Montpellier : le tour de France citoyen de l’étudiante Julia Morath

Reportage

La jeune étudiante de 21 ans a déjà parcouru près de 2 000 km à vélo, pour interviewer une dizaine d’associations d’étude et de protection des animaux sauvages. Un projet un peu fou en apparence, mais au final bien structuré et préparé. Elle arrivera le 27 août sur la place de la Comédie.

Un “tour de France” de 3 500 km

De la suite dans les idées, et un mental et des jambes d’acier, pour affronter les côtes et la canicule. Le tout, pour la bonne cause. Julia Morath, étudiante de 21 ans, diplômée de la Licence Écologie Biologie des Organismes de la Faculté des sciences de Montpellier en 2021, a entamé le 4 juin, à partir d’Arles, son tour de France à vélo à elle. 3 500 kilomètres, comme les pros ! Un périple citoyen, organisé avec méthode (bidons d’eau fixés sur le cadre, drapeau rouge pour la sécurité…).

Au programme, l’interview d’une dizaine d’associations d’étude et de protection des animaux sauvages pour “créer un lien entre le grand public, le voyage, le sport et la science” et “promouvoir le bénévolat local, apporter de la visibilité aux associations, rendre compte des actions mises en place en France, susciter des vocations et faire de la vulgarisation scientifique”. Animée par “la volonté de rendre la biologie accessible à tous”, cette voyageuse, qui a effectué son dernier stage au Costa Rica pour une ONG, doit boucler son périple hexagonal le 27 août, place de la Comédie à Montpellier, après près de trois mois d’efforts sur le bitume.

Le 18 juillet, la cycliste, originaire de Camargue, affichait “1 700 km au compteur, avec déjà 5 associations sur 10 rencontrées. Je fête cela en arrivant sous la Tour Eiffel, le 21 juillet à 18h. Tout le monde est invité à nous rejoindre et partager un apéro sur le champ de mars !”, confiait-elle à la rédaction. L’occasion, aussi, de prendre trois jours de repos, après une semaine “très éprouvante. J’ai pédalé plus de 100 km par jour. En ce moment, avec ces grandes chaleurs, la fatigue se ressent rapidement. Quand je peux, je pédale plutôt en matinée et fin de soirée, et emprunte les pistes cyclables à l’ombre, au bord des cours d’eau – un paradis pas toujours possible, selon les itinéraires !” L’itinéraire, qui force le respect, a été créé en fonction des associations qui participent au projet : Arles, Grenoble, Besançon, Strasbourg, Paris, Brest, Nantes, Bordeaux, Pyrénées, Toulouse, Montpellier.

“Je me surpasse tous les jours”

La jeune fille, qui se qualifie à juste titre d’“aventurière”, se dit “fière d’avoir osé chausser les pédales, seule face à moi-même, alors que je n’avais jamais réalisé de voyage à vélo auparavant, pas plus de 30 km de balade en tout cas. Je dois chercher la motivation au fond de moi. Je me surpasse tous les jours. Ce n’est pas toujours facile, mais c’est une expérience très enrichissante”.

Le tour est mené en solitaire, en totale autonomie. Enfin, presque. “Mon père m’a rejoint sur l’étape Strasbourg-Paris pour partager un bout de cette aventure avec moi, et m’a permis de récupérer une paire de chaussures non trouée – les miennes étaient à la fin de leur vie – et quelques produits d’hygiène.” Mais c’est bien le système D qui prévaut. Julia loge ainsi chez l’habitant, en réservant sur les plateformes Couchsurfing ou Warm Showers.

“Au final, voyager seule, c’est aussi être ouverte aux autres, à l’imprévu”, sourit-elle. Comme lorsqu’elle a quitté les Alpes-de-Haute-Provence. “J’avais un objectif de 128 km en une seule journée. Je n’avais pas parcouru auparavant plus de 65 km. C’était donc très ambitieux. Beaucoup trop ambitieux… Mais je devais rejoindre une hôtesse Couchsurfing pour dormir. J’ai donc tout donné, mais à partir de 100 km, je n’en pouvais plus. Épuisée mais n’ayant aucune autre idée de lieu où dormir, je me suis donc promis une chose : ‘S’il y a de la musique au prochain village, je m’arrête. Sinon, je continue’. Le prochain village arrive… et je me retrouve face en plein festival de musique d’outre-mers ! Décision prise, je reste. On m’a offert gratuitement un emplacement au camping du Festival.

La pancarte Tour de France : à l’assaut des assos, fixée à l’arrière du vélo, produit son effet. “De nombreuses personnes me crient des mots d’encouragement dans les montées, viennent me parler pour en apprendre davantage et me proposent de l’aide tout au long du trajet.”

En septembre, Julia Morath poursuivra ses études, en Master de médiation scientifique. Pas vraiment de quoi lui faire peur.

Déjà dans l’après

Le projet scientifique de Julia Morath ne s’arrêtera pas avec la fin de son Tour de France, prévue à Montpellier le 27 août. À partir de septembre, place à six mois de reportages vidéo et à neuf mois d’interventions dans les écoles.
“Le reportage sera diffusé sous forme d’épisodes quotidiens sur une plateforme accessible à tous (Youtube), explique-t-elle. Et je réaliserai des interventions au sein d’écoles primaires afin de présenter les associations rencontrées, notre faune sauvage, et les actions menées en France pour la protéger. »

Pourquoi un tour de France à vélo et en solo ?

À cette question, Julia Morath répond en 8 points imparables, qui valent toutes les campagnes de communication : “Pour le sport et le dépassement de soi ; promouvoir un moyen de transport responsable ; les rencontres et l’hébergement chez l’habitant ; pour ralentir, avec un ‘slow travel’ ; pour la santé et l’introspection ; pour réduire son impact environnemental sans réduire l’ampleur de ses rêves ; pour la liberté et la flexibilité ; pour être fier.e de soi”.

Projet à suivre sur Instagram : @assautdesassos et @julia_morath et sur Facebook : @assautdesassosfr

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