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Faits divers

CAP d'AGDE - DANGER DE MORT ! par Michel SOUQUES pour le HARPON CLUBAGATHOIS

Traditionellement,dans le cadre du WEEK END BLEU  le HARPON CLUB AGATHOIS organise une opération de sensibilisation aupres des pilotes de bateau par rapport aux dangers qu’ils représentent pour les chasseurs sous marin pratiquant sur notre cote .Les adhérents du club distribuent  aux bateaux entrant ou sortant des ports et également aux bateaux à quai un […]

Traditionellement,dans le cadre du WEEK END BLEU  le HARPON CLUB AGATHOIS organise une opération de sensibilisation aupres des pilotes de bateau par rapport aux dangers qu’ils représentent pour les chasseurs sous marin pratiquant sur notre cote
.
Les adhérents du club distribuent  aux bateaux entrant ou sortant des ports et également aux bateaux à quai un flyer visualisant les risques encourus.

Cet semaine un incident ,qui aurait pu étre mortel s’est produit au large des battuts,qui confirme la necessité de notre action de prévention..

Cette situation n’est hélas pas exceptionelle,tous les chasseurs sous marins y ont été confronté ,avec des conséquences plus ou moins graves,comme le montre les photos jointes.   

Je laisse à Eric ESPINASSE,le soin de raconter sa mésaventure.                                     

Sortie du 21 mai 2016

Lieu Mise à l’eau : Hérault côté Grau d’Agde

Matin à 9h00

Présents : Ely, Robert et moi

Le samedi 21 mai je décidai de sortir un peu mon bateau, accompagné de mes deux oncles.

Après avoir pêché sur les battues entre Le Grau et le Cap, nous nous rendîmes au Cap. Nous essayâmes à la canne mais rien ne mordit. Sur les tables et sur le môle, cela ne donna rien non plus. Je plongeai ensuite sur La Lauze. J’y vis   un loup et mon oncle pêcha une oblade. L’eau était trouble, mais cela était péchable au 75.

Nous revînmes vers midi sur la zone des battues. Je décidai d’aller voir dessous si le poisson était présent. Je pris ma bouée neuve d’un orange vif et mon arbalète. Mes oncles pêchaient en dérive tout en surveillant la mer au cas où un danger surviendrait. Entre les battues et le cap, avait lieu une course de jets. Sur la mer au moment de me mettre à l’eau, il n’y avait quasiment aucun bateau. L’horizon était libre de bateaux à part le mien piloté par mon oncle Ely.

Alors que j’en étais à seulement quelques agachons, j’entendis un bruit de moteur qui se dirigeait vers moi, et de plus en plus proche. Je pensais que c’était mon oncle et je comptais lui demander de passer un peu plus au large de ma bouée, car cela dérangeait le poisson. Etant en fin d’apnée, je remontais sans m’attendre à ce que j’allais voir en sortant la tête de l’eau. Au moment où je sortais la tête de l’eau en direction du bruit qui m’arrivait de plus en plus fort, j’aperçus un bâtiment flottant face à moi naviguant à grande vitesse directement sur moi. Je vérifiais d’un coup d’œil où était ma bouée. Celle-ci se trouvait  5 m derrière moi. Deux hommes étaient sur le flybridge (à l’étage de ce yacht d’une quinzaine de mètres) et discutaient sans se préoccuper de mes cris désespérés pour qu’ils coupent les gaz. J’allais mourir, je ne pensais qu’à ça. Et je ne voyais pas d’issue. Je partis sur ma gauche essayant d’éviter le trajet du monstre qui m’arrivait dessus, mais je n’aurais pas le temps de me dégager suffisamment des tourbillons faits par les hélices. Me voyant déchiqueté, dans un ultime réflexe, je lâchai mon arbalète et fis un canard de la dernière chance au moment où la coque m’arrivait dessus. Je pensais à la mort et m’attendais à la souffrance que j’allais ressentir…Je sentis mes palmes bouger dans le tourbillon qu’il y avait au-dessus de moi, mais je descendais et m’accrochais à un rocher comme une arapède, le temps que le bruit s’éloigne. J’entendis les moteurs être coupés d’un seul coup. Je remontais alors dans le silence de ma peur, me demandant si j’avais quelque chose en moins, observant mes jambes, mon corps. Prudemment, je sortais la tête de l’eau n’étant pas rassuré. On ne savait jamais… d’ici qu’il fasse demi-tour pour achever la besogne. Dans ces cas-là, le trouillomètre est à son maximum et l’adrénaline au taquet. Je n’en revenais pas, j’étais vivant ! Vingt secondes avant qui me parurent des minutes, je me croyais mort et m’attendais à d’atroces souffrances, mouliné comme un steack… A ce moment-là, place à la réaction, à la montée d’adrénaline, puis aux insultes par tous les noms d’oiseaux que je connaissais. Je l’aurais flingué volontiers sur l’instant cet apprenti pilote de m….

Suite à quoi j’appelais mes oncles qui avaient l’air aussi étonnés que moi de me voir encore en vie. Je me hissais sur le boudin du semi et commençais seulement à revoir ce qui m’était arrivé et à comprendre la chance que je venais d’avoir. L’abrutis sur son engin de mort fit demi-tour et vint vers nous…Il me demanda si j’allais bien, se confondant en excuses, m’expliquant qu’il ne m’avait pas vu car il était en train de discuter de la course de jets qui continuait au loin. A quoi je répondis que c’était un inconscient, qu’il ne regardait même pas devant lui, alors qu’il traversait un plateau dans 4  à 5 mètres d’eau en longeant la côte, et qu’il avait failli de justesse avoir un mort sur la conscience parce qu’il était imprudent. Il en menait pas large et me sembla-t-il pris conscience de ce qui était arrivé puisqu’il me dit qu’il avait eu la peur de sa vie. Mais pas autant que moi !

En rentrant chez moi, je remarquai alors que l’une de mes palmes en plastique (des  Cressi  ) était coupée en deux dans le sens de la longueur… un coup de l’hélice. Ouf !

Trois leçons sont à tirer de cet incident : -Pour les barquéros d’abord ; pensez que quand vous êtes sur un bateau, vous êtes les seuls remparts entre un engin de mer et le plongeur, même si celui-ci a une bouée. Si vous pêchez en dérive et que vous devez surveiller un plongeur, remontez à contre-courant et dérivez sur le plongeur, bien entendu sans lui passer dessus… Ainsi, vous le couvrez dans le sens du courant et vous avez toujours une visibilité sur les autres directions d’où pourrait survenir un danger.

– Pour les gens qui ont des bateaux et qui pensent qu’ils sont seuls sur l’eau, Il serait temps que vous compreniez que vous êtes responsables de l’engin que vous pilotez et qu’il n’y a pas de hasard aux accidents sur l’eau. Il y a tout simplement des fautes dues au non-respect des règles élémentaires du code maritime. Ces fautes-là devraient être reconnues et sanctionnées par les tribunaux… Malheureusement chaque année, on voit des dizaines de bateaux passer près ou sur les plongeurs ayant pourtant une bouée visible sans se sentir inquiétés par la police ou même le nouveau règlement (autorisation de passer à 5 nœuds (environ 10 km/h) près d’une bouée de plongeur… Tant que la législation sera laxiste avec la mise en danger des plongeurs (parfois moins protégés que certaines variétés de poissons), ceux-ci continueront à jouer à la roulette russe chaque fois qu’ils mettront la tête sous l’eau… Peut-être que les capitaines de bateaux (grands ou petits, à moteur ou à voile) ont besoin de se faire une frayeur pour enfin porter attention aux  plongeurs ?… Peut-être que le législateur et la justice ont besoin de quelques accidents tragiques pour enfin prendre conscience de la fragilité de l’homo-apnéiste dans le milieu aquatique ?… Quoiqu’il en soit il est nécessaire que nous plongeurs soyons très conscients de notre vulnérabilité.

– Pour les plongeurs, en particulier les chasseurs sous-marins, il faut être bien conscient que mourir percuté par la coque d’un bateau, une quille de voilier ou une hélice de moteur n’est pas quelque-chose qui ne peut arriver qu’aux autres. La bouée est une garantie d’éviter une partie du danger  et pour cela, elle est nécessaire. Cependant elle n’est pas suffisante malheureusement et il faut aussi si possible se garantir du danger contre les abrutis et les inconscients qui ne respectent pas le code maritime. Et il y en a un grand nombre, surtout lorsqu’arrive l’été.  Pour cela, il faut redoubler d’attention par rapport à notre environnement, être protégé par notre bateau ancré à proximité et sur lequel est dressé le fanion de plongée, plonger à deux, mettre deux bouées l’une derrière l’autre pour occuper plus d’espace sur l’eau et être plus visible, mettre un mât le plus haut possible sur la planche avec un drapeau bien visible, et croiser les doigts pour que ça suffise… Toutes les idées peuvent être bonnes à prendre et à essayer…Mais qu’est-ce qu’on se sent fragile et démuni face à un yacht lancé à pleine vitesse…

                                                                                                                         Eric ESPINASSE

Je joins trois photos « parlantes »

La premiere c’est le dos de Michel Fantin 15 jours après l’accident (j’ai failli écrire l’attentat !) alors qu’il chassait au large de rochelongue

Au milieu des  bateaux équipés du fanion réglementaire de  3 chasseurs, également en action et signalés par les bouées règlementaires

La seconde montre le plomb du baudrier ,entaillé par l’hélice,qui lui a probablement sauvé la vie.

La troisième représente la stèle élevé près de la mise à l’eau du cap en souvenir d’Alexandre JOURDAN tué par un bateau dans les mémes conditions.

Je tiens à préciser que si la bouée de signalisation des chasseurs sous marins est obligatoire,le drapeau alpha ou croix de saint André ne l’est pas,contrairement à ce que pense beaucoup de pilotes d’engins.Par contre ce fanion est obligatoire sur les bateaux de chasseurs.

 

                                                                                                       Michel SOUQUES

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