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AGDE- RUGBY - Interview Vérité du Président Jean-Luc FABRE par Henri GEOGFFROY

RENCONTRE AVEC JEAN-LUC FABRE, PRESIDENT DU RUGBY OLYMPIQUE AGATHOIS M .Jean-Luc Fabre, on dit que vous êtes comme René Périlloux, une tête plate ! C’est vrai,  je suis né à Carcassonne, voilà 57 ans. Une partie de ma famille est de l’Aude, de Pradelle en Val, un petit village des Corbières entre Lagrasse et Carcassonne. Et comme […]

RENCONTRE AVEC JEAN-LUC FABRE, PRESIDENT DU RUGBY OLYMPIQUE AGATHOIS

M .Jean-Luc Fabre, on dit que vous êtes comme René Périlloux, une tête plate !

C’est vrai,  je suis né à Carcassonne, voilà 57 ans. Une partie de ma famille est de l’Aude, de Pradelle en Val, un petit village des Corbières entre Lagrasse et Carcassonne.

Et comme René, vous avez baigné dans  le jeu à treize, une véritable institution à Carcassonne.

Le demi-frère de ma mère tenait le siège de l’AS Carcassonne pendant ses grandes années. Et ma mère était la meilleure amie de Madame Puigaubert !

Ouh là, Pipette, un grand Monsieur du Rugby !

C’est même le seul joueur qui a sa statue en Australie ! Vous comprenez maintenant pourquoi je suis si passionné !

Et à l’inverse de Pipette, vous avez franchi le rubicon mais vers le 15 ?

Et oui, mes parents s’exilèrent à Agen et bien entendu, je fis mes premières passes au SUA de l’école de rugby aux cadets soit 20 ans de ma vie, imprégné du jeu à l’agenaise.

Racontez-nous votre carrière

Après mon bac en 75,  je fis le choix de m’inscrire à la faculté de droit de Montpellier, mon père étant de Servian. J’accomplis mes quatre années de droit jusqu’à la maîtrise.

Mais, tout en poursuivant mes études, je jouais ma passion à Servian dans le fameux Championnat du Languedoc.

Et vous posez votre sac à Agde !

Oui, pour raison professionnelle. Lors de mon mariage en 84, un ami de mon père me proposa de reprendre son cabinet d’assurance et j’acceptais.

J’intégrais en 89, l’école de rugby du ROA comme éducateur.

En 93, Michel Millet et Jean-Marc Numérin sont venus me proposer la Présidence. J’acceptais car je suis un homme de défi. Je m’étais fixé un objectif : que le club gravisse un échelon tous les deux ans.

De la 1ère série en 2001, je visais la F2 en 5 ans.

Ma politique est simple, au terreau agathois, je voulais y ajouter des anciens joueurs de l’AS Béziers ayant l’âme d’éducateur. J’avais d’excellents entraîneurs, Lionel Thiers et André Fabre, et je voulais leur offrir deux joueurs de haut-niveau. Je suis allé chercher Didier Saignes et Philippe Bonhoure.

Des grosses pointures ! Philou dit le funambule, deux fois champion de France ! Bravo.

Et Didier, un excellent troisième ligne qui  ne connut pas la grande ASB ! Dommage pour lui.

Lors de notre entrevue sur les Allées Paul-Riquet, Philou dans son style direct me dit : »je suis ton homme mais en 10 ! »  Je remarquais vite sa passion pour le rugby et je savais déjà que c’était l’homme de la situation.

Et comme je n’aime pas faire les choses à moitié, je réussis à m’adjoindre encore deux grands de l’ASB, l’international Alain Paco, et Diégo Minaro, tous deux bardés de titres de champions de France.

Mais vous êtes un peu le Christian Labit agathois, vous faîtes votre marché à Béziers !

Oui, si on peut dire ! J’étais forcément heureux que des grands de l’ASB viennent chez nous, apporter leur expérience. D’ailleurs, quand je suis parti en 2001,  la mission était accomplie. Le ROA était en F2.

Et puis, je voulais me consacrer à mes deux enfants.

Et vous avez cédé aux chants des sirènes après six ans de recul !

Oui en 2007, Les mêmes missi-dominici sont revenus me chercher. Ils avaient l’âme en peine, le ROA se traînait à la dernière place de la F3. Il fallait sauver les meubles pour éviter la descente en « Honneur »

Et vous vous êtes fixé encore un objectif !

Le constat est simple, je suis obsédé par les montées. La F1 en trois ans !

Ma politique, c’est de croire à la force d’un groupe qui a des racines régionales. Je suis hostile au recrutement étranger et je l’ai démontré en accédant à la F1.

On ne peut que s’incliner devant votre politique. Quel autre club en France peut se targuer de monter des « séries régionales » jusqu’au plus haut niveau de l’élite amateur ? D’autant que la poule est constituée d’anciens clubs de la défunte première division.

Les « montées » sont difficiles mais gérer un maintien est pire ! Notre poule, vous l’avez dit, est constituée d’anciens pensionnaires de la Première division, voire du Top 14 avec Bourgoin.

Il faut s’investir corps et âme. J’y laisse du temps, de l’énergie, de la fatigue. Je veux y croire jusqu’au bout car cela me tient à cœur.

Notre région devient un désert du rugby. Il ne reste que nous en F1. Nous devons résister !

Votre tempérament de Président est bien à l’image du demi-de-mêlée, fougueux et impétueux que vous fûtes. On se souvient d’une déclaration faite à l’entraînement après les deux défaites à Romans et Châteaurenard : » Un Président doit avoir trois qualités, être jobastre, jobastre et jobastre  ! »

Oui, et vous pouvez ajouter la passion qui est la qualité fondamentale.

Vous n’êtes pas tendre avec vos joueurs et quand ça ne va pas, les murs en tremblent. Mais par contre, ils vous aiment, ça se voit et lors des victoires, ils vont vers vous. On vous a vu sur les épaules des gars après le match contre la bête noire Rodez. Un signe qui ne trompe pas.

Je les considère comme mes enfants. Ils peuvent me demander n’importe quoi, je suis avec eux. Je marche à l’affectif. Je ne poursuis aucun intérêt bien au contraire. Je ne brigue rien, je suis un homme libre. Mon seul but c’est de maintenir le club au plus haut niveau amateur.

Je suis excessif, je le reconnais mais rien ne se fait dans la neutralité.

Pour en revenir au recrutement, vous avez fait dans le « régional » en appelant en des valeurs simples, comme l’amour du maillot ou à l’esprit de revanche pour des joueurs écartés de leur club.

Est-ce suffisant ? On ne voit pas les incontournables piliers géorgiens ou les fringants coursiers des iles !

Si je réussi, j’aurais raison dans mon recrutement et si j’ai tort, j’en tirerai les conséquences mais je persisterai toujours dans cette politique de recrutement.

C’est déjà compliqué de se comprendre entre nous sans rajouter la barrière de la langue. Je ne me vois pas parler aux joueurs en anglais et je ne vois pas comment on peut faire passer des nuances de discours à des nationalités différentes.

Le début de saison fut exemplaire pour un promu et a même surpris le monde de l’ovalie mais depuis un mois, l’équipe marque le pas avec trois défaites à Romans, Châteaurenard et Blagnac, logiques tout de même mais une défaite à la maison contre Valence,( un des gros de la F1, pour ne pas noircir le tableau.) Mais, dans cette poule serrée  cette défaite vous met en position délicate pour le maintien.

Nous avons eu notre effet de surprise au début mais au bout d’un moment les équipes en face  ont décrypté notre façon de jouer. Nous avons affaire à des équipes qui ont des contrats » pro » avec entrainement quotidien.

Nous, on s’entraine comme des équipes de séries avec deux entraînements par semaine.  On ne lutte pas à armes égales et par le budget et par la préparation  quotidienne donc forcément on est sur le fil du rasoir et il nous manque toujours quelque chose pour pouvoir rivaliser.

Globalement, êtes-vous satisfait des joueurs ? Ne manque-t-il pas un patron devant, comme peut l’être Damien Vidal pour les arrières.

C’est sur qu’il manquera toujours un joueur emblématique que chaque club possède en son sein mais nous allons compenser par l’envie et le combat.

Autant,  on a un manque budgétaire et des capacités à s’entraîner au quotidien, autant  je suis un des rares présidents de la poule à être fier de l’équipe B qui fait un parcours remarquable (1er de la poule) avec des entraîneurs passionnés et qui s’entendent bien. Notre titre de champion de France 2010, atteste notre politique de club complet. Je tiens à rendre hommage à deux entraîneurs attachants, Stéphan Girard et Laurent Valle qui pousuivent la belle aventure ensemble.

Mais tout le club est tributaire des résultats de l’équipe Une.

 Je souligne qu’en 2007, il n’y avait pas de cadets proprement agathois. C’était des groupements hétéroclites avec des clubs comme Murviel, Cessenon et même Béziers.  Le pole jeune est spécifiquement agathois. Et la bonne santé chez les jeunes est éclatante ! L’école de rugby est une véritable pépinière avec des benjamins et des juniors Reichel, toujours invaincus.

Une anecdote, les benjamins ont joué, l’autre jour avec le bandeau autour de la tête comme à l’époque. Après une semaine de travail, ces jeunes sont mon ballon d’oxygène, le samedi matin !

Continuez ! Mais revenons à nos séniors. Les entraînements bihebdomadaires sont menés par des bons techniciens comme Michel Macurdy et Didier Cambérabéro dont on connaît le riche passé. S’ajoute un enfant du pays, lui aussi bon technicien doublé d’un meneur d’hommes, Jean-michel Millet .Et puis, quelle chance d’avoir un des meilleurs préparateurs français, Patrick Ballesta !

Mais, vous ne paraissez pas très optimiste pour la suite et le spectre de la descente hante vos nuits.

En temps que Président,  je me dois d’être réaliste. La situation est certes tendue mais je ne suis pas pour autant pessimiste.

Mais comment allez-vous faire pour gommer cette défaite à domicile contre Valence. Une défaite qui nous fait mal, très mal. Il reste les réceptions de Bourgoin, Aubenas (ce dimanche) et Romans, pour trois déplacements à Rodez, Lavaur et la Seyne.

C’est simple, on est contraint à un exploit à l’extérieur ! Mais défaites interdites chez nous !

Parlons maintenant des infrastructures du club. Le barnum vient d’être inauguré, les blocs vestiaires, club house, bureaux sont fonctionnels, le stade bien entretenu avec le terrain annexe synthétique.

Que manque-t-il ?

Oui, vous allez évoquer les tribunes…mais avant d’en parler pour faire fonctionner une telle entreprise, qui est une PME, il faut des partenaires, du public. Le tissu industriel est faible mais vous avez un gisement considérable de commerces et d’activités.  Avez-vous exploré toutes les voies ?

Toutes les voies sont explorées même si on fait des efforts et que le stade est bien garni, il est difficile de fédérer autour d’une ville tournée sur le tourisme. C’est une préoccupation quotidienne et l’une de mes inquiétudes. Les finances sont un souci au quotidien et pour alimenter la machine, cela de vient de en plus difficile. Je tiens quand même à remercier la municipalité qui nous aide dans la mesure de ses moyens et qui connait les efforts réalisés par le club formateur que nous sommes.

Je remercie  aussi les partenaires sans lesquels nous ne serions pas à ce niveau.

Concernant la tribune couverte, les études sont lancées et des projets nous seront soumis très bientôt.

Avons-nous oublié des points qui vous tiennent à cœur ?

Depuis 4 ans, le club applique la parité avec la féminisation. Le secrétariat général est tenu par une dame, Patricia GIRARD qui est l’épouse de l’entraîneur de la « B ». La trésorerie a été confiée à Patricia Rubio et l’Intendance de la boutique à Lilian Bergdoll qui est aussi, au chevet de la B. Elle est très bien secondée par Michelle Auque et Annie Peyras.

Beaucoup de femmes aussi dans l’encadrement du pole jeune avec Cathy Caumette, Myriam Montagné et Annie Galy et bien d’autres ! Nous avons même une Présidente des supporters, Sandra Rondel.

Autre point que je veux évoquer malgré la longueur de cette entrevue. Nous avons, tous deux, un point commun, l’admiration sans borne pour le rugby du Grand Béziers. Ce rugby biterrois n’a jamais connu d’équivalent sous la férule d’un entraineur hors pair, Raoul BARRIERE.

 J’ai des amis comme Alain Estève, Georges Senal, Alain Paco, Philippe Bonhoure, Diégo Minaro, Jean-Michel Cordier et j’en suis fier.

Allez, pour finir notre conversation, je vais parler de Georges. Georges, ce seconde ligne de l’ombre, dont Raoul disait »Lui, je n’en changerai jamais ! »

Georges, le réservé, le taiseux qui a tiré un trait définitif sur l’ASB le soir de la finale 1980 contre Toulouse. Il fut remplaçant et n’eut pas l’honneur de rentrer sur la pelouse, l’incertitude de la fin de match n’étant pas propice à un remplacement par crainte d’une perte de cohésion.

 Je tenais à le dire pour honorer le grand joueur que fut Georges Senal .

Merci Président de vous être livré avec la passion qui vous anime et souhaitons que les résultats soient à la hauteur de votre investissement.

Henri GEOFFROY

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