Octobre rose, 1 marathon par jour : parti de la frontière espagnole, Claude Cazes arrive vers Paris

Reportage

Tous les vendredis, notre rédaction vous permet de suivre les foulées de Claude Cazes. Dans le cadre d’Octobre rose, il s’est lancé un défi fou : traverser la France du Sud au Nord pour récolter des dons au profit de la Fondation ARC.

La semaine dernière, nous avons quitté le Forrest Gump français au niveau de la commune de Moissat, dans le département du Puy-de-Dôme. Une étape importante puisqu’elle marquait le franchissement de la barre des 500 km pour l’aventurier biterrois.

Jour 13 : Moissat -> Monteignet-sur-l’Andelot

Claude Cazes : “Après une bonne nuit de sommeil, un massage et des échanges passionnants avec l’hôte de la nuit, je suis parti de Moissat (Puy-de-Dôme) entre 8h30 et 9h, comme à mon habitude. Après les 21 premiers km, composés d’une alternance de chemins goudronnés, sentiers de terre et plaines verdoyantes, je me suis arrêté à Pagnant, au nord-est de Clermont-Ferrand. Arrivé dans le petit village, je suis rapidement tombé sur une fontaine dans laquelle j’ai pu me ressourcer. Après avoir dévoré le sandwich que l’hôte de Moissat m’avait gentiment préparé, je suis allé me reposer sur un banc qui se trouvait à quelques mètres de là. Il faisait alors suffisamment bon pour que je profite pleinement de ma micro-sieste.

Le même paysage m’a accompagné jusqu’à Monteignet-sur-l’Andelot (Allier), au nord de Vichy. Une fois les 42 km de la journée terminée, j’ai rejoint Olivier, mon hôte de la soirée, dans son gîte La Maison de l’Andelot. Sa compagne Anne, malheureusement absente, et lui ont eu l’incroyable gentillesse de faire venir une masseuse pour un soin. Difficile d’avoir un meilleur accueil, ils ont été aux petits soins tout au long de mon étape. Ils m’ont demandé quels étaient mes besoins, ils m’ont offert la nuit dans une chambre qui était juste magnifique, nous avons partagé un beau moment autour du repas avec Olivier… Je me suis couché dans le confort, ému par toutes les petites attentions que j’ai reçu”. 

cazes-andelot
Olivier et Claude à la Maison de l’Andelot ©Claude Cazes

Jour 14 : Monteignet-sur-l’Andelot -> Chemilly 

Claude Cazes : “Ce samedi, c’est avec un pincement au cœur que j’ai quitté Olivier, mon hôte au gîte La Maison de l’Andelot. Il a quand même fallu que je reprenne la route, direction Saint-Pourçain-sur-Sioule. Le matin, ma course m’a conduit sur une multitude de côtes et de zigzags. Autant dire que les 21 km de la matinée n’étaient pas de tout repos. Heureusement, à Saint-Pourçain-sur-Sioule, il y avait un cours d’eau dans lequel je me suis baigné en mangeant le sandwich préparé par Olivier. Cela m’a fait du bien, surtout que je suis de plus en plus dérangé par une douleur à la hanche. Pour le moment, elle est légère, mais elle revient et persiste. 

cazes 1

Mon rituel fini, je suis parti de Saint-Pourçain-sur-Sioule pour rejoindre la commune de Chemilly. L’après-midi a été intense car j’ai dû affronter une côte impressionnante sur une dizaine de kilomètres. J’avais vraiment hâte d’arriver à mon terminus de la journée mais tout ne s’est pas passé comme prévu… Le mail de mes hôtes s’était perdu dans mes spams et j’ai poursuivi ma route comme si de rien était. Quand je suis arrivé au village, je ne savais pas où me rendre dont j’ai interpellé les premiers habitants que j’ai croisé. Comme de par hasard, il connaissait Anne et Jean-Pierre, les deux habitants qui avaient proposé de m’héberger. On m’a gentiment conduit jusque chez eux, où j’ai été reçu comme un roi. Ils m’avaient fait la spécialité du bourg : une tarte à la saucisse fumée et aux pommes de terre. Ils savaient que j’avais besoin de remplir mon estomac ! La soirée s’est déroulée dans la convivialité et j’ai eu la chance de recevoir un autre massage, prodigué par Jean-Pierre, masseur professionnel. Après les difficultés de la journée, ça a été très bénéfique.”

Jour 15 : Chemilly -> Saint-Pierre-le-Moûtier

Claude Cazes : “Je suis parti ce matin de Chemilly pour le 15e jour de mon aventure, avec dans mon sac le sandwich qu’Anne et Jean-Pierre m’avaient gentiment préparé. En les quittant, nous ne nous sommes pas dit ‘au revoir” mais ‘à bientôt’. Une nouvelle preuve que cette aventure permet de tisser des liens très forts. Quand j’ai débuté ma course dans la matinée, il faisait 15 degrés, une température idéale pour partir de bon pied, même si j’ai à nouveau eu un pincement au cœur. Seul inconvénient, j’ai passé la majorité de ma journée à courir sur la route et il y avait beaucoup de circulation. J’ai dû me montrer très vigilant, ce qui a ralenti mon rythme. Mes efforts ont été récompensés par la beauté de la rivière de l’Allier. Je suis descendu au niveau d’un pont pour m’y baigner à la fin des 21 km. Le paysage était semblable à celui d’une plage, avec les petits cailloux en guise de sable.

nievre

L’après-midi s’est déroulée de la même façon et je suis arrivée en fin de journée à ma halte de la nuit : Saint-Pierre-le-Moûtier (Nièvre). Sur place, j’ai été accueilli par Claude Béguignot, adjoint à la mairie, et des habitants. Ils m’avaient préparé un pot d’arrivée convivial pour qu’on puisse échanger. Ensuite, je suis parti chez mes hébergeurs, Sylvie et Alain, qui tiennent un hébergement dans lequel ils reçoivent habituellement les pèlerins qui suivent le chemin de Compostelle. Ils ont fait une exception pour moi lorsqu’ils ont appris que mon défi servait la cause de la lutte contre le cancer. Je me suis couché avec quelques douleurs, mais le mental est toujours là et je continue d’y croire”. 

Jour 16 : Saint-Pierre-le-Moûtier -> Saint-Léger-le-Petit

Claude Cazes : “Le paysage de la matinée, c’était des vaches, des vaches et encore des vaches. Que je regarde à droite ou à gauche, elles m’ont tenu compagnie tout au long de la route paisible qui m’a conduit jusqu’à Gimouille, ma halte du déjeuner. Paisible, la petite commune est traversée par le canal latéral de la Loire. J’ai profité de cette chance pour me rafraîchir dans ce cadre magnifique. Cela m’a fait du bien, mais lorsque j’ai repris ma course l’après-midi, les choses se sont corsées. 

gimouille

Entre Gimouille et Saint-Léger-le-Petit (Cher), ma hanche a recommencé à me lancer, puis mes adducteurs. En même temps, c’est normal, c’est le 16 jour et j’ai déjà couru plus de 700 km. Donc c’est à moi de me montrer vigilant et d’écouter mon corps, de faire des étirements supplémentaires quand j’en ressens le besoin. Pour rendre la fin du parcours encore plus difficile, il a plu sur les 5 derniers kilomètres. J’ai préféré être mouillé que de mettre le poncho car son port est assez inconfortable et les gouttes étaient fines. Une victoire tour de même dans la journée : j’ai trouvé un hébergement pour la nuit. Grâce à la secrétaire de la mairie de Saint-Léger-le-Petit, Marie, une habitante, a généreusement accepté de m’ouvrir sa porte au dernier moment. Je lui suis grandement reconnaissant, elle est d’une générosité énorme. J’ai pu manger un repas qu’elle m’avait préparé, me doucher et elle m’a même laissé seul chez elle lorsqu’elle est partie travailler. Une preuve de confiance qui témoigne de son hospitalité”.

Jour 17 : Saint-Léger-le-Petit -> Boulleret

Claude Cazes : “Ce mardi matin, mon hôte de la nuit Marie m’a gentiment appelé à 7h30 pour m’informer qu’elle avait fini son travail et qu’elle me rejoignait pour le petit-déjeuner et me voir partir. Sa générosité et sa gentillesse m’ont vraiment touché, c’est un plaisir de pouvoir faire des rencontres comme celle-ci. C’est avec le sourire que j’ai pris la direction de Saint-Bouize, où j’ai fait mon arrêt après les premiers 21 km de la journée. J’ai pris le temps de me baigner dans la Loire, un cadre vraiment exceptionnel. Je suis bluffé par les cours d’eau que j’aperçois sur le chemin, les paysages que je sillonne, toute cette France que je découvre au fur et à mesure. Plus j’avance, plus je suis sous le charme. Aujourd’hui par exemple, c’était merveilleux, j’ai suivi le cours de la Loire toute la journée. Le seul inconvénient avec ce type de paysage est que c’est répétitif, donc assez fatiguant psychologiquement.

loire 2

Autre difficulté, une nouvelle douleur localisée sur la partie gauche de mon corps a accompagné ma route. Celle qui me lançait sur le côté droit a disparu donc j’imagine que c’est lié au fait que j’ai plus forcé d’un côté au cours des derniers jours. Malgré tout, mes jambes m’ont conduit jusqu’à la commune de Boulleret. Au départ, je devais m’arrêter dans un village appelé “Les Houards” mais tous les hébergements étaient complets. J’ai donc contacté la mairie de Boulleret pour essayer de trouver une solution pour la nuit. Comme ils ont été prévenus trop tard, ils n’ont pas pu me trouver une solution gratuite, mais ils m’ont gentiment bloqué une chambre dans le seul hôtel de la commune.” 

Jour 18 : Boulleret -> La Bussière

Claude Cazes : “Aujourd’hui, je suis parti avec 4 km de course supplémentaires dans les jambes en raison de mon changement d’itinéraire de la veille. Ma direction initiale : Boismorand, où je devais être hébergé par l’Auberge des Templiers. Malheureusement, ils sont fermés le mercredi… J’ai donc passé des coups de fil aux communes voisines toute la journée alors que je courrais. Heureusement, la route était assez plate puisque j’ai continué de longer le canal latéral de la Loire, comme hier. Une fois de plus, c’était aussi magnifique que redondant. Cela reste un bonheur au déjeuner cependant, quand l’heure de la baignade est venue. L’eau fraîche était nécessaire car ma douleur sur le côté gauche persiste et il faisait assez chaud ce mercredi. J’ai dû raccourcir ma pause en raison des 4 km supplémentaires de la veille, mais j’ai eu énormément de chance car Manon, une de mes abonnés sur Instagram a vu que j’étais à Châtillon-sur-Loire (Loiret), son village, et elle m’a dit qu’elle pouvait m’aider si j’avais besoin de quoi que ce soit. Ça tombait bien, mes bouteilles étaient presque vides. Elle m’a reçu avec son compagnon Valentin et leur petite famille. C’est une chance de pouvoir échanger comme ça avec quelqu’un qui me suit sur les réseaux sociaux, de pouvoir expliquer ma philosophie de vie et ce défi en personne.

famille instagram

Je suis reparti dans de bonnes conditions, heureusement, car j’ai passé mon après-midi à courir sur la RN 7. C’était compliqué, je suis resté vigilant tout le chemin pour éviter un incident avec les véhicules. Toujours sans solution d’hébergement, j’ai continué mes recherches et mes appels. Grâce à mon GPS, j’ai aperçu qu’il y avait un hôtel à 3 kilomètres de Boismorand et qu’il avait des disponibilités. J’ai donc contacté l’hôtel Le Nuage qui a validé ma venue et m’a généreusement offert le petit-déjeuner pour le lendemain.”

Jour 19 : La Bussière -> Château-Landon

Claude Cazes : “Après ma nuit, je suis parti de La Bussière, direction Château-Landon. La journée était assez difficile, car j’ai dû emprunter une nationale. Il y avait du bitume et des champs à perte de vue… Il a fallu que je me montre très vigilant. Mes efforts ont été récompensés à Montargis, où je me suis arrêté pour faire ma pause et acheter de nouvelles chaussures. Celles que j’avais aux pieds ont malheureusement rendu l’âme. Je me suis donc rendu au magasin Terre de Running, je ne m’attendais pas à l’accueil que j’ai reçu. Adorable, l’équipe m’a proposé de prendre une douche sur place, en me fournissant la serviette et du savon, elle m’a acheté mon repas du midi et elle m’a fait une ristourne sur les chaussures que j’ai acheté pour finir le défi. C’était incroyable de tomber sur des gens aussi solidaires, aussi généreux. 

terre de running

Les 21 km de l’après-midi se sont passés dans les mêmes conditions que la matinée. J’ai eu quelques douleurs aux pieds, car les chaussures étaient neuves, mais je sais que c’est une gêne passagère. Lorsque je suis arrivé à Château-Landon (Seine-et-Marne), je ne savais pas où j’allais être hébergé donc je me suis rendu à la mairie. Ils ont été adorables avec moi, ils m’ont même proposé à boire et à manger. Finalement, c’est l’un des adjoints qui s’est proposé. Une proposition généreuse de dernière minute que j’ai accepté avec grand plaisir”. 

Aidez Claude Cazes et la Fondation ARC dans leur aventure

Vous voulez aider Claudes Cazes dans son effort ? Une cagnotte est disponible sur le site de la Fondation ARC : collecter.fondation-arc.org/1200-km-pour-octobre-rose. Les bénéfices récoltés seront transmis à l’association, dont la mission est de lutter contre le cancer par la recherche.

Qu'en pensez-vous ?

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Météo de l'Hérault
Hérault Tribune Pro Hérault Tribune Reportages

Depuis 1973, d’abord sous format magazine, puis via son site, Hérault Tribune informe le public des événements qui se produisent dans le grand Agathois, le Biterrois et le bassin de Thau.

 

logo hje

 

Depuis 1895, l’Hérault Juridique & Economique traite l’économie, le droit et la culture dans son hebdomadaire papier, puis via son site Internet. Il contribue au développement sécurisé de l’économie locale en publiant les annonces légales.