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Deuils, Souvenirs et espoir

Un deuil partagé: C’est avec une grande émotion que, ce vendredi 15 janvier, LES AMIS D’AGDE, se sont joints à la foule des proches et des anonymes pour rendre un hommage unanime à la famille Camboulive. C’est une ville entière qui a voulu apporter son témoignage muet et chaleureux, un témoignage plein de respect et […]

Un deuil partagé:

C’est avec une grande émotion que, ce vendredi 15 janvier, LES AMIS D’AGDE, se sont joints à la foule des proches et des anonymes pour rendre un hommage unanime à la famille Camboulive. C’est une ville entière qui a voulu apporter son témoignage muet et chaleureux, un témoignage plein de respect et débordant d’amitié, pour Jeannot Camboulive et sa famille, éprouvés par le drame sans nom qu’ils subissent. Les amis d’aujourd’hui, ceux d’hier et de toujours, ceux qui n’oublient pas combien les Camboulive ont marqué de leur empreinte la vie de notre cité; le Jeu de Ballon, les rues Jean Roger et Jean Jacques Rousseau, entre autres qui les ont vus évoluer grandir et se développer dans l’estime générale. Que cette communion de pensées de nos concitoyens, soient pour eux, un peu de baume sur l’immensité de leur douleur.

Il y a cinquante ans un drame endeuillait notre ville

Lors du décès de Carmen Catanzano, nous nous étions proposés de lui adresser à elle et à sa famille, un dernier adieu; l’abondance de nos articles nous a obligé à remettre ce projet au début de cette année 2010. Triste coïncidence que d’évoquer en ces jours de peine, Carmen et la figure emblématique de Justin son époux. Consolation pour nous, de constater combien nos concitoyens savent s’unir dans les moments les plus douloureux. La grande foule de ce vendredi 15 janvier nous a rappelé celle, tout aussi nombreuse et aussi émue, qui les avait soutenus et accompagnés en 1960, lors de la disparition en mer, de leur fils Gaétan.

Une disparition tragique :

En nous remémorant ce drame de la Mer, l’émotion nous étreint encore, c’était un matin d’avril, le printemps réchauffait nos cœurs, quand la nouvelle est tombée, dure et impitoyable, elle nous apprenait la fin tragique de trois marins agathois, estimés de tous.

Urbain Combas, le patron pêcheur avec à son bord le matelot Calabro et le jeune Gaétan Catanzano, était parti à la pêche aux thons, aux filets dérivants. La nuit était épaisse, les flots n’étaient pas inquiétants. La journée avait été dure, ils regagnent leur cabine, pour un brin de repos largement mérité. Bercés par les vagues, les crissements du bateau, ils ont tôt fait de s’endormir.

Tout est calme, apaisant, d’autres équipages sont non loin, la houle grossit, c’est alors que fendant l’obscurité des ténèbres une énorme silhouette, se détache dans les brumes de la nuit, c’est le Plata, un bateau de commerce, il serre la côte pour se mettre à l’abri et c’est le choc inévitable, il éperonne en plein travers, le bateau d’Urbain. Les témoins surpris voient au loin les lumières du PLATA, s’allumer, et s’éteindre brusquement. Tous feux éteints, l’ombre noire disparaît. Que s’est-il passé ? Le fuyard a-t-il mesuré l’étendue des dégâts ? Le tout est qu’il a pris la fuite, une fuite éperdue dans l’épaisseur de la nuit.

Ce n’est que le lendemain que Joseph Corporon, (le frère de Germaine Combas), reconnaît les lièges flottants d’Urbain et découvre le drame.

Justin et Guy Catanzano mènent sans tarder leurs propres investigations, le temps presse. Passant outre aux difficultés administratives, ils se rendent à Sète pour connaître le relevé des routes suivies par les navires de la nuit. Ils ont tôt fait pour retrouver le coupable. L’étrave du PLATA est aux mains de peintres qui réparent et camouflent les dégâts. Le responsable identifié, la peine est restée à jamais gravée dans le cœur de la grande famille des pêcheurs soutenue par l’ensemble de la population. L’enquête officielle établira que dans leur sommeil, Urbain Combas et Gaétan ne se sont pas vu mourir, sous le choc et l’invasion des flots, Urbain a été éjecté, le corps de Gaétan est resté coincé dans la cabine, seul le matelot Calabro a survécu à l’impact, il a du se voir mourir, essayant en vain de se sortir de ce piège funeste.

Un tournant dans la vie des Catanzano :

Catanzano Justin,  fut un pilier du RCA où il joua jusqu’à 40 ans, comme gardien de buts, j’ai eu la joie de le remplacer, à ce poste, quand, jeune étudiant, tout droit sorti  de mon pensionnat, je signais une licence pour ce cher vieux club. C’est à bord du bateau de son parrain Alexandre Catanzano, dont l’ombre altière, hante encore le plan d’Allard et la rue de Poissonnerie qu’il fit ses armes de marin pêcheur.

Atteints par ce nouveau drame, Justin et Carmen qui avaient déjà perdu un jeune fils de deux ans, en même temps que naissait leur petit dernier Antoine, (un de ceux sans qui le Rugby Olympique Agathois, ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui). se sont consacrés à fond à leur nouvelle activité de charbonnier. Par un de ces raccourcis que l’Histoire aime bien, pour permettre à Justin de remplacer l’antique charreton servant aux livraisons, par une camionnette, c’est un de leur parent, M. Marti, parent également des Camboulive qui apprendra à conduire à Justin, afin de développer son entreprise.Une activité achetée à M. Pennavaire, un fils du fameux menuisier qui avait sauvé le Saint-Christ en 1906.

Ce Saint-Christ pour qui Carmen a gardé, jusqu’à sa mort, une dévotion particulière. Il l’a aidé à surmonter les embûches semées tout au long de sa vie. Mère courageuse, face aux défis journaliers, âpre au travail, dure à la peine, modeste, elle essayait d’oublier son mal. Même malade elle continuait à arpenter les rues de son quartier pour se rendre à La Casa Pèpè, voir « les enfants » comme elle appelait Aimé et son épouse Danièle. Ultime hommage et grande émotion quand son cercueil fut déposé au pied du Saint-Christ pour un dernier au-revoir.

Un hommage tardif :

Notre photo, une peinture des artistes catalans dans le décor  de la salle des mariages de la « Maison Commune », aujourd’hui Maison du Cœur de Ville. Elle immortalise sous les trais d’un marin pêcheur, François Belluci qui a servi de modèle. Il est parti, il y a peu de temps, dans la plus grande discrétion, c’est bien dommage. En lui témoignant notre sympathie c’est aussi un clin d’œil d’amitié que nous adressons à sa sœur Marie-Louise fidèle gardienne, pendant de longues années, du Saint-Christ, particulièrement cher aux cœurs des pêcheurs et marins agathois.

Un espoir :

Qu’avec la CONFRERIE du SAINT-CHRIST d’AGDE récemment mise en route se perpétue la tradition, plusieurs fois séculaires, des fêtes du Saint-Christ de Saint Sever et l’attachement de tous les Agathois à ce précieux patrimoine.

Le président
Jules Cruells Capèce Minutolo

Pour nous joindre : Les AMIS D’AGDE, 53 bis rue Sadi Carnot, 34300 AGDE
04.67.94.00.10. Courriel : Michelangeagde@aol.com

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