Montpellier, bâtonnat : Maxime Rosier et Iris Christol : "à deux, nous aurons deux fois plus de temps à consacrer à l'Ordre"

Hérault Tribune Pro Reportage

Le binôme d'avocats Maxime Rosier / Iris Christol est candidat pour devenir respectivement le bâtonnier et le vice-bâtonnier du barreau de Montpellier pour les années 2023 et 2024. Face à lui se trouve l’avocat Charles Salies. Interview du binôme, avant le vote du 23 juin prochain…

Quelles sont les grandes lignes de votre programme ?

Maxime Rosier : “Notre candidature est articulée autour de deux grands axes :

  • ouvrir au maximum l’Ordre aux confrères pour rassembler la famille des avocats. Cela implique une transparence des travaux de l’Ordre, des commissions, des ordres du jour, et des rencontres les plus fréquentes possibles…
  • accentuer l’ouverture du barreau à la cité, à la société civile. Cela a déjà été initié par le bâtonnier Nicolas Bedel de Buzareingues. Nous allons nous inscrire dans cette continuité et amplifier cette ouverture en représentant le barreau dans tous les domaines de la vie de notre territoire : économique, universitaire, institutionnel, politique…

Il y a un volet offensif, qui consiste à représenter le barreau dans les formations d’excellence, à l’université, dans les services de développement économique de la région, à la CCI, dans le tissu économique… Et un volet défensif qui consiste à défendre le périmètre du droit et défendre les confrères lorsqu’ils en ont besoin. Nos thématiques sont complétées par des sous-thématiques concernant les jeunes avocats, la transparence, le collaboratif…”

Iris Christol : “Ouvrir l’Ordre aux confrères et rassembler signifie que chacun trouve sa place et qu’au sein des commissions interviennent des avocats qui ont des compétences sans pour autant être élus membres du Conseil de l’Ordre. Notre barreau a des richesses extraordinaires en termes de compétences. Il est fondamental pour nous de fédérer les énergies et les compétences au service du collectif.

Nous avons rencontré des gens merveilleux pendant cette campagne. Quoi qu’il arrive, nous serons de bien meilleures personnes et de bien meilleurs avocats parce que nous avons été au contact de tous les modes d’exercice et de tous les talents, de toutes les compétences. Nous avons rencontré des gens qui ne sont pas élus à l’Ordre mais qui sont experts dans une matière sans qu’on l’ait su.

Nous voulons donner à voir le travail de l’Ordre pour que chacun se sente concerné. Nous ne voulons pas donner l’impression qu’au Conseil de l’Ordre sont décidées des choses qui nous échappent. Ça nous appartient à tous. Il faut donc ouvrir des commissions à toutes les personnes compétentes qui veulent y travailler, et rendre compte de ce que font ces commissions. L’aspect collaboratif permet que chacun puisse apporter sa pierre à l’édifice pour se mettre à la disposition du collectif. Nous voulons rassembler tous les avocats quel que soit leur mode d’exercice pour que chacun se sente chez lui.”

Quels sont les qualités et les atouts de votre double candidature ?

Maxime Rosier : “Notre binôme est paritaire homme/femme. Nous avons longuement discuté sur la place de chacun. Iris a choisi d’être vice-bâtonnier pour des raisons qui lui appartiennent. Je ne me suis pas autoproclamé bâtonnier. Nous avons émis l’idée d’un cobâtonnat plutôt que d’un bâtonnat et d’un vice-bâtonnat.

Par ailleurs, nous sommes représentatifs du barreau et de sa diversité d’aujourd’hui. J’appartiens au barreau de droit public, et je suis plus proche du barreau d’affaires. Pour sa part, Iris Christol appartient au barreau judiciaire et pénal. Elle a été membre du Conseil de l’Ordre. Elle est issue d’une famille d’avocats ; son père et son grand-père ont été bâtonniers. Nous représentons à la fois la modernité et la tradition, et nous avons une complémentarité de regards. La fonction de bâtonnier est une fonction multiple qui inclut la représentation du barreau ; autant être le plus représentatifs possible.

Ce sont des atouts majeurs. Nous avons aussi l’avantage d’apporter un regard nouveau. Nous avons consulté les confrères de Toulouse, Lyon, Marseille pour savoir ce qui se faisait dans des barreaux de taille similaire, afin d’apporter une méthode nouvelle, qui est celle de l’ouverture.”

Iris Christol : “Le barreau de Montpellier est composé de 1 300 avocats. Nous sommes nombreux. A deux, nous aurons deux fois plus de temps à consacrer à l’Ordre.

C’est d’autant plus nécessaire que dans les mois qui viennent, des réformes majeures impactant la fonction du bâtonnier se profilent. Nous avons anticipé tout cela, notamment la réforme des perquisitions du cabinet d’avocat, où le rôle du bâtonnier a été complètement modifié. Cela va de pair avec la modification du secret professionnel liée à la loi confiance du 22 décembre 2021. Une réforme de la déontologie entrera en application au mois de juillet, qui va faire en sorte que la déontologie et le disciplinaire des avocats soient calqués sur ceux qui s’appliquent aux médecins, avec une obligation de conciliation – qui jusque-là n’existait pas – à chaque fois qu’il y aura des contestations, des litiges, notamment avec les justiciables. Cela va prendre beaucoup de temps à mettre en place. Il faudra régler ces problèmes, sinon l’avocat aura affaire directement au conseil de discipline. Avec Maxime, nous avons décidé de nous répartir la tâche pour les arbitrages simples. Si l’arbitrage est compliqué et s’il y a besoin d’un double regard, nous travaillerons dessus à deux, le bâtonnier et le vice-bâtonnier, pour apaiser les conflits, trouver des solutions et éviter que cela ne tourne au juridictionnel. Notre objectif est d’être utiles à nos confrères.

Nous avons un double tempérament, nous avons l’habitude de travailler ensemble. C’est fondamental et indispensable pour affronter les défis majeurs qui se présentent.

Le monde a changé. Nous voulons représenter les avocats, les avocats conseils, les avocats avec ou sans robe. Ce n’est plus l’habit qui fait l’avocat. Etre avocat est un état – “le plus bel état du monde”, disait Voltaire. Etre avocat ne se limite pas au costume d’audience.”

Comment définiriez-vous l’avocat aujourd’hui ?

Iris Christol : Partenaire essentiel de justice et praticien universel du droit, il accompagne, construit, défend, trouve les solutions les plus adaptées pour ceux qui ont recours à ses services. Le socle commun est la compétence, juridique ou juridictionnelle ; la confiance, garantie par le secret professionnel et la déontologie qui doit tous nous animer ; l’indépendance pour laquelle nous nous sommes battus au niveau national, fondamentale pour conseiller utilement ceux qui ont recours à nous. Il doit expliquer, faire œuvre de pédagogie. Tout cela fait avocat.”

Maxime Rosier : “L’avocat, aujourd’hui, est à la fois l’héritier de celui qui se lève pour défendre la personne que la foule veut lyncher, l’héritier de cette figure qui se lève contre l’injustice ; et un professionnel confronté à la profusion de textes, aux défis de la transition environnementale et numérique, à l’accroissement de la concurrence. C’est un acteur du droit qui doit être en permanence dans l’adaptation aux contraintes modernes.

L’avocat est parfois vu comme un gêneur. Le secret professionnel est en danger, certains veulent réduire le périmètre et le champ d’action de l’avocat dans le cadre d’une justice qui se clochardise un peu, par manque de moyens. L’avocat d’aujourd’hui doit lutter plus que jamais, avec le soutien de l’Ordre. Il doit défendre ses valeurs et s’adapter aux contraintes nouvelles.”

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