Aniane : Roman Guibert du Daumas Gassac veut "prendre du temps pour transmettre"

Reportage

Dans la vallée du Gassac, à Aniane, s’étend un domaine viticole de 50 hectares qu’on ne présente plus. Depuis son premier millésime en 1978, le Daumas Gassac a acquis un prestige et son nom est devenu synonyme d’exigence et de respect du terroir. Ici, on cultive des vignes en clairières, de petites surfaces qui épousent le paysage.

Roman Guibert, à droite, guide la Balade vigneronne © Daumas Gassac

Le fondateur du domaine, Aimé Guibert, avait inauguré les balades d’automne de Daumas Gassac, moments de rencontre et de partage entre amateurs et amis du domaine. Après une période d’interruption, cette tradition a retrouvé sa place en 2012. Guidés par la voix de Roman Guibert, les participants découvrent un paysage, s’imprègnent du terroir et dégustent des vins d’une grande complexité que ces balades vigneronnes aident à éclairer. Rencontre avec Roman Guibert.

Dans quelles conditions préparez-vous la balade vigneronne du 15 octobre prochain ?

Roman Guibert : “Cette année, nous n’organisons qu’une seule balade vigneronne au lieu de trois. Cela tient principalement au fait que les vendanges ne sont pas encore terminées. C’est pourquoi nous accorderons plus de place à celle du 15 octobre.”

Quel est l’objectif de cet événement ?

Roman Guibert : “Nous voulons proposer un moment exceptionnel à nos clients. Beaucoup viennent au domaine, visitent et dégustent. Or là, je leur propose de partir dans les vignes et la garrigue. Je ne vais pas leur parler simplement de vin. Il y aura une soixantaine de passionnés et d’amateurs. A chaque édition, je constate que le bouche-à-oreille fonctionne. Ceux qui sont venus une année reviennent en général avec des amis et ça devient une tradition. L’idée c’est que nos clients deviennent nos ambassadeurs à la fin de la journée.”

Qu’est-ce qui vous motive à maintenir cette tradition ?

Romain Guibert : “Nous n’avons jamais assez de temps à donner à nos clients. La plupart sont reçus par mes collaborateurs, mais j’aime bien l’idée de bloquer quelques jours pour les passionnés de vin. Le 15 octobre, ils vont arriver à 10 heures et repartiront en fin d’après-midi. C’est une balade pendant laquelle nous dégusterons nos vins avec des accords, le long de deux à trois étapes installées sur le parcours. C’est aussi un temps d’échanges. Puis, il y a un repas au domaine. On sent que les gens sont bien avec leurs amis. A chaque table, un membre de l’équipe du Daumas Gassac est là pour faire découvrir des anecdotes.”

Qu’est-ce que les gens viennent chercher selon vous ?

Romain Guibert : “Ce sont des passionnés de vins, des amateurs du domaine. Ils viennent chercher un moment hors du temps. Nous ne sommes pas dans une démarche sportive, mais plutôt dans des rencontres humaines. Ce qui est beau, c’est que le groupe est composé de plusieurs groupes venus séparément. Mais à la fin, on constate toujours que des liens se sont créés. C’est le vin qui fait cela. Il y aussi bien des étudiants que des retraités ou le papa qui fait un cadeau à son beau-fils.”

L’œnotourisme a-t-il un impact sur votre approche du vin ?

Romain Guibert : “Je pense que la réussite commerciale nous donne de la liberté. Mais être à l’écoute des clients, essayer de comprendre leurs attentes, cela ne veut pas dire que nous allons changer notre façon de faire. Par contre, on peut se rendre compte que ce qu’on raconte et qu’on trouve très intéressant n’est pas toujours entendu. Ce que les clients attendent aujourd’hui, ce sont d’autres sujets. Par exemple, il y a quarante ans, le degré d’alcool était important. Aujourd’hui, c’est la démarche environnementale. Ils ne veulent pas devenir œnologues ou experts mais connaître les valeurs qui gravitent autour du domaine. C’est bien d’être convaincu de ce que l’on fait, mais c’est tout aussi bien d’être en immersion avec des passionnés et de se demander si on parle le même langage, et si ce que je leur raconte les intéresse.”

Comment vivez-vous l’œnotourisme au Daumas Gassac ?

Roman Guibert : “Toute l’année, nous avons une démarche très personnalisée de l’accueil. Il y a 3 salariés à l’année au caveau, c’est-à-dire à l’accueil du domaine, pour des personnes qui ont pris rendez vous. Nous leur proposons une visite et une dégustation, qu’ils achètent ou non. Cela peut prendre trois quarts d’heure. Quand ils ressortent, ils ont appris beaucoup de choses. Pour moi, c’est la base de l’œnotourisme : savoir accueillir et prendre du temps pour transmettre. Nous avons un rôle, si l’on considère que les vignerons sont plus que des producteurs de vins, mais qu’ils ont aussi une philosophie et des convictions. Mais nous avons d’autres événements ponctuels à côté de ceux du quotidien, dont Jazz sous les étoiles qui va reprendre après la période de Covid. Là, c’est une histoire de rencontre. Il faut que nous trouvions le musicien ou le groupe que nous avons envie d’accueillir. La dernière fois, c’était André Manoukian accompagné de China Moses. Ces événements font vivre la vallée dont je suis amoureux et que j’apprends à faire découvrir et respecter.”

Informations pratiques

Balade vigneronne du Daumas Gassac
Samedi 15 octobre 2022
Arrivée au domaine à 09h30
Départ à 10h : une promenade de 4 km dans le vignoble ponctuée de plusieurs ateliers de dégustation.
Déjeuner assis accompagné des Grands Vins Mas de Daumas Gassac.
Tarif : 80 €
Inscription sur le site du domaine : https://www.daumas-gassac.com/evenements/walk-in-vineyard/?lang=fr

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