La Savonnerie de Lodève, l’excellence du savoir-faire français

Vu de l’extérieur, le bâtiment ne paie pas de mine. Pourtant, la Savonnerie de…

Vu de l’extérieur, le bâtiment ne paie pas de mine. Pourtant, la Savonnerie de Lodève, manufacture rattachée au Mobilier National, renferme des trésors en devenir : ses merveilleux tapis, fruits de longues années de labeur, garniront les sols prestigieux de l’Elysée, des ministères ou encore des ambassades de France à l’étranger.

Savez-vous que Lodève abrite un atelier de la manufacture nationale de la Savonnerie, rattaché au Mobilier National ? Si vous ne l’avez jamais vu, une visite guidée s’impose. Vous découvrirez alors les splendeurs d’un univers insoupçonné.

Jean-Marc Sauvier, qui dirige la Savonnerie de Lodève depuis un an, retrace l’histoire de ce haut lieu de production de tapis d’exception : “Annexe de la Savonnerie, manufacture royale puis nationale de tapis dont l’origine remonte à Henri IV et qui tire son nom d’une ancienne manufacture de savons que Louis XIII installa en 1627, l’atelier de Lodève, créé en 1966, produit des tapis d’après des artistes contemporains comme Paulin, Hajdu, Lalane, Morellet, et réédite des tapis des XVIIe et XIXe siècles, de style Louis XIV ou Louis XVI. Ces tapis sont destinés au Mobilier national pour les bureaux des bâtiments officiels : ambassades, ministères, Palais de l’Elysée”. Le directeur de l’atelier lodévois de la Savonnerie dévoile pour l’occasion un tapis tout juste “tombé du métier” (c’est-à-dire qui vient d’être achevé), selon l’expression consacrée. Ce tapis, qui décline de subtils camaïeux de fuchsia, violet et rouge, est destiné à rejoindre le bureau de l’actuelle ministre de la Culture, Fleur Pellerin. Sa fabrication a nécessité deux années et demie de travail.

Créé en 1964 et initialement composé de femmes de harkis rapatriées d’Algérie, l’atelier de tissage de Lodève a progressivement gagné en technicité après la décision d’André Malraux de le faire passer sous la direction du Mobilier national, en 1966. Les femmes qui y étaient employées ont alors été formées à la technique multiséculaire de tissage propre aux liciers (ou lissiers : personnes qui réalisent des tapis de lisse) de la manufacture nationale de la Savonnerie. L’atelier est donc devenu un conservatoire des techniques au savoir-faire précieux, dont les compétences sont du même niveau que dans l’atelier parisien. Actuellement au nombre de dix-huit, les liciers de l’atelier de la Savonnerie de Lodève travaillent sur des métiers verticaux appelés “métiers de haute lisse”.

Les liciers lodévois produisent actuellement 7 tapis, dont Byrit de Paola Yacoub (plus de 2 m2), qui représente le dessin d’un plan de fouilles archéologiques du centre de Beyrouth. Une fois tombé du métier, ce tapis devrait rejoindre l’ambassade de France à Beyrouth. Autre tapis en cours de production : Plié déplié d’après Marie-Claude Burgeaud. Commencé fin 2011, il est actuellement réalisé aux deux tiers. Deux tapis d’après François Morellet sont eux aussi en cours de tissage.

Sur place, le public prend la mesure de l’excellence française dans un domaine encore préservé. Une visite passionnante et enrichissante !

Virginie MOREAU vm.culture@gmail.com

 

> Manufacture nationale de La Savonnerie à Lodève : impasse des Lissiers – 34700 Lodève.
Tel. : 04 67 88 86 44.

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