait pesé sur les commerces de proximité. Dans un courrier adressé au PDG de Carrefour Alexandre Bompard, le maire de Montpellier Michaël Delafosse fustige la manière “inadmissible” dont l’enseigne a conduit son projet d’installation. En cause, les tractations entre Carrefour et le propriétaire des Studios Lunaret, “dans le dos de la mairie”, explique Michaël Delafosse.

Un îlot à défendre

Le quartier regorge de petits commerces de proximité : épicerie bio, crèmerie, boucher, plusieurs boulangeries et pâtisseries, mais aussi un Proxi super qui appartient à l’enseigne Carrefour. Les riverains ont manifesté leur désir de conserver un certain équilibre. Un Carrefour market de 800m2 aurait sans doute rebattu les cartes dans cet îlot des Beaux-arts. La Ville n’a visiblement pas hésité à utiliser l’outil “coercitif”, comme elle le reconnaît elle-même, qu’est la préemption commerciale.

Plaza Beaux-arts

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© Mathieu Weisbuch

C’est le projet de Thierry Aznar, directeur d’Aeko qui a finalement été choisi. Le promoteur, en lien avec la CCI de l’Hérault, souhaite s’intégrer au quartier, en épouser l’esprit, avec un budget de 2 millions d’euros. Les anciens Studios Lunaret seront repris de fond en comble, les travaux devant être lancés début 2023 et durer une année. Pas de calendrier précis pour le moment. Provisoirement baptisé Plaza Beaux-arts, le futur lieu aura plusieurs facettes. Sa façade donnera le ton en accueillant des fresques d’artistes contemporains choisis en partenariat avec le MO.CO. A ce stade, seule l’artiste franco-iranienne Nazanin Pouyandeh a été pressentie.

Toit-terrasse

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Projet Plaza Beau-arts © Aeko

A l’intérieur, les visiteurs trouveront 3 niveaux. L’art et la culture y seront très présents avec des concerts, des expositions, des projections, des rencontres, des marchés de créateurs et des cours de cuisine. Parmi les espaces, on trouvera ce qu’on appelle désormais un Food-court. Il s’agit d’un lieu qui se veut convivial avec des fauteuils, des divans et quelques tables. Il est destiné à se retrouver pour partager un verre ou un repas. Un toit terrasse surplombera le lieu. Le Plaza Beaux-arts sera ouvert en journée. Les associations comme les particuliers pourront y mener des activités ou l’exploiter en espace de coworking.

“Au moins vingt ans”

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Projet Plaza Beau-arts © Aeko

La Ville a agi dans les limites de ses compétences en mettant en relation les protagonistes. Le projet est désormais entre les mains d’investisseurs privés. Le consensus autour de celui de Thierry Aznar n’a pas pour autant écarté toutes les inquiétudes des commerçants et des habitants. La nouvelle utilisation de l’ancienne salle de sport pouvant à tout moment, par son impact, modifier l’équilibre du quartier. La destination voulue par le porteur de projet est en phase avec le quartier et plus largement avec la candidature de Montpellier pour être Capitale européenne de la culture en 2028. L’investisseur va louer les étales avec un cahier des charges imposant certaines activités. “Pendant au moins vingt ans, nous allons créer un tiers-lieu culturel et de restauration avec des obligations assez pointues, les locataires ne feront pas ce qu’ils veulent” nous a confié Thierry Aznar.

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