Octobre rose, 1 marathon par jour : 500 km en 12 jours, rien n'arrête notre Forrest Gump

Reportage

Tous les vendredis, notre rédaction vous permet de suivre les foulées de Claude Cazes. Dans le cadre d’Octobre rose, il s’est lancé un défi fou : traverser la France du Sud au Nord pour récolter des dons au profit de la Fondation ARC.

La semaine dernière, nous avons quitté le Forrest Gump français au niveau du Bousquet d’Orb, dans l’Hérault, après plus de 200 km de course. Un arrêt plein de suspense puisqu’il a fait l’objet d’une opération de solidarité de dernière minute pour héberger l’aventurier… 

Jour 6 : Bousquet-d’Orb -> L’Hospitalet-du-Larzac

Claude Cazes : “Après ma nuit au gîte la Maison de Vox (Bousquet-d’Orb), une solution trouvée à la dernière minute grâce à la générosité de ses hôtes, j’ai pu reprendre ma route direction L’Hospitalet-du-Larzac, dans l’Aveyron. Dans l’ensemble, ma journée de course s’est plutôt bien passée, bien qu’il y ait beaucoup de dénivelés. Ma seule mésaventure de ce vendredi est liée à Google Maps. Le système m’a envoyé sur un passage difficilement praticable. Je me suis retrouvé à traverser une forêt, au milieu des branchages. J’imagine qu’il s’agissait d’un vieux chemin qui s’est fait envahir par la végétation. Forcément, ça a ralenti ma course. Il m’a fallu près de 40 minutes pour sortir de ces 2 kilomètres de passage. Je pense que je vais éviter les petits chemins de forêt à partir de maintenant… En milieu de journée, j’ai repris mon rituel, désormais quotidien, à Romiguières : sieste de 30 minutes, rafraîchissement des articulations, étirements et repas. L’après-midi, j’ai franchi la frontière qui sépare les départements de l’Hérault et de l’Aveyron. Ma destination : L’Hospitalet-du-Larzac. Quand je suis arrivé sur place, la municipalité a mis à ma disposition un vestiaire de football situé dans le stade. Après un repas commandé dans un camping local, je me suis endormi sur un lit placé dans le vestiaire, collé au chauffage afin de dormir confortablement”.

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©Claude Cazes

Jour 7 : L’Hospitalet-du Lazarc -> Mostuéjouls

Claude Cazes : “Après une nuit au chaud, je suis parti au petit matin, dans la fraîcheur, pour une journée qui s’est avérée difficile jusqu’à Mostuéjouls. J’ai passé ma journée dans les hauteurs. Je suis monté jusqu’à 900 mètres d’altitude ! J’ai commencé à sentir des douleurs au niveau des genoux, mais il en faut plus pour m’arrêter. J’ai essayé de diminuer la gêne en me baignant comme à mon habitude dans de l’eau fraîche, au niveau de Millau. Le soir, à Mostuéjouls, j’ai été hébergé par Christine et Bruno, les propriétaires du Domaine de Bombes. Leur accueil était royal et convivial. Ils m’ont offert le repas et la nuit. Ils ont même eu la gentillesse d’allumer la cheminée pour moi… Mais c’était aussi et surtout une rencontre. Nous avons pu échanger sur nos vies, tisser des liens. C’était très agréable”. 

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©Claude Cazes

Jour 8 : Mostuéjouls -> Marvejols

Claude Cazes : “Ce matin, j’ai quitté le Domaine de Bombes, ainsi que Bruno et Christine, pour remonter les 42 kilomètres qui me séparent de Marvejols et de la Lozère. À l’image des jours précédents, j’ai dû affronter quelques dénivelés avant mon arrivée à Tartaronne, mon arrêt après les 21 premiers kilomètres. Je me suis retrouvé dans le cirque de Saint-Saturnin, un lieu magnifique qui offre une vue dégagée sur le château de Canilhac. Arrivé dans le village, j’ai fait la rencontre d’un agriculteur qui m’a gentiment proposé de me reposer chez lui. J’ai pu m’allonger dans son jardin et me rafraîchir avec un tuyau d’eau fraîche et propre. Après le déjeuner et la micro-sieste, je suis parti affronter les routes en zigzag et les dénivelés importants qui me séparent de Marvejols. Le terrain a relancé mes douleurs aux genoux et ma cheville droite a montré des signes de faiblesse. Pour la protéger, j’ai ralenti ma course sur les derniers kilomètres. J’ai rapidement été récompensé par l’accueil de Sophie et son mari Raphael Galizi, délégué au sport à la mairie de Marvejols. Ils m’ont ouvert les portes de Body Cat, une salle de sport qu’ils ont ouvert ensemble en septembre. Après m’avoir offert une boisson sucrée, ils m’ont guidé vers les douches, un arrêt obligatoire, et leur sauna… J’ai passé plusieurs minutes à alterner entre douches froides et sauna afin de détendre mon corps et soulager les fameuses douleurs. Après un bon dîner que nous avons partagé ensemble, je me suis couché dans le lit qu’ils avaient préparé pour moi dans leur maison, à Pont-Pessil.”

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©Claude Cazes

Jour 9 : Pont-Pessil (Marvejols) -> Albaret-Sainte-Marie

Claude Cazes : “Je suis encore monté très haut aujourd’hui. Entre Marvejols et Albaret-Sainte-Marie, je me suis parfois retrouvé à 1 110 mètres d’altitude. Heureusement, j’ai pu me baigner dans l’eau glacial du Triboulin, lors de ma pause du midi à Aumont-Aubrac. Comme les douleurs s’intensifient par moment, je fais davantage d’étirements au moment du déjeuner ainsi que sur la route. Je ne m’interdis pas de m’arrêter dès que je sens que mes muscles se durcissent. De manière générale, j’obéis davantage à mon corps, si j’ai mal je m’étire, si j’ai faim je mange les fruits secs et le jambon séché que j’ai dans mon sac. Mes efforts ont été récompensés à mon arrivée à Albaret-Sainte-Marie, où le patron du Chateau d’Orfeuillette m’a généreusement offert l’hébergement et le couvert dans son établissement, le Logis Hôtel Brunel le Rocher Blanc. Il m’a offert un vrai confort et j’ai pu profiter d’un repas royal dans son restaurant gastronomique. C’était vraiment délicieux. Il s’est montré extrêmement généreux, car il m’a permis de me resservir, j’avais tellement dépensé d’énergie avec les dénivelés que j’avais extrêmement faim…”.

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©Claude Cazes

Jour 10 : Albaret-Sainte-Marie -> La Chapelle-Laurent

Claude Cazes : “Je suis parti ce matin avec une légère douleur à la cheville, avec la malléole de la cheville droite un peu enflée. Ma chance est que, après les 21 km de la matinée, je suis arrivé à Ruynes-en-Margeride et il y avait une fontaine d’eau dans le centre du village. Je n’ai pas cherché à comprendre et j’ai enlevé chaussures et chaussettes pour tremper mes pieds dedans pendant une trentaine de minutes, le temps de manger mon sandwich. Cela m’a permis de faire désenfler ma cheville et de faire partir cette douleur. Comme mon ventre était plein, j’ai également pris un anti-inflammatoire. Tous ces soins m’ont permis de mieux repartir et de traverser le département du Cantal du nord au sud. À mon arrivée dans la commune de La Chapelle-Laurent, j’ai été accueilli par le maire Georges Ceytre et ses élus. Ils m’ont ouvert un local leur appartenant, dans lequel ils ont installé un lit, une cafetière et une table sur laquelle j’ai pu manger le soir. Ils m’avaient également préparé de quoi déjeuner demain. C’est un petit geste qui fait vraiment plaisir et qui a son importance. Ce mardi, c’est le 10e jour de mon défi, j’ai déjà parcouru plus de 420 km et le fait qu’il ait mis les petits plats dans les grands pour m’accueillir ça m’a vraiment touché.” 

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Claude Cazes avec le maire et un élu de La Chapelle-Laurent ©Claude Cazes

Jour 11 : La Chapelle-Laurent -> Bansat

Claude Cazes : “Après une assez bonne nuit passée dans le local prêté par la municipalité de La Chapelle-Laurent, je suis parti direction, une commune située dans le département du Puy-de-Dôme. La douleur à la cheville droite est toujours là, mais les étirements permettent généralement de calmer la gêne. Désormais, j’avance un peu différemment. Dès que mes muscles se tendent je m’arrête, quand j’ai soif je bois, quand j’ai l’estomac qui tire je mange… En fait, j’applique ce que dit le vrai Forrest Gump dans le film : ‘Quand j’étais fatigué, je dormais. Quand j’avais faim, je mangeais. Quand je devais aller aux… Enfin vous savez… J’y allais.’ J’ai réussi à m’arrêter à mi-chemin, à Laroche, où j’ai une nouvelle fois profité de la fontaine du village. Les 21 km de l’après-midi se sont bien passés et j’ai eu la belle et grande surprise d’être accueilli par Mme le maire Annie Maloron et plusieurs habitants de la commune de Bansat. Mon arrivée s’est faite sous les applaudissements et elle a été célébrée autour d’un pot d’amitié qui s’est organisé juste après. J’ai eu la chance d’être nourri et hébergé chez Évelyne, qui est une habitante de la commune. Chez elle, j’ai reçu des soins de la part d’Annie, une ancienne kinésithérapeute, qui est venue me prodiguer un massage au niveau des membres inférieurs pour soulager l’impact de ces 12 journées de course.”

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Mme le maire Annie Maloron et plusieurs habitants de la commune ont accueilli Claude Cazes à Bansat ©Claude Cazes

Jour 12 : Bansat -> Moissat

Claude Cazes : “Après le massage de la veille et une super nuit de sommeil, je suis parti relaxé de la commune de Bansat. Comme la veille, Mme le maire et des habitants étaient présents pour me souhaiter un bon départ. C’était une belle façon de démarrer l’aventure qui m’attendait aujourd’hui. De manière générale, la matinée s’est bien passée, malgré quelques gênes. Cependant, à ma grande surprise, ma pause des 21 km s’est déroulée au milieu de nulle part. Habituellement, j’arrive toujours dans une commune ou dans un hameau, mais là…rien. Les environs d’Isserteaux étaient particulièrement calmes, si bien que j’entendais les piverts taper dans les arbres, les glands tomber des branches, les arbres danser… J’entendais la nature vivre. Comme il n’y avait pas de cours d’eau pour me rafraîchir, j’ai fait plus d’étirements que d’habitude. J’ai vite remarqué que le ciel se couvrait et plutôt que de courir sous la pluie, j’ai décidé d’écourter ma pause pour rester au sec. J’ai fait quelques haltes pour calmer mes muscles lorsqu’ils s’énervaient. J’ai également pris le temps de m’arrêter dans une pharmacie pour m’acheter une bombe de froid. À Moissat, je suis logé dans le gîte de Valérie Gobillard, Le Clos Goelle. D’ici quelques heures, il est prévu que je rencontre des élus, des habitants et peut-être même une journaliste locale autour d’un pot. Avec le temps, je réalise ce que j’ai accompli et ce qu’il me reste à accomplir. J’ai du mal à croire que j’ai parcouru 504 km en seulement 12 jours”. 

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Quand le plan A n’est pas disponible, il y a toujours le plan B ©Claude Cazes

Aidez Claude Cazes et la Fondation ARC dans leur aventure

Vous voulez aider Claudes Cazes dans son effort ? Une cagnotte est disponible sur le site de la Fondation ARC : collecter.fondation-arc.org/1200-km-pour-octobre-rose. Les bénéfices récoltés seront transmis à l’association, dont la mission est de lutter contre le cancer par la recherche.

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