A propos de l’Écopôle de « La Vallasse » et de la « torche à plasma »

  Je lis attentivement les différentes interventions à propos de l’Écopôle de «La Vallasse »…

 

Je lis attentivement les différentes interventions à propos de l’Écopôle de «La Vallasse » ou de la « torche à plasma ». Débat passionnant et parfois un peu trop passionné.

J’ai mis beaucoup de temps à me déterminer. Aujourd’hui, si j’ai encore des doutes, au fil du temps et de mes expériences, j’ai acquis certaines certitudes, c’est pourquoi je participe au débat en tant que simple citoyen en apportant modestement ma pierre à l’édifice.

 

Première certitude : l’ Écopôle de « La Vallasse » ne répond pas aux enjeux de ce début de XXIème siècle. C’est avant tout un centre d’enfouissement technique repeint en vert.

Ce projet ne s’inscrit pas dans le concept de développement durable dans la mesure où il va porter atteinte à l’environnement , porter atteinte à l’économie de nos communes qui n’auront pas d’autre choix que d’accepter le prix fixé par l’entreprise privée qui sera en position de monopole ; quant à l’aspect social, parlons-en, ce sont les familles les plus défavorisées qui seront touchées par l’augmentation importante de la Taxe sur les Ordures Ménagères.

Deuxième certitude : il ne serait pas responsable de se contenter de dire non à l’ Écopôle de « La Vallasse ». Il n’est ni acceptable, ni légal, que nos ordures ménagères partent vers des départements voisins. Une solution alternative s’impose, mais laquelle ?

C’est là que les divergences apparaissent, tout le monde, ou presque, étant opposé au projet présenté par Villers Service.

Pour comprendre ces divergences, un petit historique sur la réglementation s’impose. Pour l’essentiel, le traitement des déchets ménagers est régi par la loi du 13 juillet 1992 qui impose :

  1. de limiter la production de déchets à la source (tout reste à faire)
  2. d’appliquer le principe de proximité (pas de déchets dans les départements voisins)
  3. de valoriser les déchets sous forme de matière où d’énergie
  4. de limiter, aux seuls déchets ultimes, la mise en décharge

Résultat : dans les zones urbaines notamment, on s’est engouffré dans une des failles de la loi, en faisant du “tout incinération”, oubliant le recyclage et la valorisation des matières, avec en prime, la production de dioxines et de furanes

C’est pour mettre un terme à cette dérive qu’en mai 1998, apparaît la circulaire Voynet qui hiérarchise les modes de traitement (valorisation matière, plutôt que valorisation énergétique) et qui redéfinit la notion de déchet ultime.

A l’époque, j’ai applaudi ces nouvelles dispositions. Avec les autres élus du SITOM du Sud Biterrois, nous l’avons mise en application en réalisant l’usine de tri-compostage.

Le plan départemental d’élimination des déchets s’inspire largement de cette circulaire.

Vingt ans après, fort de l’expérience vécue et au regard des objectifs fixés par le plan départemental, on ne peut se satisfaire de continuer à enfouir dans le sous-sol, près de 50 % et parfois plus, des déchets entrants.

 

Troisième certitude : il est de notre devoir de trouver une solution plus respectueuse de notre environnement, plus respectueuse à l’égard de l’avenir de nos enfants. C’est là qu’intervient ce que certains appellent “la torche à plasma”, terme impropre qu’il convient de remplacer par “procédé de gazéification” qui était utilisé par nos arrières grands-parents pour produire le gaz de ville à partir du charbon.

Ce qui change aujourd’hui, c’est l’outil qui sert à réaliser cette gazéification (qui au passage n’a rien à voir avec une incinération comme j’ai pu le lire). Cet outil n’est autre qu’une torche à plasma utilisée sans problème depuis des décennies dans l’industrie. Depuis une dizaine d’années, elle est utilisée pour détruire les déchets industriels spéciaux (DIS) tels que l’amiante.

Cette technologie présente de nombreux avantages par rapport à l’incinération : pas de production de dioxine ni de furanes, moins de déchets ultimes, moins de CO² rejeté, meilleur rendement …

On peut se demander pourquoi cette technologie n’a pas été utilisée plus tôt pour traiter les ordures ménagères. Tout simplement parce que le coût était prohibitif. Les avancées technologiques, au niveau de la torche à plasma, peuvent aujourd’hui permettre le traitement à un coût acceptable.

Pour autant, quelques difficultés et quelques interrogations demeurent :

–   la gazéification des ordures ménagères brutes ne fonctionne pas. Je dirai que c’est une chance, car cela va éviter de tomber dans l’erreur commise avec l’incinération et donc, nous obliger à appliquer la loi dans son intégralité. Il faudra réduire les déchets à la source, trier, recycler, valoriser la matière et enfin gazéifier ce que l’on met aujourd’hui en décharge.

La gazéification n’est pas une fin en soi, mais un des maillons de la chaîne qui mène des déchets bruts aux déchets ultimes. Quand on alimente la torche à plasma avec des déchets homogènes, cela fonctionne même si quelques ajustements demeurent nécessaires et des expertises sont encore à faire concernant le bilan énergétique.

– une inquiétude également peut porter sur la tenue dans le temps des vitrifiats qui renferment les substances toxiques, puisque nous n’avons pas le recul nécessaire. Mais quoiqu’il en soit, cela constitue un progrès par rapport à la situation actuelle où l’on enfouit directement les substances toxiques dans les casiers.

Entre immobilisme et aventurisme, je suis persuadé qu’il existe une voie médiane qui consiste à avancer pas à pas, les yeux grands ouverts, en regardant vers l’avenir et en toute transparence.

Nous le devons à nos populations, mais aussi aux générations futures.

 Claude Exposito

 

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