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Sète : le député Sylvain Carrière en visite à l'hôpital Saint Clair dans le cadre de l'action AlloSégur de LFI la Nupes

Les députés de la France insoumise Nupes ont lancé cet été́ l’opération « #Alloségur, les députés dans les hôpitaux ». Cette commission d’enquête populaire concerne l’ensemble du territoire français. À l’hôpital Saint Clair de Sète, c’est le député Sylvain Carrière de la 8è circonscription qui s’est déplacé le 1er septembre dernier.

Cette opération a pour but de collecter les doléances dans les hôpitaux. Le député Sylvain Carrière a rencontré la direction de l’hôpital, visité les lieux et les urgences et rencontré les syndicats. Des militants LFI étaient présents avec lui.

Le député explique que la veille de l’action nationale prévue par le monde médical et hospitalier (le 22 septembre), « nous voulons déposer un dossier de contre financement de la sécurité sociale qui va tenir compte de tout ce que nous allons remonter de ces rencontres terrain. Même si je ne suis pas sur ma circonscription, cet hôpital est celui que le canton de Frontignan utilise. C’est pour cela que c’est important de venir ici. La direction nous a reçus ce matin et nous a présenté un plan global, tout s’est très bien passé. Nous venons de visiter le service des urgences dont on a beaucoup entendu parler cet été puisque les urgences de Sète ont dû fermer 3 nuits. Il n’y aurait soi-disant pas de gros manque de personnel à Sète. Alors, pourquoi en arriver à cette obligation de fermer les urgences ? A priori cet été, ils ont tenu avec beaucoup d’heures supplémentaires, avec de l’intérim. Les équipes qui ont fait les heures sup n’en peuvent plus, elles sont usées et nous arrivons en septembre avec une situation très compliquée. Cette situation coûte très cher mentalement et physiquement aux soignants que nous avons croisés. Le service des urgences craque complètement. Nous allons ensuite rencontrer les Syndicats, Force Ouvrière et la CGT, puis nous irons aux Pergolines. Le problème est de faire venir les gens travailler ici, de les faire rester, sans parler des problèmes de logement à Sète, logement inaccessible financièrement ou carrément inaccessible, car on n’en trouve pas. S’installer à 20 ou 30 km, cela veut dire problématique sur le pouvoir d’achat avec les augmentations de l’essence par exemple ».

La question des urgences

Les urgences de Sète ont été régulées à plusieurs reprises pendant la saison estivale et ces jours-ci début septembre. La CGT considère que les urgences « ont été fermées 3 nuits au mois d’août par manque de personnel. L’été, déjà, nous sommes en sous-effectif avec une population qui augmente. Aux urgences, comme au bloc opératoire, cela a été compliqué. Nous devrions avoir 25 urgentistes qui devraient être en poste, il manque ’10 lignes d’urgentistes’ qui ne sont pas comblées. Il y a de l’intérim, mais qui a un coût plus élevé pour l’hôpital. Pour cet été, il n’y a pas eu d’intérim et il y a eu en plus un arrêt maladie. On travaille à flux tendu, donc le moindre grain de sable… Mais l’on travaille avec des humains et pour la vie de certains et certaines ».

« Les urgences ne sont pas fermées. Il y a eu 3 nuits cet été et quelques nuits début septembre où l’accès a été régulé par le 15. Les urgences ont toujours été ouvertes en journée de 8h30 à 18h30. La nuit, nous avons demandé aux patients d’appeler le 15 au préalable. Habituellement nous avons 3 médecins aux urgences, là nous n’en avons que deux. 1/3 des effectifs ne sont pas pourvus aujourd’hui, situation sur laquelle la prolongation d’un arrêt de travail d’un médecin s’est greffée. Nous ne sommes pas fermés puisque le personnel soignant, infirmier et 2 médecins sont présents la nuit, nous accueillons les urgences qui sont orientées vers nous, urgence vitale, par le régulateur du 15 », explique Claudie Greslon.

Recruter, fidéliser, former : le point sur les ressources humaines

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Véronique Mauroy, secrétaire de la CGT des hôpitaux du bassin de Thau, Claire Omedes, infirmière bloc opératoire, CGT et Nadège Azuara, aide-soignante de nuit aux Pergolines ont partagé leurs inquiétudes face aux difficultés de ressources humaines des hôpitaux du bassin de Thau (HBT). Pour elles, « la situation que nous connaissons actuellement sur les HBT n’est pas récente. Cela fait des années que la CGT dénonce le manque de personnel, le manque de moyens financiers et humains pour prendre en charge correctement les patients. La crise Covid a montré que nous étions à bout. Des embauches ont eu lieu pendant cette période, mais n’ont pas été pérennisées. Les agents titulaires et contractuels sont épuisés aujourd’hui et il y a des départs massifs d’agents ne supportant plus les conditions de travail. » Cette fatigue intense des personnels soignants et des personnels globalement des établissements de HBT pourrait finir par avoir des conséquences que la prise en charge des patients et des résidents : « l’organisation des temps de travail, en personnel réduit, donne des périodes de travail plus longues pour chacun. La littérature sur la question explique que la vigilance baisse au bout d’un certain nombre d’heures. En tant que patient, est-ce qu’on accepterait de savoir que c’est la 11e heure de travail de l’infirmière qui s’occupe de nous ? »

La CGT demande donc du personnel supplémentaire et « à passer à 32H hebdomadaire, au lieu des 35h actuelles et donc un nombre de soignants en conséquence. » Le syndicat explique que « le personnel est fatigué, on fait revenir les gens sur leur temps de repos. Du coup les gens ne restent pas et c’est cela le problème. Cela tourne tout le temps, il y a toujours des nouveaux qu’il faut encadrer et cela met en danger nos pratiques. Il n’y a également pas de reconnaissance lorsqu’un salarié revient sur son temps de repos, c’est presque ‘normal‘ pour l’administration. Certains contractuels n’osent pas refuser de revenir en pensant que cela les aidera pour leur titularisation. »

Au niveau des Ehpad, « ce sont des services de 30 à 42 résidants. Elles sont seules la nuit, elles doivent changer tout le monde. Le planning de l’été était complètement aléatoire. Aux Pergolines, un service de long séjour a été fermé par manque de personnel », précise la CGT ».

La CGT considère que c’est un problème de « moyens, de management, d’embauche, de formation en ouvrant plus les centres de formation et ne pas rester sur une ouverture par an, de fidélisation. Il y a un manque de communication, la direction et les personnels sont tellement la tête dans le guidon ! Nous pensons que nous allons vers une catastrophe s’il ne se passe pas quelque chose, au niveau du service public. Nous avons rencontré le ministre de la Santé il y a 15 jours à Agde. Pour lui, il pense qu’avec ce qui a été mis en place, tout va bien. Ce n’est pas le cas. Il n’est pas venu nous voir à l’hôpital ni rencontrer les agents dans les Ehpad ou dans les services. Pourtant il est médecin et il comprend. »

La directrice générale de l’Hôpital Saint Clair précise qu’aujourd’hui « il manque l’équivalent de 7,2 médecins sur un effectif de 24. Nous sommes face à un déficit de médecins urgentistes sur le territoire et nombre d’établissements sont dans la même situation que nous, à l’exemple du CHU de Bordeaux ou du CHR d’Orléans qui ont procédé comme nous. Nous travaillons avec le CHU de Montpellier sur des pistes de recrutement qui se dessinent avec des praticiens à temps partagé. Nos médecins urgentistes font tout ce qu’ils peuvent auprès des jeunes collègues, des internes et autres docteurs juniors pour les attirer dans notre établissement. Nous essayons par tous les moyens d’accompagner les équipes pour que la charge de travail soit partagée et supportable, que les conditions de travail soient correctes. »

La directrice rappelle ensuite que pour les infirmiers, « nous avons un institut de formation, tout comme pour les aides-soignants. Nous finançons des promotions professionnelles d’aides-soignants qui veulent devenir infirmiers ou des agents de service hospitaliers qui veulent devenir aides-soignants. Nous les accompagnons avec le financement de leurs études, nous les accueillons en stage, nous menons des campagnes de recrutement. Nous avons mené le projet Hop’stars (une série de vidéos simulant un casting pour un ‘radiocrochet’ inspiré de l’émission Pop’Stars pour préparer le personnel au passage de la commission de certification de la Haute Autorité de Santé). Cela a permis à ces étudiants infirmiers qui ont vécu la pandémie avec beaucoup de cours à distance de retrouver cette convivialité et de resserrer les liens. Cet été, nous avons pu recruter 22 infirmiers, sur un besoin de 36 postes. »

Claudie Greslon considère que l’effet crise sanitaire et la guerre en Ukraine, rendent les gens, la société de façon générale, « désenchantés, ils ressentent un mal être. Nous avons d’ailleurs un taux d’absentéisme passé de 8,36% à 12,36%, soit plus 4 points en un an. Nous ne sommes pas isolés, le CHU de Montpellier a un taux d’absentéisme de 14%. C’est une généralité, avec des soignants désabusés, certains s’absentent, d’autres quittent le métier. Cette réalité touche tous les établissements de santé, public comme privé ». Les effectifs des hôpitaux du Bassin de Thau sont de 1642 équivalents temps plein, dont 159 médecins et 1483 de poste paramédical. La directrice annonce également que « nous allons aller sur le terrain pour comprendre les causes de cet absentéisme et d’essayer de porter des projets pour faire en sorte que cet absentéisme se réduise, car cela fatigue les équipes en poste et est générateur à son tour d’absentéisme. Il est important pour nous d’en comprendre les mécanismes ou d’identifier les attentes des professionnels qui les conduisent à s’absenter. Tout cela pour interrompre ce schéma délétère. »

Focus sur l’Ehpad les Pergolines

La CGT s’inquiète du devenir des Pergolines : « l’établissement devient obsolète et doit être reconstruit en totalité. Il y a eu un projet présenté aux instances, à l’ARS, au Conseil Départemental. Nous avons appris récemment qu’ils subventionneraient en moindre coût la reconstruction. Du coup, la direction travaille sur un autre projet et cela va retarder, il va falloir trouver d’autres financements et de quelle façon ? En vendant encore les terrains ? Nous la CGT, nous avons voté contre la vente des précédents terrains. Les personnes âgées sortent et voient un immeuble en face d’elles ».

Claudie Greslon, la directrice générale de l’hôpital Saint Clair détaille le projet de reconstruction des Pergolines : « le comité régional de l’ARS s’est réuni début juillet et a émis un avis favorable sur le projet en termes de conception (chambre de 25m², ouverture de l’Ehpad sur la ville avec des tiers lieux …). Notre approche conceptuelle est en phase avec les attentes du Conseil départemental et de l’ARS. Le point qui pose difficulté, c’est le coût élevé du projet : 58 M€. Nous bénéficierons de subventions au titre du Ségur investissement et une aide du Conseil Départemental, mais néanmoins, ces fonds ne couvriront pas l’investissement total avec un reste à charge aujourd’hui trop élevé. Nous allons retravailler le projet. Notre projet doit se faire en deux phases, ce qui accroît les coûts en plus de l’augmentation de coûts de la construction, nous sommes également contraints de renforcer les fondations à cause de la proximité de terrain en zone inondable et nous sommes contraints par les normes environnementales. Toutes ces contraintes ont fait passer le budget de 49M€ à 58M€, près de 15% de plus. La possibilité de proposer des terrains à des investisseurs ne pourra se faire qu’après la fin de la nouvelle construction. » Le maire de Sète doit recevoir prochainement la direction de l’hôpital pour échanger sur ces sujets.

HopitalStClairSete
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Commentaires

  1. 58 millions à amortir sur combien d années ?
    Que font la région le département le maire de l agglo et naturellement l état.
    A titre d infos la partie hôtelière degage chaque année des recettes investies dans des fonds. Des réserves importantes existent espérons qu il n y ait pas de vase communiquant pour compenser d autres secteurs déficitaires. Par ex un bloc à ,Agde qui n est pas utilisé.
    En attendant on continuera pendant des années encore avec cette situation toujours repoussée.
    On va arriver à transférer au privé

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