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Faits divers / Insolite

Municipales à Vias - L’alternative du vote : la droite ou la gauche

Pas de triangulaire. Difficile pari que celui de vouloir constituer sérieusement un groupe qualitatif de vingt neuf colistiers, dans un laps de temps aussi court. La troisième liste n’a pas abouti. Les municipales, à Vias, prendront donc la configuration binaire : gauche contre droite et vice versa. S’inspireront-elles du spectacle kitsch, montré à la télé […]

Pas de triangulaire. Difficile pari que celui de vouloir constituer sérieusement un groupe qualitatif de vingt neuf colistiers, dans un laps de temps aussi court. La troisième liste n’a pas abouti. Les municipales, à Vias, prendront donc la configuration binaire : gauche contre droite et vice versa. S’inspireront-elles du spectacle kitsch, montré à la télé tous les mardis et mercredis ? Est-il passionnant, en effet, de suivre les fourberies de la représentation nationale, depuis les gradins de son amphithéâtre ? Ses jeux de rôle sont-ils à la hauteur de la symbolique du lieu ? Outre l’arrogance et l’irrespect, chercher à déstabiliser systématiquement le camp d’en face, n’est-ce pas mettre en scène une France d’en haut imbue d’un manichéisme primaire ? Ce clivage gauche/droite, aujourd’hui, a-t-il du sens ? Et dire que c’est nous, les citoyens de ce pays, qui conférons leur légitimité aux parlementaires censés nous représenter ! Sont-ce des comportements susceptibles de forger la citoyenneté et l’esprit civique de nos jeunes, en manque d’éducation et d’exemplarité ? Mais laissons, pour l’instant, la politique spectacle à ceux qui en vivent et revenons à la France d’en bas, la rurale, l’authentique. Alternative donc, entre gauche et droite ? Voilà la situation à laquelle l’électorat Viassois se trouvera confronté le 15 mars.

Mais, de quelle droite s’agit-il ?

La droite dont il est question, est souvent cataloguée de conservatrice par opposition au caractère progressiste de la gauche. C’est d’ailleurs pour cela que les hommes politiques de droite ont longtemps refusé de se positionner à droite, du moins en France. Sa singularité c’est qu’elle est plurielle. Aussi, les citoyens sont-ils en droit de se demander de quelle droite il s’agit. La droite radicale de Jean-Louis Borloo ? La droite libérale d’Alain Madelin ? La droite démocrate-chrétienne d’Hervé Morin et André Santini ? La droite souverainiste de Philippe de Villiers ou celle de Charles Pasqua ? La droite républicaine de Nicolas Dupont-Aignan ? La droite populaire de Chirac, de Sarkozy ou de Villepin ? La distinction entre chacun de ces courants vous parait significative ? Alors vous appartenez, sans doute, à un cercle restreint de personnes averties.

Idem pour la gauche

La gauche de Bernard Kouchner, proche du Président de la République ? Celle dont le ministre Eric Besson a claqué la porte, après son désaccord avec Ségolène Royal ? Celle de Fadela Amara, secrétaire d’Etat chargée de la politique de la ville dans le gouvernement Fillon ? Celle de Martin Hirsch, Haut commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté, au sein du même gouvernement ? S’agit-il de la gauche prônée par le parti communiste ? Ou bien celle du parti des verts ? Ou celle de José Bové ? Ou plutôt celle transmise par François Mitterrand ? Si oui, par quel courant socialiste ? Celui de Ségolène Royal ? De Martine Aubry ? De Bertrand Delanoë ? De Laurent Fabius ? De Benoît Hamon ? De Dominique Strauss-Kahn ? De Jack Lang ? A moins que ce ne soit le parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon ? Fort heureusement, le brouillamini socialiste s’est éclairci depuis le royal congrès de Reims, qui fut son couronnement !   

Défiance ou confiance en la classe politique ?

Comment s’y reconnaître dans cet océan de courants contraires, déchaînés par des luttes interpersonnelles et ce, à l’intérieur de chaque parti. Par exemple dans notre région, à gauche, le duel entre Georges Frêche et André Vézinhet ; à droite, celui de Raymond Couderc et Christian Jeanjean. Le comble réside dans le fait que la droite comme la gauche présentent ce pluralisme et ces combats duels, comme un label de démocratie pour leur mouvement politique. Franchement, qui peut les confondre avec des débats contradictoires, des confrontations d’idées ? Que d’énergie et de temps précieux perdus pour des raisons de pouvoir personnel ! Quel profit en retirent les citoyens ? Or, comme l’affirmait Tocqueville : « la démocratie c’est le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple ». En outre,  lorsqu’ils ne sont pas accaparés par leur ego ou par leur démarche électoraliste, certains politiques de droite ou de gauche promeuvent des projets qu’ils essayent d’imposer aux populations concernées. Rappelez-vous le comportement du maire, conseiller général et président du Syndicat Mixte Ouest de l’Hérault lorsqu’il a présenté, aux côtés du vice-président de Solena Group, le projet de l’usine de traitement de déchets multiples, appelé à tort ‘’torche à plasma”, en mairie de Vias. Un tissu de mensonges qu’on lui a rappelé, devant ses concitoyens, peu de temps après. Fort heureusement un mouvement local, citoyen, ni de gauche ni de droite, s’est levé et a mobilisé la population qui l’a rejeté. Un peu de pédagogie dans la présentation d’éléments factuels et l’intelligence des administrés, en confiance, a fait le reste.

Défiance ou confiance aux multinationales ?

La classe politique a depuis la fin des années 1980, mis en place les systèmes qui régissent le grand commerce mondialisé dans lequel nous sommes considérés comme des pigeons à plumer. Les gouvernements passent, mais les systèmes demeurent. Pour le plus grand profit des multinationales qui engrangent, en plus, les subventions de l’Etat, de l’Europe, …Profits qui remplissent, en particulier, les poches des actionnaires et des patrons. Voilà la réalité ! Nous pourrions citer plusieurs exemples. Prenons-en un. Rappelez-vous. Celui du groupe Shell, le plus gros pollueur de la planète, qui projetait d’installer, sur 11 km2, trente quatre éoliennes en mer, au large de Vias et Portiragnes. Alors que la France exporte 13% de sa production d’électricité et qu’EDF produit l’électricité à 0,03 € le kWh. Cette dernière rachète le kWh éolien à 0,085 € et le kWh éolien en mer à 0,13 €. Vous en restez coi ? Ce n’est pas tout ! Pour compenser son manque à gagner, EDF a instauré une taxe de 5% appelée CSPE (Contribution au Service Public d’Electricité) à la charge des usagers d’EDF. Coût total annuel: 2,5 milliards d’euros. Fort heureusement un mouvement intercommunal, ni de gauche ni de droite, réunissant des représentants des six communes littorales concernées,  Agde, Vias, Portiragnes, Sérignan, Vendres et Valras, s’est levé et a mobilisé les populations locales qui ont rejeté ledit projet. Même démarche, même résultat, grâce à l’intelligence desdites populations, en confiance.

Démocratie : rapport de forces entre majorité et minorité ?

En théorie, le suffrage incarne la démocratie. Car la volonté du peuple représente la source de l’autorité politique. Ce n’est pas la force qui fait loi, mais le vote. Par lequel, c’est le plus grand nombre qui prévaut sur le plus petit. Pas forcément la probité, la qualité, la pertinence, la compétence. Cet état de fait, ne préfigure-t-il pas le rapport de forces entre majorité et minorité ? Et si la majorité a tort, et raison la minorité ? N’est-il pas injuste, alors, que le bon droit cède devant le nombre ? Pour autant, le résultat peut-il être mis en cause ? Comment justifier cette apparente aberration ? Ce principe politique et philosophique ne présente-t-il pas, paradoxalement, un certain danger ? Notamment lorsqu’il est considéré par l’élu comme une fin en soi. Et non le moyen légitime d’accéder à une fonction de responsabilité publique, qui lui fait obligation de rendre des comptes à ceux qui l’ont élu. Et non de s’en prévaloir à l’envi. Rappelons-nous les escroqueries, les affaires frauduleuses de Nice, Angoulême, Paris, Grenoble, ….
Le plus grand défaut de la démocratie n’est-il pas sa Justice ? Un pays comme le nôtre s’honorerait d’avoir en son sein une justice indépendante, composée d’hommes et de femmes qui ne seraient pas choisis, eux aussi, par le Prince. En outre, chacun sait que ceux qui tirent les ficelles, dans le Monde, ne font pas partie de la classe politique. Et que, de surcroît, les décideurs politiques sont à Bruxelles, Washington, Pékin, … Bien loin des populations locales. Quid de la démocratie ?

En qui, en quoi faire confiance ?

Voilà une des questions centrales, aujourd’hui. Les campagnes électorales, fort coûteuses, s’inspirent du marketing commercial. Elles offrent un catalogue de promesses de bazar pour faire rêver les ‘’clients électeurs”. Les professionnels des instituts de sondage et ceux de la communication grand public savent pertinemment comment instrumentaliser l’opinion. Contrairement à ce service commandé, ne faut-il pas exiger, a minima, transparence, écoute et sincérité de la part des élus en charge de l’exécutif local ? Ne devons-nous pas rechercher parmi nos concitoyens ceux qui nous paraissent les plus intègres, ceux qui manifestent le meilleur état d’esprit ? Par ailleurs, n’est-il pas utile de débattre de la pertinence et de la faisabilité de leurs propositions ? Connaître le financement de celles-ci,  ainsi que leur qualité écologique ? Et ce, avant l’acte décisif ? Auparavant, ne devons-nous pas nous méfier de nous-même, c’est-à-dire de notre jugement souvent influencé par nos représentations, nos préjugés, nos croyances. Se poser ces questions aujourd’hui, n’est-ce pas se responsabiliser déjà dans l’acte citoyen ?

Ne plus subir, mais choisir

Compte tenu des arguments de cette modeste chronique, le mouvement citoyen ne représente-t-il pas le meilleur garant de la défense, notamment, de notre qualité de vie, de l’avenir de nos enfants et du bien-être de nos aînés ? Ne représente-t-il pas la meilleure démarche pour défendre les valeurs essentielles, telles que : le respect de l’autre dans sa différence, la liberté d’opinion, la liberté syndicale, l’intégrité, la laïcité et la solidarité ? Ne représente-t-il pas le meilleur moyen pour arrêter de subir les projets qui nous concernent, et revendiquer le droit de les choisir en connaissance de cause ?

L’essence de la démocratie

Au fond, le concept fondamental d’une démocratie, n’est-il pas le débat en soi ? Lorsque les citoyens débattent, ils échangent leurs opinions et discutent de leurs propres idées sur les problématiques qui les intéressent. Et l’élection est uniquement un moyen pour permettre cette discussion publique, qui représente, en définitive, l’essence de la démocratie.

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