Montpellier : un Printemps des Comédiens qui scrute notre société

Pour sa 34e édition, le Printemps des Comédiens propose une programmation variée avec des créations qui questionnent des problématiques actuelles.

C’est une édition particulière et attendue qui a déjà débuté. Pour sa 34e édition, le Printemps des Comédiens questionne des problématiques actuelles. De tout temps, les artistes se sont nourris du monde qui les entoure pour créer, comme éponges ou témoins du temps présent. Pour les spectateurs qui n’ont encore eu le plaisir de retourner au théâtre, pas d’inquiétude. Le festival continue jusqu’à la fin du mois de juin dans la dizaine de théâtres montpelliérains. Retour sur ce que le public peut encore aller voir.

Place de la femme

Les imprudents

Du 18 au 20 juin – Domaine d’O, salle Paul-Puaux

D’après des textes et des dires de Marguerite Duras, la compagnie Les Merveilleuses propose une création originale autour de l’autrice. Régulièrement invitée sur les plateaux télé, Marguerite Duras s’est un jour prêtée à un exercice : inverser les rôles. Ce fut à elle d’interviewer les invités. Isabelle Lafon met en scène un éventail de personnages allant de la femme de mineur au dompteur, ou bien encore une stripteaseuse. Ces entrevues creusent les portraits de l’intervieweuse, si bien qu’à la fin, bien qu’elle ne soit pas présente sur scène, elle apparaît. Un hommage drôle et inattendu à celle qui a été l’une des plus grandes autrices de sa génération.  

Ce qu’il me reste

Du 22 au 26 juin – Hangar Théâtre 1

Création originale initiée dans le cadre des cartes blanches données aux élèves de l’ENSED de Montpellier, Ce qu’il me reste s’appuie sur des textes de Pierre Bourdieu, Simone de Beauvoir et Annie Ernaux autour de l’héritage féminin. La metteuse en scène Louise Arcangioli a lancé ses comédiens à la recherche de ce qu’ils ont pu assimiler de leur mère, de leur famille, de ce qu’il leur est possible de déconstruire et réinventer. Dans un décor de maison familiale, cinq femmes construisent une table. C’est ce chantier qui permet aux personnages de créer leurs propres espaces scéniques, psychiques et poétiques dans lesquels les comédiennes interrogent leur place de femme dans la famille et la société.

Portrait de société

Le silence des confettis

Du 17 au 19 Juin, à la Bulle Bleue

Décor de fête… laquelle, on ne sait pas. Un mariage, un anniversaire ? Les gens y sont réunis et sont heureux. Pourtant, des silences, des non-dits et des secrets circulent dans la salle. Cette réception à deux visages interroge le besoin d’être ensemble, de ritualiser des passages de la vie et paradoxalement les grandes solitudes malgré le collectif. Les compagnies La Hurlante et l’Autre Théâtre ont réfléchi ensemble sur ces silences qui en disent long, et sur l’importance du corps, de la danse, du chant pour ne pas tomber.

Notre rapport à la Terre

Mon corps c’est le monde (MCCM)

Du 23 au 26 juin – Hangar Théâtre 1

Auteur, acteur, metteur en scène, directeur de l’ENSAD de Montpellier et du Hangar Théâtre, Gildas Milin a écrit une fiction sur le terrorisme écologique pour les comédiens issus de la promotion de l’école diplômée en 2020. Des jeunes gens atteints, pour la plupart, de maladies environnementales – sclérose en plaques, myofasciite à macrophages, fibromyalgie, trouble de l’évolution du développement, troubles neuropsy – ont commencé à faire le rapprochement entre la destruction de leur corps et la destruction du monde. Ils ne croient plus à une transition écologique. Leur ambition : provoquer des accidents majeurs de façon à bousculer l’humanité et la forcer à lutter pour sa survie avant que n’arrive la « catastrophe ultime » qu’ils envisagent.  Au sein d’une scénographie épurée, quasi-clinique, Gildas Milin conduit ses élèves à développer une énergie collective impressionnante.

Un ennemi du peuple

Le 18 et 19 juin – Amphithéâtre d’O

Le docteur Stockmann veut prévenir les habitants d’une ville norvégienne de la contamination des eaux thermales, source première de leur prospérité. Le scientifique est rejeté quand les habitants comprennent que cette vérité pourrait aller à l’encontre de leur richesse. Il est donc déclaré « ennemi du peuple », démis de ses fonctions et perd le soutien des personnes qu’il pensait ses alliées. Ecrite en 1883 par le célèbre auteur norvégien Henrik Ibsen, cette puissante comédie satirique frappe à l’endroit de toutes nos angoisses face aux dérèglements climatiques d’aujourd’hui. Dans une mise en scène signée Jean-Francois Sivadier, la pièce fait largement écho à notre actualité écologique, tant les intérêts financiers sont le moteur des décisions politiques.

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