Montpellier : au 1er juillet, la circulation dans 11 villes de la métropole soumise à la vignette Crit'air, les diesels bannis en 2028

Hérault Tribune Pro Reportage

La France a été condamnée par l'Union européenne pour sa lenteur à traiter les problèmes de pollution de l'air, ce qui génère une amende annuelle exorbitante de 20 M€ pour le pays. L'Etat a donc imposé à 12, puis 35 territoires, dont celui de la Métropole de Montpellier, de créer des Zones à faibles émissions. Décryptage des conséquences pour les automobilistes, adeptes des deux-roues motorisés et chauffeurs de poids-lourds…

Pour diminuer la pollution de l’air, “La loi Résilience Climat fixe un cadre juridique indiquant quels types de véhicules pourront circuler dans la métropole. Nous inscrivons notre action dans un cadre posé par le législateur suite à l’amende infligée par l’Union européenne”, explique le président de la Métropole, Michaël Delafosse.

La Métropole de Montpellier faisant partie des territoires les plus pollués de France, cette mesure se justifie. D’ailleurs, les maires qui s’y étaient opposés au départ ont fini par la juger nécessaire, au vu de la carte de la pollution de l’air réalisée par l’organisme Atmo Occitanie, observatoire régional de l’air (voir la vidéo ci-dessous).

Si vous ne parvenez pas à visionner cette vidéo, cliquez sur le lien suivant : https://youtu.be/vgjtrPROwsw

Chaque année, 40 000 décès sont dus à une exposition aux particules fines. Les émissions de CO2 directement issues des transports représentent 57% des rejets.

Quels effets sur la pollution ?

Selon les modélisations réalisées de façon indépendante, grâce à la ZFE, la pollution aux particules fines baissera de 25%, et celle aux NOX diminuera drastiquement de 78 % dans la Métropole de Montpellier. Pourtant, “les mesures prises ne concernent que 19 % du parc”, estime Julie Frêche.

Qu’est-ce que la ZFE ?

Concrètement, il s’agit d’une zone soumise à la vignette Crit’air, délivrée par l’Etat en fonction de la date de la première mise en circulation du véhicule (autrement dit d’ancienneté du véhicule), et de son statut (thermique – essence ou diesel –, électrique, hybride, GNV).

Mise en place progressive

Julie Frêche, vice-présidente aux Mobilités, insiste sur le fait que la Métropole a choisi d’accompagner socialement cette mesure afin qu’elle soit acceptée par la population. Par exemple en instaurant la gratuité progressive des transports collectifs (tram, bus…), en créant un réseau de Bustrams électriques (donc non polluants) pour mailler le territoire, en aidant à l’acquisition de vélos à assistance électrique à hauteur de 500 euros, en développant un réseau vélo sans discontinuités, en favorisant le covoiturage et l’autopartage. Les conducteurs bénéficient donc d’alternatives gratuites ou peu onéreuses à l’usage de la voiture.

Julie Frêche, Michaël Delafosse et Isabelle Touzard lors de la présentation du dispositif ZFE.
Julie Frêche, Michaël Delafosse et Isabelle Touzard lors de la présentation du dispositif ZFE.

Un plan d’application progressive de la ZFE a été mis au point par les services de la Métropole. Cela laisse le temps aux personnes qui utilisent un véhicule individuel de ne plus acheter de diesel, et d’envisager éventuellement une transition vers l’électrique ou les transports collectifs.

Premier périmètre de ZFE

Les voitures mises en service avant 1997 et les deux-roues motorisés mis en circulation avant 2000 ne pourront plus circuler à Montpellier et dans les 10 communes qui la bordent à compter du 1er juillet 2022. Les 11 villes concernées par la première phase de ZFE sont donc Castelnau-le-Lez, Clapiers, Grabels, Jacou, Juvignac, Lattes, Le Crès, Montpellier, Pérols, Saint-Jean-de-Védas et Villeneuve-lès-Maguelone. Le cœur de la métropole est donc concerné, pour répondre à un principe de continuité territoriale.

Pour ce premier périmètre, des dérogations seront discutées au cours du 1er semestre 2021 sur les zones de desserte des zones industrielles. Une dérogation s’appliquera aux particuliers sur les axes qui desservent les P+tram (les habitants stationneront dans le P+tram et atteindront l’hypercentre en tramway) et sur les axes de transit pour ne pas créer d’interruption de la circulation (la 986, la RD66, l’A709 et l’A9 sont exclues de fait par l’Etat de la ZFE pour l’instant).

Second périmètre

Les véhicules Crit’air 5, 4 et 3 seront à leur tour progressivement bannis jusqu’à début 2025. Au 1er juillet 2026, les 20 autres communes de la Métropole seront concernées. Et à compter du 1er juillet 2028, les véhicules roulant au diesel ne pourront plus rouler dans la Métropole.

Comment connaître la vignette Crit’air qui sera attribuée à chaque véhicule ?

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Comment se procurer la vignette Crit’air ?

La vignette Crit’air deviendra obligatoire au 1er juillet 2022 pour circuler dans les 11 premières communes soumises à la ZFE. Il s’agit d’un autocollant à apposer sur le pare-brise de son véhicule. On peut se le procurer sur le site du gouvernement certificat-air.gouv.fr moyennant le paiement de 3,62 € et des frais d’envoi. La vignette va de 0 à 6 et dépend du niveau de pollution émis par le véhicule. La vignette 0 est attribuée aux véhicules électriques et à hydrogène. Le site certificat-air.gouv.fr permet dès à présent aux usagers de connaître le classement de leur véhicule.

Tous les véhicules à moteur devront porter une vignette Crit’air : les deux-roues motorisés comme les voitures, les utilitaires, les camions et poids-lourds, ou encore les bus et les autocars.

Et pour les contrevenants ?

Une amende de 68 à 135 euros sera appliquée pour les contrevenants. Mais le président de la Métropole, Michaël Delafosse, préfère une approche pédagogique.

Des aides supplémentaires de l’Etat ?

Il espère que les dispositifs de contrôle seront aux frais de l’Etat, qui est à l’origine de la généralisation de la ZFE dans la Métropole. Michaël Delafosse souhaite que l’Etat mette en place des aides supplémentaires à l’achat de véhicules décarbonés dans les territoires soumis à la ZFE : “J’espère que les 6 prochaines lois de finances seront en accompagnement, car la métropole ne pourra pas assurer ce poste de dépenses. L’Etat a plus de poids sur l’industrie automobile que nous”.

Multiplication des bornes de recharge électrique et GNV sur la Métropole au fil des ans

Un appel à manifestations d’intérêt va être lancé pour obtenir un maillage serré de bornes de recharge électrique rapide (en 30 minutes) dans l’espace public de la métropole. Des stations multiénergies (essence, électrique et GNV) vont fleurir au rythme d’une par an environ. La première a ouvert récemment à Vendargues, la seconde sera située à Saint-Jean-de-Védas.

Le saviez-vous ?

En 2030, l’Europe ne produira plus aucune voiture thermique.

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Commentaires

  1. Si l’accompagnement est tel qu’il est indiqué (bus/tram P+bus/tram, gratuité) alors je dis oui à ce projet. L’amélioration de la qualité de l’air en milieu urbain doit être un objectif de santé public. Peu importe les types de véhicules et leurs impacts, il faut les bannir des centres-villes.

  2. Comment faire quand on est à la retraite avec 1 200 euros et la taxe foncière à 2 000 euros par an, plus le gaz et l’électricité à 250 euros par mois. Comment fait-on pour avoir une voiture mini à 14 000 euros. Dites-moi la solution.

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