Noël : illuminations, décorations et crise énergétique, les communes s’adaptent

Hérault Tribune Pro Reportage

La rédaction a contacté plusieurs communes dont Pignan, Montbazin, Sète, Frontignan, Marseillan ou encore Pézenas, pour savoir si la crise énergétique les a obligées à adapter les illuminations, décorations de Noël ou encore modifier les programmes des fêtes de fin d’année. Partage de choix et de décisions.

(Crédit goncharovaia/Canva)

De façon globale, les communes contactées sont unanimes sur la nécessité et l’importance de conserver l’esprit des fêtes, « parce que les gens en ont besoin, surtout en ce moment ». Comme à Pignan où Michelle Cassar explique : « nous avons décidé de maintenir les illuminations de Noël ainsi que le marché de Noël qui se déroulera les 10 et 11 décembre avec l’embrasement du château le samedi 10 au soir. Nos décorations sont toutes en LED. La patinoire sera bien évidemment toujours mise en place avec un accès gratuit pour tous. Pour nous, Noël est une période de fête en famille et entre amis où nous aimons nous retrouver surtout après cette longue crise sanitaire que nous avons traversée. Nous essayons de donner un peu de bonheur et de joie en cette période où chacun subit les difficultés (crise sanitaire, inflation, etc.) ».

Des solutions pour être économe

À Pézenas par exemple, le service communication indique que « les illuminations de 2022 seront équivalentes, mais plus économes (remplacement progressif du parc par des éclairages LED dernières générations). Leur allumage sera plus tardif et leur date d’extinction sera avancée par rapport aux années précédentes. Enfin, l’expérimentation de l’extinction de l’éclairage public de 00h à 05h depuis le 22 novembre permettra qu’elles ne soient pas allumées toute la nuit ».

À Sète, la volonté de la Ville est de « garder un vrai esprit de Noël et de faire vivre le centre-ville, comme chaque année, à travers son « Drôle de Noël », ses nombreuses animations festives gratuites et illuminations en centre-ville, corniche et artères commerçantes. Mais une attention sera effectivement et évidemment portée sur la sobriété énergétique à travers plusieurs mesures », indique le service communication. Grâce à un partenariat public-privé signé en 2013 avec le groupement d’entreprises Sogetralec-Citelum, la ville a notamment « modernisé l’intégralité du réseau d’éclairage municipal, le passage en LED et à la télégestion a produit des économies considérables, comme la consommation relative à l’éclairage public, la signalisation des feux tricolores et les équipements électriques urbains a diminué de 53 % depuis 2013 ». Sète veut rester à la pointe de la technologie sur les décorations de Noël et renouvelle tous les 3 ans ses équipements, ce qui permet d’être toujours plus économes en énergie. Cette année, les illuminations de la ville « sont également écoresponsables, car fabriquées en Bioprint, à base de canne à sucre, matériau recyclable et biodégradable. La canne à sucre sans OGM est transformée en bioéthanol déshydraté dans un laboratoire français. Livrés ensuite en granulés, ils sont teints avec des colorants propres et injectés dans des imprimantes 3D », précise le service communication. Ce processus de fabrication permet de supprimer plus de 80% d’aluminium sur les décors 2D et émet 10 fois moins de CO2. La ville va également réduire le temps des illuminations : du 1er décembre au 8 janvier (au lieu du 15 janvier) avec une extinction à 23 h au lieu de 1h.

La commune de Montbazin est déjà équipée de matériel 100% Leds depuis plusieurs années, matériel peu énergivore. Josian Ribes, le maire, explique que « nos illuminations sont branchées sur le réseau d’éclairage public dont l’extinction est en place depuis un an, de 23h à 5h15. Nous nous sommes interrogés sur la limitation du nombre de rues illuminées ou ne rien installer du tout. Mais, nous avons tranché avec une réduction importante de la période d’illumination au plus proche possible des deux jours fériés de décembre, a priori entre le 19 décembre et le 3 janvier ». Le maire précise également que « depuis notre prise de fonction en 2020, nous n’achetons plus de sapin, mais nous prélevons chaque année un ou deux beaux cèdres de l’Atlas dans la forêt montbazinoise. Et cette année nos agents se sont chargés de fabriquer, en régie, plusieurs objets décoratifs sur le thème de Noël ».

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Crédit Ville de Marseillan

(Crédit Ville de Marseillan)

À Marseillan, la ville fait des efforts et invite ses habitants à faire de même comme pour le concours des illuminations de Noël où il est précisé dans le règlement que « la municipalité demande aux participants de favoriser l’utilisation d’ampoules à Leds, de décors à énergie solaire, ou toute autre décoration à faible consommation d’énergie ». Marseillan va se « parer de ses plus beaux atours pour les fêtes de Noël. Cependant, en raison de la conjoncture liée à la crise énergétique combinée à une inflation importante, la commune a fait le choix de garder les illuminations fonctionnant avec des LED. Il a été décidé de supprimer cette année les installations trop énergivores, dont les projections dynamiques sur l’église et le théâtre. Nous souhaitons conserver la Magie de Noël de façon responsable et maîtrisée », indique Yves Michel, le maire.

Patrick Bourmond, élu à Frontignan, en charge notamment du commerce et de l’artisanat, explique : « nous changeons les illuminations pour les passer en LED depuis que nous avons été élus. Nous le faisons au fur et à mesure, car le coût est important, mais les économies sont réelles. Nous sommes sur le même volume d’illuminations avec des modifications de couleurs ». La ville expérimente elle aussi l’extinction des éclairages publics la nuit, incluant les illuminations de Noël, de minuit à 5h du matin. La ville est très vigilante sur les économies d’énergie, car le coût pour les concitoyens est important. L’élu rajoute que « nous avons également échangé avec les commerçants sur ce sujet. Chacun est libre, mais ils sont sensibilisés ». Mais, il rajoute que « la Magie de Noël doit être présente vu la conjoncture que l’on traverse en ce moment. Les gens en ont besoin : c’est un état d’esprit fédérateur. Nous faisons cette année un village de Noël sur la place Jean-Jaurès du 2 au 4 décembre. Dans les 12 chalets seront installés des commerçants et artisans locaux ou régionaux ». Les chalets seront ensuite transférés sur La Peyrade le week-end suivant.

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Patrick Bourmond, élu à Frontignan (Crédit Sophie Fages)

La sobriété énergétique

La maire de Pignan, Michelle Cassar précise ses solutions : « face à la flambée du prix de l’énergie, nous réduisons les consommations d’énergie dans les bâtiments communaux. Sur les constructions ou rénovations en cours nous prévoyons l’installation de panneaux photovoltaïques ou de tout autre moyen destiné à faire des économies ».

Les élus de Montbazin sont en pleine réflexion et disposent de plusieurs pistes, même si toutes les décisions ne sont pas encore prises : « élargissement de la plage d’extinction de l’éclairage public ; réduction à 19° de l’ensemble des températures de consignes des bureaux de la mairie ; information/sensibilisation de tous les agents ; extinction de tous les ballons d’eau chaude de tous les bâtiments publics (douches) ; extinction ou limitation de l’éclairage des équipements sportifs (stade, tennis) ; ajustement du prix de location des salles communales ; investissement sur de l’éclairage Leds pour les bureaux et salles de réunion ; investissement sur le photovoltaïque sur le bâtiment des services techniques ».

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Marché de Noël de Pignan (©Ville de Pignan)

Pézenas expérimente l’extinction de l’éclairage public depuis le 22 novembre afin de « maîtriser les dépenses d’énergie, mais aussi de préserver la nature et réduire la pollution lumineuse. Un plan global de réduction des températures de chauffage est mis en place dans les locaux communaux. Il est accompagné d’une campagne de sensibilisation aux bons gestes sur les économies d’énergies auprès des agents et des usagers des installations municipales », indique le service communication.

Marseillan passe au 100% LED d’ici la fin de l’année. Yves Michel, le maire, explique que cette « technologie à LED est plus économe, plus respectueuse de l’environnement sans avoir besoin de remplacer le luminaire complet et pilotable informatiquement. Ceci permettra de moduler l’éclairage en fonction des usages et d’éclairer avec la bonne qualité et quantité de lumière ». Il y a sur la commune 3 600 points lumineux : « cette transformation va permettre de maîtriser et réduire considérablement la consommation énergétique, d’adapter l’éclairage en fonction des besoins de la Commune et de ses habitants, mais également de préserver la biodiversité et diminuant la pollution lumineuse qui perturbe les écosystèmes ». Yves Michel ne souhaite pas procéder à l’extinction totale de l’éclairage public afin d’assurer la sécurité des biens et des personnes. Il explique : « au-delà de l’économie substantielle réalisée, les habitants pourront continuer à sortir de leurs habitations sereinement. Le comparatif entre une source à décharge et une source à LED fait apparaître pour ces dernières de nombreux avantages, dont on retiendra principalement : un allumage instantané et une insensibilité à la fréquence des allumages / extinctions, une efficacité lumineuse (ratio entre la quantité de lumière produite et la consommation électrique) supérieure de 15 à 20 %, une capacité de gradation de 0 à 100 % (contre 0 à 20 % pour les sources à décharge), une durée de vie 4 à 5 fois supérieure à celle des sources à décharge, supprimant ainsi les nécessités de remplacement des sources tous les 4 ans ». Marseillan a donc choisi un abaissement de 50% sur 7 heures par nuit (de 23 h à 6 h). La commune va ainsi réaliser une économie de 66 % tout en préservant son éclairage nocturne.

La ville de Sète veut ‘montrer l’exemple’. « Économie circulaire, croissance verte, thalassothermie… Plus que jamais, la Ville de Sète et son territoire s’engagent pour la réduction de consommation des énergies … », précise François Commeinhes, le maire. La ville dispose d’un éclairage public « deux fois plus économe ». Depuis la mise en place de du Partenariat public privé en 2013, « la consommation en énergie a baissé de 47,6% et les rejets en CO2 ont diminué de moitié. Nous disposons d’un système de valorisation de la vapeur d’eau issue de l’incinération des déchets ménagers Sète. Cette unité produit de la vapeur qui est utilisée en partie pour sa propre consommation ainsi que pour déshydrater les boues de la station d’épuration des eaux usées, ce qui représente une économie de 5 700 mwh/an. Depuis 2015, cette vapeur est également vendue à l’entreprise SAIPOL, implantée sur le port via un réseau de vapeur dédié. À partir de 2025, le nouvel exploitant, la société Paprec, va transformer cette vapeur en électricité. L’équivalent de la consommation de 4 500 logements sera réinjecté dans le réseau électrique. ». La municipalité a également mis en place d’autres mesures comme : « l’éclairage public des parcs d’activités économiques sera éteint entre 23h et 5h du matin. L’intensité lumineuse en centre-ville sera également abaissée à 50 % contre 30 % aujourd’hui sur ces mêmes horaires. Il s’agira d’une phase test qui nécessitera un retour d’expérience des usagers avant d’être pérennisée. Ces deux mesures devraient permettre une économie de 6 MgW/h et près de 130 000 € ».

Sur Frontignan, le maire explique que « la Ville doit trouver le meilleur compromis entre les contraintes économiques, la sécurité des déplacements, le confort des usagers et la qualité du service public ». La ville a mis en place une série de nouvelles mesures depuis le 15 novembre visant à atteindre les 10% d’économie d’énergie demandés par l’État d’ici à deux ans. Ces solutions s’inscrivent autour de 5 axes : le chauffage, l’électricité et les bonnes pratiques ; l’éclairage public et le respect de l’environnement ; l’accès et les utilisations raisonnées des équipements publics ; anticiper et investir pour l’avenir et enfin, la solidarité. Michel Arrouy, le maire, détaille ainsi : « il nous est aujourd’hui très difficile d’anticiper les conséquences de la hausse des tarifs de l’énergie et de l’inflation qui impacte notamment le coût des matières premières. Dans le même temps, la Dotation Globale de Fonctionnement ne suit pas l’inflation, les modalités de la réforme de fiscalité locale ne nous permettent plus de dégager des marges financières et entravent notre autonomie locale. Dans ce contexte, notre municipalité est plus que jamais déterminée à mettre en œuvre toutes les mesures d’accompagnement et d’actions permettant d’accroître la sobriété énergétique pour faire face et penser l’avenir de notre territoire. »

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