Cruella : faut-il aller voir le dernier Disney ?

C'était l'une des sorties les plus attendues dans les salles obscures cet été. Les studios Disney ont donné vie à la méchante Cruella, personnage issu des "101 Dalmatiens".

Les studios familiaux Disney ont voulu retenter l’expérience du live action (film en prises de vues réelles) en se concentrant sur l’une méchantes les plus emblématiques des dessins animés. Après un premier essai avec Maléfique (rôle porté par Angelina Jolie), c’est donc au tour de Cruella d’être mise en avant. Mais il semblerait que la seule évocation du nom de Disney suffise à attirer les spectateurs, au point d’en oublier certains éléments dans la réalisation du long-métrage.

En quelques mots, le film s’intéresse à la construction du personnage de Cruella : son enfance, la perte de sa mère, son ascension dans le monde de la mode londonienne, jusqu’à son caractère qui change du jour en lendemain, sans raison suffisamment explicite. On pourrait presque croire que le réalisateur (Craig Gillespie) a souhaité se détacher de l’histoire originelle en créant un film à part entière et en toute liberté, mais même cette idée semble peu pertinente au regard des nombreux clins d’œil faits au dessin animé.

Difficile de rester concentré pendant plus de deux heures, devant un scénario qui manque cruellement d’originalité et qui tourne en rond. La première partie du film ressemble à une pâle copie de Le Diable s’habille en Prada, et la majeure partie du reste s’attarde sur des personnages pas vraiment assumés, où l’on cherche encore et toujours des excuses aux méchants. Pourtant, il y avait tant à faire avec une Cruella que l’on adore détester, surtout dans un rôle joué par Emma Stone, dont le talent a été bridé ici.

La liste des déceptions s’allonge malheureusement avec d’autres points. Les quelques chiens (ils ne sont que 5, pas 101…) qui accompagnent les personnages durant tout le film sont essentiellement des animations 3D. Un choix qui retire pas mal de cachet à l’ensemble, dans un live action de cette envergure. Et que dire de la bande originale ? Qu’elle n’a rien d’original. En plus de ne pas être très pertinentes, les musiques choisies pour illustrer le film ont déjà trop été entendues au cinéma et à la télévision.

Alors faut-il aller voir Cruella au cinéma ? Tout n’est pas à jeter, malgré tout. Dans l’univers de la mode, les costumes ont toute leur place et sont réalisés avec beaucoup d’originalité et de réussite. Sans compter le plaisir fou de voir le duel Emma Stone / Emma Thompson, qui porte tout l’intérêt du film et qui fait plaisir à regarder. Mais si vous vous attendez à l’ascension d’une grande méchante dans la peau de Cruella et à un long-métrage qui sort des sentiers battus, mieux vaut vous abstenir.

Peter Avondo
Magazine Snobinart

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