Conduite, pollution et consommation : la chasse aux « surconsomm’acteurs » est ouverte

Privilégier les transports en commun, le covoiturage et le partage de véhicules est une…

Privilégier les transports en commun, le covoiturage et le partage de véhicules est une nécessité en ville, où l’environnement routier est saturé et le réseau d’alternatives intéressant. En montagne, à la mer ou à la campagne, en revanche, les horaires des bus sont trop contraignants, les retards des trains décourageants, et l’offre peu adaptée à un raid au supermarché et inadéquate pour des rendez-vous professionnels successifs. Cette ultime prise de conscience rend légitimes les deux places de parking devant chaque maison française. Sans voiture, point de salut… La dernière grève du carburant fait réfléchir : à défaut de s’en passer, comment économiser cette source d’énergie déjà rare ?

Les quatre premiers kilomètres sont les plus gourmands, et nos trajets quotidiens dépassent souvent cette distance moyenne. Ne nous fions pas aux apparences : les consommations annoncées par les constructeurs sont impossibles à reproduire : mesures prises sur circuit, à vitesse constante, dans des conditions de roulage optimales : « 4 L / 100 km » annoncés deviennent 5, voire 5,5 L / 100 km pour le quidam ! Quand la voiture est froide, le premier kilomètre coûte 50 % de carburant supplémentaire et le deuxième 25 % : encore un paramètre qui fausse les données des constructeurs.

Vaut-il mieux laisser sa voiture tourner ou couper le moteur devant la boulangerie ?

Au-delà d’une minute d’arrêt, on coupe ! Le système Start / Stop est une bonne idée. Est-il vecteur d’économies de carburant ? Oui. En revanche, à chaque feu rouge, les économies réalisées sont contrebalancées par la pollution engendrée par le démarreur, très énergivore. On peut traquer d’autres ennemis : le poids (plus on est lourd, plus il faut de puissance pour rouler), les pneus sous-gonflés (augmentation de la surface de frottement des pneus sur le sol), un filtre à air encrassé (surconsommation d’environ 3 %), un mauvais état des bougies pour les voitures à essence. On peut aussi réduire sa vitesse.

Le premier geste à réaliser : couper la climatisation dès que possible, car il y a 5 % de surconsommation à déplorer par an, ce confort générant aussi une augmentation de 10 à 15 % des gaz à effet de serre par évaporation des fluides frigorigènes.

Un coefficient élevé de pénétration dans l’air, le fameux « Cx », des voitures avec des bagages sur le toit provoque 20 % de surconsommation de carburant. Des équipements utilisés systématiquement peuvent être coupés : essuie-glace, radio, GPS et autres consommateurs d’énergie, dès que vous n’en avez pas l’usage.

Les reines de sobriété chez les berlines regroupent les modèles hybrides, essence / électricité. Les voitures électriques font mieux, mais les constructeurs (à part BMW et sa i8 ou Tesla, qui ont créé des GT à niveau de performances de l’ordre d’une Porsche 993) ne proposent pas encore l’autonomie qui nous mettrait à l’abri d’une tempête de neige par grand froid en montagne, de nuit, pour peu que l’on touche le fond. En bout de réserve électrique, un ravitaillement dure au moins trois heures.

Les stars de la catégorie citadine sont les voitures qui ne consomment que 3 L / 100 km de gasoil, comme la Peugeot 208. La Renault Clio nous a épatés : moins de 4,5 L/100 km sur un Dôle/Reims en respectant les limitations de vitesse : 130 km/h. Ce qui nous a coûté bien plus cher en péage qu’en gasoil. Les péages ne devaient-ils pas permettre de rentabiliser les installations avant de disparaître, d’après le Général de Gaulle ? C’est un autre débat.

Le couple maximum d’une voiture semble le meilleur compromis pour optimiser un rendement moteur, si l’on n’appuie pas trop sur la pédale d’accélérateur : en général vers 1 800 à 2 000 tours/minute pour les voitures diesel, 2 000 à 2 500 tours/minute pour les voitures essence (le truc rond qui indique les chiffres 1 000, 2 000, 3 000 est le compte-tours moteur à surveiller : message à l’attention de mes copines).

La récupération d’énergie par les freins est-elle une bonne façon d’économiser le carburant ? Oui, c’est le défi lancé depuis une décennie par les marques, qui proposent des équipements récupérateurs d’énergie, notamment les freins et le frein moteur : on décharge les consommateurs périphériques du moteur, ils se branchent du côté du récupérateur d’énergie.

Dans l’absolu, économiser 1 litre pour 100 kilomètres n’est pas énorme : 1,15 € tous les 100 km, c’est 115 € pour qui roule 10 000 km par an. Mais la réflexion prend une autre saveur en multipliant 115 € par 30 millions de voitures immatriculées en France, ce qui représente une économie annuelle de 30 millions de litres de carburant et 3 450 000 000 € sur l’ensemble du territoire français…

On parie sur le système breveté PSA qui propulse ses voitures grâce à l’air comprimé ? Il a tout pour plaire, mais ne trouve pas d’investisseurs… Qui va oser ?

Anne-Chantal PAUWELS
pour Réso Hebdo Eco
www.facebook.com/resohebdoeco

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