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AGDE - L'ESPERANCE a bon port au chantier ALLEMAND

L'ESPERANCE est enfin à quai aprés plusieurs jours de travaux  il vient d'être mis sur câle ce matin au Chantier ALLEMAND du Grau d'Agde Mieux que nous l'association LOU CAPIAN DE THAU évoque l' Espérance : Voici son histoire: Ce bateau a été construit à Agde sur le chantier VIDAL en 1880 et mis à l'eau le 8 Mars 1881. […]

L'ESPERANCE est enfin à quai aprés plusieurs jours de travaux  il vient d'être mis sur câle ce matin au Chantier ALLEMAND du Grau d'Agde

Mieux que nous l'association LOU CAPIAN DE THAU évoque l' Espérance :

Voici son histoire:

Ce bateau a été construit à Agde sur le chantier VIDAL en 1880 et mis à l'eau le 8 Mars 1881.

Un poids estimé à 20 tonnes, 14 tonneaux, long de 15m, large de 4,70m avec une antenne de 24m et un boute-hors de 7m, il était propulsé par 140 à 200 m2  de voile. Nous retiendrons que ces bateaux étaient construits à l'époque pour travailler 15 ans et considérés comme “finis”, étaient revendus.

Le chêne dont on l’a gratifié a été planté au cours du 14e Siècle en plein Haut Moyen Age et fin de la Période Romane sous François 1er.

Pendant 11 ans, ses apports ont fait vivre une famille Agathoise les MALAVAL, Joseph, Victor et Hubert qui avec Severt Malaval possédaient trois bateaux bœufs : l' “Espérance”, le “Providence” et l' “Indépendant”, tous trois construits à Agde entre 1880 et 1883. Le « Providence » était « la conserve » de l’Espérance et la maquette de « l’Indépendant » est exposée au musée d’Agde. Son immatriculation est : 107 A puis 519 A (Agde).

 En 1892 il est vendu et arrive à Séte pour le compte de Benoît ESTENTO et Pasquale COLLOZO  qui le garderons 8 ans .

En 1901 il est racheté par un autre COLLOZO, probablement Diogène qui le gardera jusqu'en 1938 soit 37 ans. Belle carrière, à sa vente, il a déjà 57 ans !

 En 1938 il fut vendu au chantier naval de Sète : SCOTTO ET REPETTO qui l’on probablement rebaptisé «  Dauphin » et motorisé tout en conservant le mât mais en supprimant l’antenne, le boute-hors et bien sur, les voiles. Il continuera la pêche jusqu’en 1944, date à laquelle nous retrouvons des témoignages photos (cartes postales) dans le port de Séte. Le Dauphin a 63 ans !

En 1944, il fût cédé à la société de travaux maritimes PRIORE-BORNIOL-GABAUDAY-BARTHES, des plongeurs, qui l’amènerons à Nice où il fera du déminage, coque en bois oblige et ravitaillera l'escadre Américaine au large de Villefranche sur Mer.  Ils le garderont 1 an.

En 1945, il passe aux mains de Monsieur  PASTOR, il semble qu'il soit antiquaire sur Nice et qui le conservera jusqu'en 1957 soit 12 ans.

 De 1957 à 1959, il est la propriété de Mr JUMELIN, radiologue et plongeur, grand amateur d'épaves et amis des CHEREZY et PASTOU avitailleurs sur Cannes et Villefranche. Il a 78 ans !

En 1959, il passe aux mains de Mr Jacques BOISSY, plongeur professionnel et scaphandrier qui travaille sur tout le littoral avec comme partenaire Mr BRICH alors Champion de France de plongée libre. BOISSY décédé, BRICH trouve un autre associé Mr CAPIEN. Nous retrouverons des traces de ses passages à Cannes et Monaco avec quelques témoignages écrits et filmés notamment en 1962 et 1965 où il servit aux recherches d’une épave romaine dans le port de Monaco et de bateau de secours pour la sécurité des grands prix de formules 1 sur le rocher, il travailla à l’enrochement de Fonvieille et participa  au tournage du film “Grand Prix” de John Frankenheimer en 1965 avec Yves Montand, James Garner et Françoise Hardy dont ce sera la première apparition à l'écran. Son immatriculation à ce moment est : MC 1731 ( Monaco).

La Princesse Grâce et son fils Albert aurait appris les rudiments de la plongée sous marine sur le Dauphin.

Après le décès de Mr Boissy,  une vedette de 17 mètres de la police maritime de Monaco de type P 16500 portera son nom de 1973 à 1990. En 1978, après ces 21 années aux mains de plongeurs professionnels et amateurs, il fût revendu à un architecte Parisien, Mr ROUX, qui le conservera 2 ans.

En 1980, son nouveau patron Mr ADAMIAK, le laissera sans entretien pendant 1 an avant de le revendre à un groupe de 3 amis Strasbourgeois Mrs BAADE, HAJEK et KOCHER qui le ramèneront par les canaux jusqu'à Strasbourg pour le restaurer et le modifier de 1981 à 1987. Il changera de numéros en devenant : NI 457065 (Nice). Il a alors 100 ans !

Le bateau ira faire une longue balade par les canaux en Allemagne, Belgique et Hollande et naviguera en mer du Nord.

 C’est lors de ces travaux en Alsace qu’ils feront examiner une pièce de bois prélevée sur le squelette afin de pouvoir dater la structure. La dendrochronologie est le nom de cet examen qui leur a permis de situer l’époque où le bois de ce navire à été planté. (Cité au début du récit.)

 En 1987, transformé en yacht de plaisance avec roof et cabine il rejoindra Canet en Roussillon et y restera 20 ans, il naviguera au grès des vacances jusqu’en 2000 et restera 8 ans à quai où l'association LOU CAPIAN DE THAU l'a retrouvé et acheté en Octobre 2008. Il est probablement le plus vieux bateau de travail des côtes de France connu à ce jour !

L'association lui redonne son nom de baptême et son quartier maritime : ESPERANCE 1881, ST 457065 il attendait patiemment d'être restauré sur un chantier naval d’ Agde .

Son retour en Agde s’est fait  par la mer et la remontée de l’Hérault en remorque de la vedette de Gendarmerie Maritime de Sète le 19 Mai 2009 ou  il est malheureusent mis a mal a la suite d'un acte de malveilla,ce à un acte de malveillance.

S'en suivirent deux vaines  tentatives de renflouement en 2009 et 2010. 

La ville d'Agde entreprend de redevenir propriétaire du navier afin d'engager ele processus de restauration engagé cette année .
Renfloué , le bateau a pris la direction du chantier ALLEMAND du Grau d'Agde pour y être  restauré. 

 La cité d’Agde fut le  plus grand constructeur de tartane de pêche dite « au bœuf ».

Pour exemple : entre 1861 et 1880, 30 bateaux bœufs ont été construits pour la ville de Cette (Sète),

 25 le furent à Agde, 3 à Port la Nouvelle, 1 aux Martigues et 1 à la Ciotat. Ce n’est qu’au début du 20e siècle que des « bœufs » seront construits à Sète

La pêche aux bœufs ou « baou », est développée par les Catalans au XVII° siècle puis interdite sous « peine de la vie » dans leur pays, a été transportée en Roussillon et pris son essor dans cette région ultérieurement avec l’arrivée d’hommes du sud de l’Italie qui en ont assuré la pertinence économique.

La pêche aux bœufs est la démonstration des synergies, des circulations et des ouvertures qui ont fait la force de l’Europe.

(Un magnifique article de Mr Bernard Vigne est à découvrir ou redécouvrir dans le n° 89 du “Chasse Marée” de Juin 1995 : “Les bateaux bœufs de Sète”)


Par ailleurs Michel DESNOS dépositaire d'une partie de notre mémoire Agathoise a éxhumé quelques clichés du bateau boeuf en  2009 alors qu'il était encore à flot et en  2011 lors de la premièretentative de renflouement

Vous pouvez également les retrouver sur nos pages FACEBOOK

AGDE – FLASH BACK – 22 mai 2009 – L'ESPERANCE : Touchée !

AGDE – FLASH BACK – 25 Mars 2010 – L'ESPERANCE : Coulée !


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