Montpellier : une enquête lancée par Gérald Darmanin sur l'accueil des victimes de violences sexuelles au commissariat central

Fin septembre, la militante féministe Anna Toumazoff alertait le grand public, via Twitter, sur les étranges questions auxquelles sont soumises les victimes de violences sexuelles au commissariat de Montpellier, soulevant l'indignation du public.

Photo : Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur

Des propos étonnants

Anna Toumazoff s’insurgeait alors sur les méthodes du commissariat central de Montpellier, affirmant : “on demande aux victimes de viol si elles ont joui”, “on explique aux victimes de viol qu’une personne qui a bu est forcément consentante”, “on refuse de recevoir des victimes de viol en raison de leur tenue”. Une vague de hashtag #doublepeine avait suivi, relatant de nombreuses défaillances de policiers et gendarmes lors du dépôt de plainte, voire des cas où les victimes étaient dissuadées de porter plainte.

Réaction à chaud du préfet de l’Hérault

Le préfet de l’Hérault, Hugues Moutouh, avait alors condamné “avec fermeté”, dans un communiqué “les propos diffamatoires tenus récemment sur les réseaux sociaux”. Selon lui, “face à cette nouvelle attaque publique hors de propos, le ministère de l’intérieur se réserv[ait] la possibilité d’agir en justice”.

Une enquête confiée à la DCSP

Face aux nombreuses réactions d’indignation suscitées par les affirmations d’Anna Toumazoff et aux multiples témoignages du même type recueillis sur les réseaux sociaux, le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, a finalement indiqué hier, mardi 12 octobre, aux députés avoir ordonné l’ouverture d’une enquête sur l’accueil des victimes de violences sexuelles au commissariat de Montpellier. C’est à la direction centrale de la sécurité publique (DCSP) qu’il incombe de mener cette enquête, le but étant de tirer “toutes les conséquences” de ce qui sera mis au jour au cours de cette enquête.

Recueil des plaintes à domicile

Par ailleurs, le ministère de l’intérieur va tester le “recueil chez autrui” des plaintes de victimes de violences conjugales, trop effrayées pour rendre dans un commissariat. On saura prochainement quels départements sont concernés par cette expérimentation. Par ailleurs, le dépôt de plainte à l’hôpital, en cours d’expérimentation, sera prochainement possible dans toute la France.

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