Grands Sites Occitanie : fréquentation et développement touristique, la recherche du parfait équilibre

Les 7 et 8 octobre 2021, à l’occasion des 23es Rencontres du Réseau des Grands Sites de France, des maires et présidents de communautés de communes ont abordé la question du développement des territoires en harmonie avec la nature et les paysages.

Organisé tous les ans dans l’un des Grands Sites de France, l’événement s’est déroulé cette année dans la salle du Sonambule, à Gignac, au cœur du site classé des Gorges de l’Hérault.

Le réseau des Grands Sites

Créé en 2000, le Réseau des Grands Sites de France (RGSF) regroupe des collectivités gestionnaires de paysages exceptionnels, connus de tous, fragiles et protégés. Pour le moment, 5 des 21 sites français labellisés par le ministre en charge de l’Environnement appartiennent à la Région Occitanie : les Gorges de l’Hérault (Hérault), le Cirque de Navacelles (Hérault et Gard), la Camargue gardoise (Gard), le Pont du Gard (Gard) et le Massif du Canigó (Pyrénées-Orientales). Huit autres sites sont engagés dans la démarche pour l’obtention du label, dont le Salagou-Cirque de Mourèze, la Cité de Minerve et le Canal du Midi (Béziers).

pont du diable

Concrètement, l’ambition portée par les rencontres de ce type est l’échange d’expériences entre les responsables de Grands Sites investis dans le développement durable et motivés par la préservation de “l’esprit du lieu” particulier à chaque Grand Site.

Cette année, le président du Réseau des Grands Sites de France, Louis Villaret, a souhaité que la majorité des discussions s’articulent autour du sujet de la fréquentation touristique : “Le tourisme attire beaucoup de monde et il est indispensable de gérer la surpopulation en premier lieu. C’est en réglant les problèmes de fréquentation et en poursuivant le développement local que les activités vont suivre, explique-t-il. Nos rencontres s’appuient sur cette réflexion et permettent d’échanger sur les expérimentations et projets réalisés ailleurs. C’est en discutant que nous allons trouver un équilibre entre la nature et l’humain”.

Répondre avec justesse à la surfréquentation

“On est la plus belle destination du Sud donc, forcément, cela s’accompagne de problèmes, reconnaît Jean-François Soto, président de la Communauté de communes de la Vallée de l’Hérault. Sur notre territoire, on travaille sur la préservation des atouts mais on conserve l’envie de se projeter. On a envie de jouer dans la cour des grands mais avec tact et mesure. Sur le sujet de la surfréquentation par exemple, on sait qu’il doit y avoir une adaptation. C’est pour cela qu’on procède à des investissements sur les mobilités douces, la protection du patrimoine, la mise en valeur des produits locaux…”.

Un sentiment partagé par Jean-Louis Gely, vice-président du Département de l’Hérault, délégué au Tourisme et à l’Economie : “Il faut avoir une vision plus épanouie des atouts, qu’on applique une approche durable et maîtrisée. Il est normal que tout le monde souhaite s’approprier les espaces, mais il faut une prise de conscience. On est dans une logique de développement, mais il faut le faire de manière équilibrée, en étalant la fréquentation dans le temps par exemple. Après tout, nos territoires sont splendides à l’année“.

Pour Michel Fratissier, président de la Communauté de communes Cévennes Gangeoises et Suménoises, la gestion de la fréquentation doit aussi passer par un travail de sensibilisation : “Au cours des derniers mois, on a subi une pression touristique forte, notamment du côté du pont d’Issensac. Ça nous a ramené des soucis liés à la fréquentation, tels que des feux et des déchets abandonnés. L’ambition commune doit être de proposer une offre touristique de qualité aux touristes extérieurs et aux autochtones sans épuiser notre capital nature. Il faut trouver une voie vers le tourisme raisonnable”.

La poursuite d’un développement pérenne

Selon Alain Barbe, président de la Communauté de communes Grand Pic Saint-Loup et président du Comité de pilotage Grand Site de France, il est indispensable d’échanger sur ces problématiques et d’observer avec beaucoup d’attention ce que font les territoires voisins : “Si on est là aujourd’hui, c’est pour apprendre ensemble. Il faut unir nos forces, coordonner les efforts avec intelligence, au bénéfice des concitoyens et des futurs touristes”.

Pour l’ensemble des responsables des Grands Sites, l’objectif à poursuivre est également le développement du tourisme à long terme et plus seulement de passage. “On ne veut pas que les contraintes de la fréquentation, on veut que le touriste aille au musée, mange et se loge ici. Il doit y avoir une retombée sur le territoire”, détaille Michel Fratissier.

Une évolution qui “n’est pas toujours facile” d’après le président des Grands Sites : “L’aménagement d’un Grand Site demande du temps, il faut investir dans la mobilité douce, créer des parkings, ouvrir des boutiques axées sur le local… Il faut avoir un projet de territoire global“.

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