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CAP D'AGDE - Le camp naturiste: Opportunité ou menace pour le Cap d’Agde ?

Il y a quelques mois le premier adjoint de la ville également président de…

Il y a quelques mois le premier adjoint de la ville également président de la Sodeal c’est lancé dans un discours enthousiaste concernant la station du Cap d’Agde (discours vidéo disponible dans les colonnes d’Hérault-Tribune, https://www.herault-tribune.com/articles/7370/sebastien-frey-en-conference-de-presse-a-la-sodeal/ ).

Au-delà d’énumérations évidentes que tout le monde connaît, le Premier adjoint en est arrivé à un point essentiel de son discours, celui de la notoriété de la station et de la contribution à celle-ci liée à la notoriété du camp naturiste.

Un camp naturiste qu’il défend allant jusqu’à indiquer qu’il assumait personnellement ce qu’il était et représentait pour la station. Effectivement, décrié, souvent contesté mais défendu pour sa vocation de machine à cash sur la zone, le camp naturiste bénéficie d’une réputation sulfureuse mais semble permettre de substantielles recettes (cela donne-t-il tous les droits ?) Depuis quelques années l’équipe en place n’a jamais caché sa volonté de laisser-faire, laisser-aller sur ce territoire considérant que le camp était plus qu’une opportunité pour la station.

Cette réalité se traduit d’une part dans le discours du premier adjoint que j’invite chacun à réécouter mais également à travers la mise en place de représentants officiels dans la zone censé représenter l’exécutif local à qui on délègue des pouvoirs et des prérogatives.

Au point même que la police y est « drivée » pour ne pas trop se mêler de ce qui peut s’y passer et qui après le passage de la barrière se transforme en forces d’observations de type « Onusienne » qu’en véritable chargé de sécurité devant faire appliquer le droit républicain.

Le camp est-il une ville dans la ville ? Un état dans l’Etat de part la volonté Municipale ?

Le fait est que depuis plusieurs années, les plaintes se multiplient, les craintes également face à une dérive qui inquiète (j’ai pu durant l’été rencontrer de nombreux habitants).

Les habitants du camp à l’année, véritables naturistes à l’origine de cet « esprit naturiste » quittent le camp, certains déménagent. Ils essayent d’exprimer leurs craintes depuis des années aux autorités locales, à Agathe, au sous-préfet mais ils sont catalogués comme opposants aux faits du Prince qui chercheraient à nuire à l’action de la majorité municipale, n’ayant pas de réelles difficultés à soulever, exagérant les évènements pour des raisons de politiques politiciennes.

Alors on leur propose de déménager dans le Larzac en sous entendant qu’ici c’est normal qu’il y ait un peu d’animation et que c’est la loi touristique et naturelle (naturiste).

Pourtant même si tout est fait pour que les faits divers ne s’ébruitent pas (on règle les affaires internes entre amis) cet été il semble que l’on ait passé la ligne jaune. Celle que l’on a toujours juré ne jamais dépasser car la situation était sous contrôle et que cela n’arrive « qu’ailleurs ».

Des mineurs ont été violés et la presse s’en est faite le relais, article dans midi-libre mais pas seulement Europe 1 relaye l’information, puis TF1, France 2, France 3.

Le mélange des genres : tourisme naturiste mêlé au tourisme sexuel semble montrer ses limites. Peut-on continuer à fermer les yeux et laisser se mélanger des touristes dont les motivations sont fondamentalement différentes ?

Cette question est posée régulièrement, la réputation du Cap d’Agde est fortement associée à celle du camp naturiste et lorsqu’on voyage en France et que l’on parle du Cap d’Agde c’est très souvent que la réponse qui vient naturellement de la part de nos interlocuteurs « ah oui le cap d’Agde, le camp naturiste sexuel ! ».

Que Mr le Premier adjoint considère assumer cette situation semble désormais plus qu’improbable, il n’aura pas les épaules assez large et ce n’est pas ce que l’on doit lui demander même s’il s’est cru habile courant avril de s’avancer sur cette question se sentant porté par ces connaissances et amis.

La question désormais qui se pose c’est comment on souhaite que soit perçue notre station touristique dans son ensemble, quelles valeurs nous voulons porter pour la station mais également pour notre ville.

Que le tourisme sexuel se développe c’est certainement une réalité à laquelle on ne peut se soustraire et lutter, mais nous pouvons donner des orientations.

En qualité d’hommes politiques responsables le Maire et son Premier Adjoint doivent clairement nous indiquer ce qu’ils souhaitent promouvoir et les valeurs qu’il nous appartient de porter pour notre ville et notre station touristique dans son ensemble.

Les alertes ont été nombreuses, nous avons dépassé la simple alerte.

Au laisser-faire, laisser-aller, je proposerai aux autorités locales concernant le camp naturiste une réflexion destinées aux professionnels, aux habitants et aux touristes afin de réfléchir à une zone naturiste de vivre ensemble.

Pour cela il faut lever les tabous et accepter les différentes motivations touristiques et ne plus mélanger les genres.

A ceux qui veulent vivre le naturisme leur assurer de pouvoir le faire :

– déterminer zones pour cela, qui seraient sécurisées, zones où les règles de la république s’appliquent 

A ceux qui recherchent les sensations plus orientées sexuellement :

– des zones privées délimitées et sécurisées, accessibles à des personnes majeures gérées par des professionnels habilités concernant les établissements nocturnes échangistes respectant les règles républicaines sur le territoire public municipal.

On ne peut plus continuer à mélanger les genres et partager le même espace pour des activités qui doivent être séparées !

On ne peut plus concevoir de nos jours, dans un contexte de libéralisation des mœurs que des familles et des enfants côtoient les mêmes endroits que ceux d’adultes avertis recherchant l’attrait sexuel de certains établissements.

Même sur Internet où tout est disponible, il existe des contrôles parentaux concernant les sites adultes.

L’objectif n’est donc pas d’interdire mais de prendre les devants pour encadrer le développement d’un nouveau type de tourisme, dans le respect de chacun.

Cette démarche doit également permettre de différencier les valeurs que nous portons pour notre ville et la destination touristique caractéristique de certains dont les motivations sexuelles peuvent être légitimes.

On ne doit plus résumer la Cap d’Agde, ses habitants, les valeurs que l’histoire de la ville porte (ville grecque de plus de 2000 ans) à une zone touristique qui apparaitrait comme celle d’une cité de déviance sexuelle.

Il convient de se pencher sur ces raccourcis que nous avons créé dans l’esprit de la marque « Cap d’Agde » pour quelle ne se résume pas simplement au sexe.

Il convient pour une station comme la notre de véhiculer des images également différenciées de valeurs vers lesquelles nous souhaitons porter les habitants et ceux qui demain viendront vivre dans notre commune. Notre ville doit pouvoir avoir une force d’attraction multiple et ne pas attirer qu’une catégorie de population dont la motivation serait monolithique.

Dans l’intérêt touristique mais également celui des habitants de notre commune.

Le 19 Septembre 2010

Brice Blazy



 

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