Série découverte d'un métier : Portrait de Raphael MERCIER, Agent de Police Municipale à Sérignan

Régulièrement, la rédaction d'hérault-tribune se propose de mettre en lumière des métiers ou des savoir-faire…

Régulièrement, la rédaction d'hérault-tribune se propose de mettre en lumière des métiers ou des savoir-faire afin de les faire découvrir et éventuellement susciter des vocations. 

Cette semaine, nous vous proposons de partir à la découverte de Raphael MERCIER, Agent de Police Municipale à Sérignan.

Bonjour Raphaël, peux-tu nous parler de tes missions ?

Je suis Agent de Police Municipale. La mission générale d’un agent, c’est la prévention et la surveillance du bon ordre, de la tranquillité, de la sécurité et de la salubrité publiques. Tout ce qu’on fait, toutes nos actions vont dans ce sens-là. Nous sommes là pour empêcher que les choses « déraillent » et pour cela, nous faisons respecter les lois et les arrêtés du maire pris en ce sens. 
Pour la partie sécurité, par exemple, on est présents lors des entrées et sorties d’écoles, on effectue des patrouilles dites « de visibilité », ou encore on sécurise l’ensemble des événements organisés par la ville. Concernant la tranquillité, ça peut être la prévention et l’intervention lors des tapages, ou faire respecter l’interdiction des jeux de ballons en ville, mais aussi les discussions que l’on essaie d’avoir pour éviter les troubles. Nous discutons beaucoup avec les jeunes pour tenter d’éviter tout débordement ou toute gêne du voisinage. 
Lorsque c’est contraventionnel, on dresse directement les procès-verbaux. Par exemple, pour les stationnements (on a une compétence dite « globale » concernant le Code de la Route), les tapages ou la protection des dunes. Pour l’urbanisme aussi, on peut dresser des P.V., mais avant cela on prend toujours contact pour demander aux personnes de déclarer. On ne verbalise que s’il y a maintien de la construction non déclarée en mairie (illicite) ou illégale (comme la cabanisation). Moi, je pars toujours du principe que les gens sont de bonne foi, et de bonne volonté, donc il faut d’abord communiquer, informer. 
Pour les conflits de voisinage aussi, on fait de la médiation, on trouve la plupart du temps un terrain d’entente entre voisins, ou la réponse législative. Et quand on n’y arrive pas, on leur propose de faire appel à un médiateur de justice.
Nous sommes aussi « agents de constatation ». On constate qu’il peut y avoir un risque de péril imminent sur un bâtiment, par exemple, ou des infractions au Code de l’environnement, pour les décharges sauvages, les dépôts de gravats. En cas de problème, accident, agression, etc., étant sur place (notre compétence territoriale se limite à Sérignan), nous sommes très souvent les premiers à intervenir, et faisons fréquemment de l’assistance aux personnes. Une fois les faits constatés et rédigés, on envoie nos écrits au Procureur de Béziers qui, ensuite, demande aux Gendarmes de poursuivre l’enquête. Nous disposons d’un système de vidéo-protection conséquent sur notre village, ce qui nous permet d’apporter des éléments « factuels » aux enquêteurs. On ne peut visionner les caméras que sur réquisition de la Gendarmerie. Ça fait partie de mes missions, je suis habilité à le faire, comme tous mes collègues au poste.
Pour finir, on passe beaucoup de temps à faire de l’administratif. Les rapports doivent être soignés, précis, renseignés, et on doit spécifier les textes de lois ou les arrêtés qui ont été enfreints. C’est ce qu’on appelle la saisine de l’affaire, et il ne faut pas se tromper car elle garantit la bonne suite des dossiers.

C’est quoi le quotidien d’un agent de police municipale ?

Notre quotidien, c’est la patrouille. C’est la meilleure façon de constater, de sécuriser, de dissuader, d’intervenir. Il faut être sur le terrain. On est libre de décider si on va patrouiller à pied, à vélo ou en voiture, du parcours que l’on va faire. On n’est tenu que par les entrées et sorties d’école, et les demandes d’intervention. On patrouille tous en binôme, et ils changent régulièrement. On s’entend bien, il n’y a aucun conflit au Poste, on se parle franchement, honnêtement.
On a un lien privilégié avec les habitants, on les connait. On est une police de proximité, par rapport à la Gendarmerie. Si on ressent un malaise dans la population, on fera passer le message à la Municipalité. On est aussi fréquemment en lien avec le Pôle social, on leur signale quand on voit des personnes en détresse, isolées. On est là pour aider les gens, on n’aime pas mettre des « PV », si on le fait, c’est parce qu’il le faut. La plupart du temps, on explique les choses, et ça passe bien, sauf avec quelques personnes.

Qu’est-ce qui t’anime ?

J’ai envie que la société fonctionne. J’aime le relationnel, surtout avec les jeunes. J’aime être dehors, au contact, avec les gens, communiquer. Tous les jours, on échange des idées, on évolue. J’aime le dialogue, il n’y a pas d’idées reçues possibles. La finalité du dialogue, c’est le « bien vivre ensemble ». On essaie de le faire sans être répressif, avec respect. D’ailleurs, on a un très bon contact avec certains habitants, on a même des moments complices, et c’est très agréable.
Et enfin, quand on fait la sécurisation de l’entrée de l’école maternelle, j’aime le regard qu’ont les enfants sur nous, avec leurs grands yeux. Ils nous voient comme des Playmobils géants. Ils ont un beau regard sur nous, c’est touchant. C’est sympa, vraiment !

Les difficultés ? les moments désagréables ?

Il y en a plusieurs. Tout d’abord, ma grosse frustration, c’est quand on a des jeunes qui ne sont pas à l’écoute. C’est souvent des jeunes de moins de 15 ans, « la mauvaise période », selon certains, mais aussi un problème d’éducation, parfois. C’est dur parce qu’on a du mal à communiquer. On leur explique, ils continuent, le ton monte parfois et on réprime, et c’est dommage. 
Ensuite, ce qui est difficile pour moi, quand je me retrouve dans une situation de décès, c’est lorsque je suis en contact avec la famille qui est triste, j’ai de l’empathie pour ces gens et ça m’affecte vraiment.
Parfois, on vit des moments difficiles : dangereux, tendus. Il faut trouver des solutions pour rentrer à la maison « en bon état ». Comme on a un devoir de réserve, on ne doit pas « ramener » les problèmes chez soi. Heureusement, on s’entend bien et on en parle avec les collègues, on essaie même parfois d’en rire pour exorciser, décompresser et décharger les poussées d’adrénaline !

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