Salon Viva Tech : grands groupes et start-up affichent leur mariage

Plus de 100 000 visiteurs se sont rendus au récent salon Viva Tech, à Paris. Un succès pour l'événement qui illustre le développement de l'Open Innovation, grands groupes et start-up s'associant pour combiner puissance et agilité.

Une vraie ruche. Certes, ce n’est pas encore le Consumer Electronic Show (CES), la grand-messe des innovations technologiques qui se déroule à Las Vegas depuis 1967. Toutefois, le salon Viva Tech, qui s’est tenu à Paris du 24 au 26 mai, a suscité un véritable engouement : sa troisième édition a attiré plus de 100 000 visiteurs, soit 47 % de plus que l’année précédente, d’après les organisateurs, Publicis Groupe et le groupe Les Echos.

Dans les allées bondées, l’enthousiasme était palpable, face, par exemple, à la maquette de Pop-Up, la voiture volante conçue en partenariat par l’avionneur Airbus et le constructeur automobile Audi. Autre point fort du salon : la visite de la réplique de l’habitacle de la station spatiale internationale (ISS) sur le Lab Accelerate Innovation by HPE. Hewlett Packard Enterprise, dont le supercalculateur équipe la station de la Nasa, disposait sur le salon de 400 m2, et y présentait notamment 24 start-up qui innovent dans le champ de la mobilité, des objets connectés industriels et des services. Exemple : Batvoice, une solution qui, via des mots-clés, permet d’analyser les points bloquants dans les conversations des centres d’appels, afin d’en améliorer l’efficacité.

Suivant le même principe, d’autres entreprises – dont le cœur de métier est loin de la technologie – présentaient leurs pépites : le très chic espace loué par le groupe de luxe LVMH (Moët, Hennessy, Louis Vuitton) hébergeait une trentaine de start-up, comme AlgiKnit, qui crée des textiles à partir de biopolymères renouvelables, ou Bobbli, auteur d’une solution permettant aux utilisateurs d’acheter des produits vus au cinéma ou à la télévision. Même démarche dans le Hospity Lab d’AccorHotels…Autant de mises en scène d’une démarche qui se développe toujours plus, l’Open Innovation : les grands groupes aux process structurés et longs misent sur l’agilité des start-up pour explorer des voies d’avenir de leur métier. Avec, en contrepartie, un accompagnement qui peut être financier, logistique et de compétence…

Un trio associant start-up, groupes et territoires

Entre les deux parties, certains jouent les intermédiaires, comme BigUp for Start-up, présenté lors d’une conférence sur le salon, le 24 mai. Né en 2015, ce dispositif compte une trentaine de groupes partenaires, comme Orange ou la Poste, et revendique une soixantaine de contrats signés entre eux et des start-up. « Il peut s’agir de l’achat d’une solution, de la réalisation d’une expérimentation ou alors de l’intégration dans un programme d’innovation de l’un des partenaires, comme Start’ inPost », précise Pierre Billet, cofondateur de BigUp for Start-up. « Beaucoup de grands groupes ont mis en place des démarches d’Open Innovation, et les ETI [entreprises de taille intermédiaire] commencent aussi à s’y mettre. Ils ont compris que c’était important pour innover rapidement. Les start-up ont de plus en plus de possibilités de travailler avec les grandes entreprises », constate Hugues Hansen, directeur général de Start’ inPost, l’accélérateur du groupe La Poste, qui propose du « partenariat business », de l’« accompagnement méthodologique » et du « financement via un investissement minoritaire ».

Attention, toutefois, la démarche n’est pas exempte de difficultés, prévient Hugues Hansen. Parmi les points délicats figurent notamment les questions de contractualisation entre les deux entreprises. Spécificité de la démarche de BigUp for Start-up,la prise en compte de la dimension territoriale dans l’organisation de la rencontre entre start-up et grandes entreprises. « Il s’agit de trouver l’articulation entre innovation et territoire (…). Aujourd’hui, dans un contexte de baisse des dotations de l’Etat, les territoires ont besoin de trouver des solutions qui leur correspondent précisément. En fonction de leurs activités et de leurs spécificités, ces solutions sont différentes », note Marianne Delachaume, responsable des projets innovation à la Caisse des Dépôts, qui soutient BigUp for Start-up. De fait, la logique territoriale n’était pas absente sur Viva Tech : la région Auvergne-Rhône-Alpes présentait une trentaine de start-up dans les filières agroalimentaires et le Centre-Val de Loire, un lab Govtechdédié à la transformation numérique des services publics et des territoires.

Anne DAUBREE

Le plan du gouvernement pour encourager les start-up. L’Etat va renforcer son soutien aux start-up, a promis Mounir Mahjoubi, secrétaire d’Etat au Numérique, sur le salon. Par exemple, le dispositif France Expérimentation, qui prévoit des dérogations légales ou réglementaires pour permettre aux start-up d’innover, sera renforcé dans le cadre de la future loi Pacte, qui doit être présentée en Conseil des ministres le 20 juin. Le financement aussi devrait être amélioré : le montant autorisé par projet pour le financement participatif (crowdfunding) devrait passer de 2,5 à 8 millions d’euros.

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