Lattes : Cyril Meunier dessine l'avenir urbain, immobilier et commercial de sa ville (interview)

Le maire de Lattes, Cyril Meunier, qui est aussi notamment le président de l’office de tourisme et des congrès de Montpellier Méditerranée Métropole, évoque pour nos lecteurs ses réalisations et projets…

Comment décririez-vous votre ville ?

Cyril Meunier : « Lattes a pour principale caractéristique d’être séparée en 3 villages, donc c’est à elle seule une intercommunalité de plus de 20.000 habitants : 11.000 à Lattes centre, 5.000 à Maurin et 4.000 à Boirargues, le résiduel sur les campagnes. C’est une ville très agréable à vivre, car même s’il y a 20.000 habitants, elle est séparée en trois urbanités différentes, donc chacun a l’impression de vivre dans une unité urbaine plus petite, dans laquelle on a fait en sorte d’organiser tous les services, avec des caractéristiques totalement différentes. Les habitants de chacune de ces unités urbaines sont très différents les uns des autres. Il y en a un peu pour tous les goûts. Lattes est merveilleusement bien placée sur le plan géographique.

Avec mes équipes municipales successives, nous avons fait en sorte depuis vingt ans que les besoins des familles soient satisfaits par la commune, de la petite enfance au très grand âge – nous avons même inventé un Pôle Autonomie Santé. 

Aujourd’hui, les prix de l’immobilier ont explosé à Lattes. Les gens veulent s’y installer même si c’est très cher, notamment parce que nous avons des services publics remarquables. Concernant les services à la famille, nous sommes au top. A cela s’ajoutent le côté naturel et le positionnement géographique, mais aussi les équipements culturels, comme le théâtre Jacques-Cœur, ou la notoriété de notre équipe de basket. Même si Lattes est une commune de première ceinture par rapport à la métropole de Montpellier, nous avons fait en sorte que ce ne  soit pas une cité dortoir. Elle a son identité propre. Quand je compare la ville à la strate de communes de son gabarit, on a le plus fort potentiel d’aides aux associations, un club en première division d’un des sports majeurs qui a remporté le plus de titres ces dix dernières années ; un théâtre où des acteurs et metteurs en scène nationaux ont plaisir à créer leurs pièces, comme Laetitia Casta qui est venue en résidence dernièrement. Ça fait quinze ans que cette politique est menée. 

théatre

Le théâtre de Lattes fait des coproductions avec le théâtre des Champs-Elysées, avec des théâtres parisiens. Lattes a sa place dans l’univers théâtral national, ce qui est rare. Sans oublier évidemment la notoriété du musée archéologique Henri-Prades Lattara, qui est l’un des sites les plus remarquables du bassin méditerranéen remontant à la préhistoire.

Né à Paris, Lattes est une ville que j’ai appris à aimer et sur laquelle j’ai imposé ma ‘patte’ il y a vingt ans, en devenant maire. Quand je suis arrivé ici, c’était une succession de lotissements, sans beaucoup de vie. Certes, chacun bénéficiait d’un cadre de vie sympathique dans sa villa, mais tout cela était très individuel. Maintenant, une dynamique est en place depuis vingt ans, il y a de la vie. La stratégie de services mise en place depuis vingt ans fonctionne. Etre maire est une aventure humaine extraordinaire au service des gens. Lattes est l’aventure de mes vingt dernières années. »

Comment voyez-vous l’avenir de Lattes à travers les projets que vous mettez en place ?

Cyril Meunier : « Lattes a un avenir tout tracé, car on a décidé de sanctuariser les quartiers et de faire le développement le long de l’avenue Georges-Frêche avec le projet Ode à la Mer. J’ai inventé ce projet en 2006, qui a évolué au gré des différents présidents de Métropole avec lesquels j’ai eu à travailler, qui a été mis à l’arrêt sous Philippe Saurel et relancé avec Michaël Delafosse. Le président actuel de la Métropole de Montpellier a décidé d’arrêter le projet Shopping Promenade, ce qui à mon avis n’est pas une bonne idée, et décidé d’implanter à la place le stade de foot Louis-Nicollin, ce que je ne pense pas être une bonne idée. Mais après vingt ans de consulting et vingt ans de mandat de maire, j’ai appris à m’adapter aux orientations politiques de mes partenaires. J’adapte la conduite de mes projets, aussi bien dans le temps que dans la forme, aux divers contextes auxquels je dois me confronter.

Michaël Delafosse a bien compris ce qu’était Ode : il y a vingt ans il travaillait avec Georges Frêche et moi et connaît les projets que nous avions. Evidemment, il en change un certain nombre qui nécessitaient une remise à plat, mais il est convaincu qu’Ode est une excellente idée. Nous l’adaptons lui et moi, et nous prenons plaisir à travailler dessus. »

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Comment envisagez-vous Ode ?

Cyril Meunier : « Ode, c’est la requalification de toute l’avenue de la Mer (appelée Georges-Frêche depuis le décès de celui-ci), c’est la reconquête des territoires commerciaux des années 1970, moches, résultats d’une stratégie très claire de boîtes de conserve et de parkings (car ‘no parking no business’). Toute cette zone est vouée à muter complètement, y compris sur les assiettes de Carrefour et Auchan, et à accueillir des immeubles, des bureaux et des commerces en rez-de-chaussée. Cette refonte va porter le développement démographique et économique de Lattes et la reconfiguration de ce territoire entre Montpellier et la mer, jusqu’à Pérols. Il faudra quarante à quarante-cinq ans pour le mettre en œuvre ; ce n’est donc pas moi qui finirai ce projet… On sait où sera fait le développement de Lattes dans les quarante ans qui viennent. C’est un confort inouï. Nous avons pris le temps d’y réfléchir il y a une quinzaine d’années. 

C’est une pole position nationale et européenne, car nous serons les premiers à requalifier une zone commerciale aussi importante. On invente petit à petit des process, on parvient à les faire valider par les propriétaires patrimoniaux ou des grands groupes et on arrive à travailler main dans la main. Certains sont en retrait, d’autres sont plus dynamiques face aux grandes modifications que connaît le commerce actuellement, avec les nouveaux modes de consommation par exemple. Quand j’ai inventé ce projet en 2006 et que je l’ai présenté en 2007-2008, j’ai été très mal reçu car la rentabilité des surfaces commerciales était très importante et les détenteurs de ces commerces (grands groupes ou propriétaires patrimoniaux) ne voyaient pas pourquoi modifier leur modèle, qui leur rapportait beaucoup d’argent. Aujourd’hui, les difficultés rencontrées par la grande distribution, les baisses très sensibles des valeurs de loyers les incitent à changer leur fusil d’épaule et à se dire que la solution immobilière peut être plus intéressante que conserver l’activité de base de location de locaux commerciaux. On entre dans de vraies discussions. On a déjà maîtrisé des terrains, on a fait racheter des zones par des promoteurs qui vont travailler avec nous. » 

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Esquisse des Hauts de Lattes.

Qu’en est-il des Hauts de Lattes ?

Cyril Meunier : « Les Hauts de Lattes, programme phare de notre mandature en termes d’urbanisme, va être lancé. Bloqué depuis des années par des recours que nous avons toujours gagnés, il constitue un point d’orgue de ce que nous voulons faire de notre commune en matière d’urbanisme. Il a été dessiné avec François Fontès, architecte en chef, et sera implanté entre Castorama et le Mas de Couran. L’idée motrice de cet ensemble de résidences est l’intégration paysagère, de faire venir la nature sur les immeubles. Sa construction débutera en 2022. Il constituera une signature urbanistique de très haute qualité environnementale et architecturale. Composé de 7 à 8 résidences sur un site merveilleux, de jeunes architectes internationaux y apporteront leur signature et leur talent. Il aura la même importance en termes de notoriété que le quartier Port Ariane. »

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Le futur Pôle Autonomie Santé métropolitain de Lattes sera en service dès 2024. Il sera implanté sur l’avenue de la Mer / Georges-Frêche.

Autre grand projet en cours, le déménagement et l’extension considérable du Pôle Autonomie Santé. Lire notre prochain article à ce sujet…

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