Hans Lankes, rigueur et poésie du paper cut

A l’Arbre Blanc, La Serre expose à ses cimaises jusqu'au 6 janvier des œuvres…

A l’Arbre Blanc, La Serre expose à ses cimaises jusqu’au 6 janvier des œuvres du Berlinois Hans Lankes, qui est jusqu’au 24 décembre en résidence au Réservoir, à Sète, autre établissement artistique d’Art et Patrimoine, sous l’égide de Gilbert Ganivenq. Interview de cet artiste plasticien minutieux et rigoureux, qui présente son univers formel…

 

HJE : Avez-vous toujours fait du paper cut ?

Hans Lankes : « Non. J’ai commencé par le dessin. Je dessinais des lignes claires, jamais d’ombres. Puis j’ai expérimenté le couteau, le scalpel, le cutter, et j’ai créé des sculptures de papier par envie de combiner dessin et sculpture. Mes dessins sont devenus tridimensionnels. Ils consistent à enlever du papier en une seule découpe pour ne garder que l’essentiel. » 

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HJE : Vous n’avez pas le droit à l’erreur lors de la découpe du papier…

Hans Lankes : « J’aime les bords, les coupes pures. Dans la vie, je m’en tiens à mes décisions. Quand je crée, c’est la même chose. Je dois réussir l’œuvre en une seule fois. Je ne peux pas me permettre de refaire. Chaque décision a des conséquences très importantes, comme dans la vie. Je n’aime pas les gens indécis, qui tergiversent, changent d’avis. Mes œuvres sont comme moi. J’apprécie leur clarté.«  

HJE : Vous dites avoir un véritable rituel de création.

Hans Lankes : « On peut dire que mon travail résulte d’un intense processus de réflexion, de concentration, voire de méditation. J’ai ma propre routine qui me permet de créer. Tout d’abord, le sol de mon atelier étant jonché de morceaux de papier, je le balaie. Cela permet à mon cerveau de se vider. Puis je mets de la musique. Classique, Van Morrison, pop, peu importe, puisque je ne l’écoute pas vraiment en travaillant. Ensuite je réfléchis à la taille de l’œuvre (2 x 3 m ou petite taille, cela dépend…), je peins l’arrière de la feuille, et enfin je procède à la découpe du papier. Quand je place l’œuvre contre un mur, c’est de la magie qui apparaît, grâce à la lumière et aux ombres générées, à l’effet tridimensionnel. »

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Ici, le halo coloré apparaît clairement sur le mur.

HJE : Vous parlez d’ombres, mais dans votre cas, il s’agit d’ombres colorées…

Hans Lankes : « Oui. Parce que je peins préalablement l’arrière des œuvres avec de la peinture fluorescente, de couleur rouge le plus souvent, ce qui produit un effet d’ombre colorée sur le mur, comme un halo. J’ai mené des expériences dans mon atelier avec des peintures jaune, verte, mais la rouge est la plus intense. Je me souviens qu’un curateur d’expositions avait visité mon atelier à l’époque où je faisais ces expériences. Quand il avait vu ça, il avait immédiatement voulu exposer mes travaux. »

HJE : Votre travail s’articule essentiellement autour de trois thèmes majeurs…

Hans Lankes : « En effet, il y a Cloud Installation, Tiny Houses Society et Torsi Beach. Je travaille par séries, réalisant beaucoup d’œuvres pour chacune d’elles.

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Série « Torsi Beach » par Hans Lankes à la Serre.

Ne croyez pas que j’ai créé ma série de maillots de bains une-pièce Torsi Beach spécialement parce que je suis de passage dans le sud de la France. Je ne pense qu’aux formes, aux structures ; c’est tout ce qui m’intéresse. Cette série est née en mai 2019. J’ai voulu réduire le plus possible cette forme pure. Idem pour les maisons, qui me font penser aux maisons d’enfants. »

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HJE : Quelle est la place de la couleur dans tout cela ?

Hans Lankes : « A mes débuts et pendant longtemps, je n’ai travaillé qu’avec du noir et du blanc, puis j’ai traversé une crise. Je me suis senti enfermé dans une sorte de boîte. J’ai voulu ouvrir les volets de cette boîte, respirer. Les couleurs m’ont offert l’ouverture dont j’avais besoin. Elles m’ont totalement libéré. Depuis, je colore (plusieurs fois) les papiers noirs ou blancs avant de les découper. Je suis un artiste très conceptuel. Il me faut un cadre artistique. Mais c’est moi qui me fixe mes propres concepts et mes propres cadres. Et maintenant, je n’hésite pas à utiliser des papiers de couleur, tant qu’ils correspondent à mon écriture, à mon langage. »

Propos recueillis et traduits de l’anglais par Virginie MOREAU
vm.culture@gmail.com


On aime la poésie de ses structures finement ciselées, leur fragilité et leur caractère onirique. Hans Lankes nous conduit loin, dans son univers d’une grande simplicité, allant à l’essentiel. A voir aussi, ses créatures fantastiques, d’adorables monstres.

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Un monstre d’Hans Lankes.

A Montpellier, les artistes Linette Cajou et Rachel Weasel Fisher pratiquent aussi le paper cut, à leur façon, bien différente de Lankes (cf. leurs pages Facebook).


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Hans Lankes © Virginie Moreau / HJE 2019.

Informations pratiques

La Serre / L’Arbre Blanc – place Christophe-Colomb – Rond-point de Richter – 34000 Montpellier.
Tél. : 04 48 79 84 70. > Du mercredi au samedi.

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