Frontignan : inauguration aux Lavandins de l'unité d'enseignement élémentaire autiste

Reportage

Le 9 décembre dernier, Michel Arrouy, maire de Frontignan la Peyrade, Claudie Minguez, 1ère adjointe déléguée à la Ville éducatrice et Sophie Cwick, conseillère communautaire et conseillère municipale déléguée aux handicaps, accompagnés de Christophe Mauny, directeur académique des Services de l’Éducation nationale de l’Hérault et Bernard Dessimoulie, président de l’Unapei 34, ont inauguré la nouvelle Unité́ d’Enseignement Élémentaire Autiste (UEEA) des Lavandins.

Fruit d’un travail collaboratif entre l’Éducation nationale, l’Institut Médico-Educatif (IME) « Les Hirondelles-Unapei 34 » et la Ville, sous l’égide de l’Agence Régionale de Santé (ARS), cette UEEA, permet à des enfants autistes de suivre leur scolarité. Installée dans une salle spécialement aménagée pour le confort et la sécurité́ des enfants autistes, au sein de l’école des Lavandins, cette unité́ peut accueillir à plein temps 8 enfants, de 6 à 11 ans, disposant d’un diagnostic d’autisme modéré́ et n’ayant pas acquis suffisamment d’autonomie, de langage et/ou présentant d’importantes difficultés de communication, de comportement et de centres d’intérêt.

Une réussite collective

Fabien Bonnet, le directeur général de l’Unapei 34, raconte la génèse du projet : “nous sommes venu voir la mairie en 2015/2016 car nous avions un projet pour travailler sur l’inclusion des enfants handicapés. Nous souhaitions mailler l’IME et les écoles. Nous avons reçu un accueil très positif. L’éducation nationale nous en ensuite reçus et nous a dit qu’il fallait un peu de temps, le temps de créer des postes et de former les équipes. Puis un appel à projets est sorti pour la création d’un UEEA sur Frontignan. Et voici le projet qui est né et qui a ouvert il y a un an. Pour nous les enfants autistes sont avant tout des enfants, donc ils doivent pouvoir se mélanger avec les autres enfants.

Michel Arrouy, maire de Frontignan, a indiqué : “je suis très heureux d’inaugurer cet UEEA qui est un véritable partenariat avec l’Education nationale et l’Unapei 34. C’est une volonté politique de notre ville de permettre à chaque enfant, quelque soit son handicap, ses problématiques, de pouvoir être accueilli dans l’école de la République. Nous avons toujours fait une priorité de l’accueil de tous les enfants de la crèche à l’enseignement secondaire. Car je crois que nous devons être une société inclusive. Nous devons y mettre les moyens adéquats.”

Bernard Dessimoulie, président de l’Unapei 34, explique : “ la construction d’une société solidaire et inclusive est au cœur de notre mission. L’avènement d’une telle société implique que l’éducation elle même soit rendue inclusive : c’est à dire possible et accessible à chaque élève handicapé, que chacun trouve sa place à l’école. Pour votre information, à ce jour, plus de 20 000 enfants handicapés sont sans solution éducative au niveau national, c’est dire à quel point il nous reste du travail. La scolarisation d’un enfant handicapé est essentielle car elle est la condition sinequanone pour qu’il ait les mêmes chances que les autres de construire son avenir. Pour cela, la société ne doit pas le réduire à sa différence mais lui donner les mêmes chances qu’aux autres. Cette scolarisation harmonieuse répond également à un besoin impérieux d’éducation des autres enfants et leurs familles à la connaissance, l’acceptation et à la reconnaissance de la différence. La scolarisation des enfants différents au milieu de tous est en réalité formatrice pour chacun car elle permet à tous d’apprendre in vivo les valeurs indispensables dans la vie, l’accueil de la différence, l’échange et la solidarité. De cette réussite, il faut M le Maire, M le Directeur académique que vous soyez remerciés, ainsi que l’Agence régionale de santé (qui nous a donné les moyens d’ouvrir cette structure et de la faire fonctionner en nous accordant un budget de 140 000€ annuel pour son fonctionnement).

Pour le Directeur académique, Christophe Mauny, l’UEEA est “une évidence, parce qu’il n’y a pas besoin de discuter longtemps pour s’accorder. Nous sommes là pour faire plus qu’appliquer la loi : c’est tellement évidemment d’accueillir des enfants dans une école de la République. On ne doit laisser personne de côté : ils font société et la société serait tellement triste si tout le monde se ressemblait et si tous les talents étaient identiques. Depuis cette loi de 2005, il y a une dynamique nationale. On parlait d’intégration au départ, puis nous sommes passés à l’inclusion. Et c’est la richesse de cette transformation. 344M d’euros au niveau national investis dans plusieurs engagements: recentrer la science autour du processus d’accueil, le développement de structures (c’est la première en élémentaire, après 3 en maternelles ouvertes à Grabels, Mauguio et Sauvian), prendre en charge précocement ces enfants dans le processus éducatif, accompagner les enseignants dans cette école inclusive. Nous avons ici quelque chose qui est déjà une belle réussite.

L’équipe encadrante

UEEA2Equipe

Les 8 enfants sont accueillis par des enseignants spécialisés et des éducateurs de l’Éducation nationale et de l’IME, sur le même temps scolaire que tous les autres enfants pour favoriser le lien social, dans une salle spécialement aménagée pour le confort et la sécurité des enfants autistes (un budget de 15 000 € financé par la Ville). Sur place, une équipe éducative assure leur accompagnement, elle est constituée d’une équipe pluriprofessionnelle : une enseignante spécialisée, une Accompagnante des Elèves en Situation de Handicap (AESH), une éducatrice spécialisée et une Aide Médico-Psychologique (AMP), une psychologue, et une psychologue-motricienne. Une fois par période (entre des vacances scolaires), une analyse des pratiques et de ce qu’il a pu se passer est réalisée par une psychologue extérieure. La partie médico-sociale intervient au titre de son expertise de l’autisme. Un financement de l’Agence Régionale de la Santé permet de soutenir cet accompagnement.

Mme Scalingi-Aubert est l’enseignante spécialisée de cette classe. Elle nous raconte le déroulement d’une journée : “les enfants sont arrivés en novembre 2020. Ils arrivent le matin comme les autres enfants (avec leur parent ou avec un taxi financé par la MDPH). Notre espace est divisé en deux grandes parties : une salle de prise en charge éducative et thérapeutique, et à côté, c’est plus la salle d’enseignement. Nous utilisons des paravents modulables pour délimiter les ‘zones’ de chaque enfant: zone français, zone jeu, … Le matin, comme dans les autres classes, nous avons le rituel où ils découvrent le programme individuel de leur journée. Les activités changent toutes les 30 ou 40 minutes. A cela s’ajoute les moments d’inclusion où chacun rejoint sa classe de référence : chaque enfant peut ainsi participer à une activité avec les autres enfants. Notre objectif est de sécuriser les enfants, de les accompagner dans leur évolution et de nous adapter à eux. Au bout d’un an, nous constatons que cela fonctionne : ils arrivent à l’école avec le sourire et certains ont même gagné en autonomie (les autres enfants de la classe viennent le chercher pour l’activité dans leur classe de référence). Les enfants mangent également à la cantine, cela s’est mis en place progressivement, nous accueillons maintenant 5 d’entre eux le midi et ils participent aux activités périscolaires.”

Ecole inclusive

Christophe Mauny, directeur académique des Services de l’Éducation nationale de l’Hérault, analyse : “nous avons une vraie volonté de mettre en place et en œuvre ce souci d’accueillir tous les enfants dans l’école de la République, et ce dès le plus jeune âge, le plus précocement possible car, plus nous les prenons en charge tôt à l’école, mieux cela se passe ensuite. On parle de l’école inclusive : on accueille tous les enfants, on accueille de façon diversifiée et différenciée en fonction de la nature de l’enfant. On s’assure donc qu’il ne s’agit pas d’un dispositif isolé dans une école, mais bien que les contenus soient adaptés ainsi que le rythme, tout en étant dans la vie quotidienne et globale de l’école. L’équipe voit déjà des résultats car à leur âge, porteur d’un handicap ou pas, ils ont un potentiel de développement qui ne demande qu’à croître, évoluer, progresser, qu’à apprendre. Nous avons ici un très bon exemple de ce que l’on appelle la différenciation pédagogique : c’est à nous d’adapter nos méthodes et pas à l’enfant de s’adapter à l’institution. Il y a une égalité de traitement, on donne la même chose à tous les enfants, de manière différente et adaptée.”

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