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Innovation verte et économie circulaire : Capillum, première filière de recyclage de cheveux en France

La start-up a pour but de faire des cheveux une ressource et non un déchet, afin de préserver l’environnement.

Les coiffeurs qui ont adhéré à la démarche voient les effets immédiats de leur engagement : préserver l’environnement, développer leur clientèle et surtout intégrer un réseau écoresponsable. Clément Baldellou, Saint-Thibérien engagé, cofondateur et président de la société Capillum, nous en dit plus…

Combien de tonnes de déchets capillaires sont générées par les salons de coiffure chaque année en France ?

« Chaque année en France, plus 4 000 tonnes de cheveux sont jetés à la poubelle des ordures ménagères. Avec mon associé, James Taylor, nous nous sommes dit que nous devions faire absolument quelque chose… Nous avons fait ce premier pari de retirer les cheveux du circuit des déchets avant d’en créer une véritable ressource. Nous considérons que les déchets d’aujourd’hui sont les ressources de demain. Il y a 70 000 salons de coiffure en France, plus d’un million de personnes vont se faire couper les cheveux chaque jour… cela représente donc un volume énorme de déchets. »

Que deviennent les cheveux une fois coupés ?

« Une fois coupés, les cheveux partent initialement à la poubelle des ordures ménagères, et sont acheminés vers des centres de traitement. Aujourd’hui, avec Capillum, ce n’est plus le cas. Ils partent directement dans un Capi’bac, sont collectés de façon écoresponsable par nos prestataires logistique, massifiés, puis recyclés pour 3 domaines d’application différents. »

Vous proposez une alternative écologique aux coiffeurs…

« Pour les coiffeurs, en effet, il s’agit d’une véritable alternative écologique qui leur permett de réduire de 50 % leurs ordures ménagères. De plus, ils emmènent leurs clients dans une démarche écoresponsable. Aujourd’hui, les clients qui vont se faire couper les cheveux se sentent utiles : leurs cheveux vont avoir une seconde vie… Nous sentons que c’est une véritable révolution pour le secteur de la coiffure. »

Comment trouver son coiffeur écoresponsable dans la région ? « Les coiffeurs écoresponsables de la région sont identifiés sur notre site Internet, sur une carte interactive. C’est une véritable demande de la part des clients, de pouvoir être responsables de demain. 800 coiffeurs sont référencés, dont plus d’une centaine dans l’Hérault, et ce n’est que le début ! »

Y a-t-il des avantages pour ces professionnels ?

« Les professionnels de la coiffure y voient plusieurs avantages : dans un premier temps cela améliore leur empreinte écologique, ensuite cela génère une logique de satisfaction de leur clientèle, et surtout, ils bénéficient d’un partenariat avec le Sictom Pézenas-Agde. Ce regroupement de 19 déchèteries intercommunales s’engage dans la transition écologique avec nous. C’est-à-dire que les coiffeurs qui ont un contrat avec Capillum voient leur redevance spéciale sur la taxe d’ordures ménagères recalculée et/ou supprimée. Les coiffeurs peuvent s’y retrouver financièrement, c’est de la méritocratie. Le meilleur déchet c’est celui que l’on ne produit pas ! Le territoire zéro déchet est un objectif gouvernemental. »

Quel est le but de ce recyclage ?

« Nous avons plusieurs objectifs pour le recyclage des cheveux. Tout d’abord favoriser l’économie circulaire, transformer les déchets en une véritable ressource, et surtout créer une économie vertueuse autour de la planète et de l’amélioration des soins de l’homme. La réponse s’illustre aussi principalement autour de 3 ressources futures :

  • Le domaine de la recherche médicale : le cheveu est composé à 95 % de kératine. De nombreux travaux en laboratoire ont permis à Capillum de pouvoir extraire cette kératine. La société participe également à la recherche médicale dans le but d’améliorer les soins de la peau.
  • La dépollution des eaux et des sols : le cheveu est capable d’absorber naturellement jusqu’à 8 fois son poids en hydrocarbures. Cette caractéristique lui permet ainsi de nettoyer les eaux des zones portuaires, des océans mais aussi les sols des sites pollués.
  • L’agriculture et le jardin : dans le domaine agricole, le cheveu permet de préserver les sols et de limiter la consommation d’eau. Véritable alternative aux produits plastiques, il sera l’allié idéal d’une agriculture responsable et biologique. »

Votre démarche reçoit de nombreux soutiens…

« Nous avons beaucoup de soutiens et de partenaires. Je pense notamment au groupe La Poste, avec sa filiale logistique Urby, reposant sur la mutualisation et l’optimisation des livraisons dans les métropoles. Pour rappel, La Poste roule avec des véhicules décarbonés depuis 2012. C’est important pour nous, sur l’ensemble de la chaîne de valeur, d’être écoresponsables jusqu’au bout. Il y a également le Crédit Agricole qui, avec Le Village by CA accélère le développement des start-up en les accompagnant au jour le jour avec un excellent dispositif. Les collectivités et les agglomérations s’engagent. Par exemple, la ville de Valras-Plage a engagé l’ensemble de ses artisans et coiffeurs dans la démarche. Les professionnels valrassiens s’engagent également par la suite dans l’achat de produits fabriqués à partir de cheveux. Cela affirme le désir d’économie circulaire de la ville. »

Avez-vous d’autres projets ? Envisagez-vous un développement à l’échelle nationale ?

« Le bilan aujourd’hui est très simple : nous sommes dans une dynamique où nous aimerions avoir un partenariat avec le plus de salons de coiffure possible ! Nous sommes en pleine phase de levée de fonds pour créer un retour d’industrie en France, voire créer de l’emploi via le recyclage des cheveux. Notre projet aujourd’hui, est aussi d’être présent complètement au niveau national. Nous le sommes déjà un peu, mais l’idée est de faire entrer dans un premier temps l’ensemble des salons de coiffure français dans notre démarche. Les cheveux n’ont pas de frontières, les problèmes inhérents au fait que les cheveux ne soient pas recyclés sont partout les mêmes dans le monde. C’est pour cela que l’on essaie aussi de s’installer en Italie, auprès des salons de coiffure et des écoles. Nous avons même déjà un projet de dépollution des eaux de Venise.

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