Montpellier : les habitants de la Rauze et de Céreirède reçus à la préfecture cette après-midi

Reportage

Ils ont été entendus après la diffusion de leur lettre ouverte au préfet et sont reçus cette après-midi par Thierry Laurent, le sous-préfet de Montpellier, secrétaire général de la préfecture de l'Hérault.

C’est donc sur ces deux terrains que les travaux doivent débuter lundi 17 janvier pour installer le village de transition qui accueillera près de 200 personnes du camps de Roms de Celleneuve, dont 108 enfants. Une route les sépare, sans trottoirs, sans sécurité, sans éclairage public, route qui dénombre un passage de véhicules important. C’est également par cette route qui passe sous l’autoroute que l’on peut accéder aux transports en commun qui n’arrivent pas dans le quartier Céreirède.

Le collectif organise lundi 17 janvier à 14H, jour du démarrage du chantier sur parcelle, une réunion d’information concernant leur combat qui continue au stade de la Rauze.

Le collectif voulait être reçu par le Préfet

Le collectif a diffusé une lettre ouverte au préfet qui “refusait de les rencontrer” (lire la lettre ouverte). Ils ont obtenu ce rendez-vous ce vendredi après-midi avec M Thierry Laurent, le sous-préfet de Montpellier. Ils attendent de ce rendez-vous des réponses, des actes, des explications. Ils attendent notamment la copie des “documents officiels concernant la délivrance des autorisations à ce projet“.

Pour eux, “le terrain est totalement inapproprié, sous l’autoroute avec un gazoduc qui passe dessous. Ils veulent les mettre sur cette bande de terrain, traversée par une route. Ils veulent installer 200 personnes dans un endroit extrêmement accidentogène. Cela n’a rien à voir avec la solidarité, on ne fait pas les choses sans concertation. Ils ont fait ça le 14 décembre et ont pensé que cela allait passer tout seul. Nous avons découvert cela dans un encart dans la presse, un encart de 3 lignes. C’est complètement inadmissible. Le maire de Lattes, Cyril Meunier, vice-président de la métropole, n’était au courant de rien. Le jour du vote, il a bien entendu voté contre, tout comme les 3 autres élus de sa commune, tous les autres ont voté pour. Là, nous sommes pris à la gorge et on doit s’organiser en catastrophe. Nous sommes à peu près 350 habitants sur une centaine d’hectares sur la Céreirède. Là, ils veulent mettre 200 personnes sur 3500m².

Le maire de Lattes inquiet

Pour Cyril Meunier, “le terrain est totalement inapproprié. Je suis pour, comme tout le monde ici, le fait qu’il faille sortir des camps qui sont insalubres avec des insécurités totales parce que personne ne s’en occupe, excepté les associations qui essayent, et il faut les en remercier, de sortir ces gens d’une situation totalement indigne par rapport aux règles de notre République et notre humanisme. Mais, dans la précipitation du choix de ce terrain, c’est inapproprié car ce terrain va mettre les gens en danger. Il est entre les deux autoroutes, donc les habitats permanents sont déconseillés vis à vis des particules fines, je découvre d’ailleurs qu’à un certain niveau de pauvreté les particules fines ne vous attaquent pas, je ne le savais pas. On a une pollution notoire car on a une usine de concassage de pierres et une usine à béton, avec 60 ou 100 camions qui passent chaque jour. Il y a la station d’épuration de Maera. Il n’y a pas de pluvial, donc dès qu’il pleut, l’écoulement se fait en surface, ce terrain va donc être noyé par cet écoulement et le rendre impraticable. Si on dépasse une crue cinquantennale, la Céreirède sera submergée. La configuration du terrain ne peut pas accepté un hébergement provisoire de cette nature là qui n’offrira pas les garanties de salubrité publique et de sécurité à la population que l’on met dedans.

Le vice-président de la métropole rajoutesi on veut aller au bout de la logique, logique que je soutiens ; à partir du moment où on veut fermer les bidonvilles, la volonté du Préfet et de Michaël Delafosse sont notoires, il faut les en remercier, il faut le faire de façon raisonnée et il ne faut pas envoyer les populations sur un terrain comme celui, totalement inadapté à l’accueil d’une population déjà fragilisée. Il faut les mettre dans une zone urbaine un peu plus établie, avec des conditions de sécurité plus adaptées que dans une zone semi-rurale.

Les demandes du collectif

  • “Donner à la Métropole le temps qu’elle réclame
  • Permettre de répondre à nos demandes AVANT le démarrage du chantier
  • Fournir la transparence sur le cahier des charges, le budget et la mise en concurrence de Coallia
  • Évaluer l’impact sur les bassins économiques du Parc Saint Hubert, de la Rauze, de Près d’arènes et de Port Ariane

S’il apparaît à la lumière des éléments cités ci-dessus que le terrain de BRL est un meilleur choix pour les Montpelliérains et pour répondre aux obligations de la Préfecture, alors nous ajouterons à nos demandes :

  • Voter en Métropole le budget de démantèlement du village de la Rauze
  • Définir et voter la destination du terrain de BRL à l’issue de période de 18 mois
  • Apporter la civilisation à la Céreirède : total égout, trottoirs, accès à la TAM, jardins publics et pistes cyclables, pont piéton entre la rue de la courbe et le Marché du Lez, Fibre optique”

Un droit de réponse

Le collectif a également émis un droit de réponse, que vous pouvez lire ci dessous, en réaction au reportage paru le 13 janvier dans La Gazette de Montpellier qui décrit ce à quoi va ressembler le village rom qui va accueillir “les habitants du plus grand bidonville de Montpellier, démantelé le 7 mars prochain“.

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