Montpellier : un nouveau cap pour le tri et le traitement des déchets alimentaires

Reportage

En 2021, la Métropole de Montpellier met le cap sur la gestion des biodéchets en suivant "une ligne verte" qui part du tri des citoyens jusqu'à la transformation en compost dans l'usine Amétyst.

© Mathieu Weisbuch

Les restes de nos assiettes, nos épluchures et nos fleurs fanées ont une seconde vie. Mais il faut les jeter dans le bon bac. Voilà le message que voulait faire passer la Métropole de Montpellier ce mercredi 8 décembre en visite à l’usine de traitement Amétyst, située dans le quartier Croix-d’argent.

Rassurer les citoyens

Le potentiel d’exploitation des biodéchets en est encore a ses débuts. Il faut dire que le bac orange n’a pas connu un franc succès. Une baisse inquiétante de son utilisation a même été enregistrée. Un manque de transparence entre le tri individuel et la destination des déchets collectés y est peut-être pour quelque chose. D’où cette opération de présentation de l’usine Amétyst, exploitée par Suez, qui prend un virage significatif en faveur du traitement des biodéchets. L’usine est un outil pour la Métropole destiné à conduire sa “ligne verte” qui s’inscrit dans sa politique environnementale.

Une histoire de transparence

Le tri des déchets domestiques est-il entré dans les mœurs ? La quantité effrayante de bouteilles en verre qui finissent dans les bacs gris destinés aux ordures ménagères en fait douter. La première marche à gravir consiste donc à sensibiliser le public au tri. Car “sans le geste citoyen, tout cela ne sert à rien” déclare François Vasquez, délégué à la collecte, au tri et à la valorisation des déchets pour la Métropole. C’est pourquoi le tri et le traitement des biodéchets s’invitent déjà dans certains quartiers. Outre la distribution de bacs individuels, il existe 35 sites de compostage de quartier où les citoyens viennent déposer leurs déchets alimentaires. Il existe aussi 300 composteurs collectifs dans des résidences.

De l’assiette au compost

Ametyst
© Mathieu Weisbuch

Le repas est fini, mais les assiettes n’ont pas été léchées jusqu’à la dernière miette. Donc pour les restes, c’est direction le bac orange ou tout autre réceptacle uniquement dédié aux biodéchets. Les 60 salariés de l’usine Amétyst vont réceptionner ces biodéchets. “Après un petit séjour sur place de quarante-huit heures, un premier tri est effectué pour en soustraire toutes les matières indésirables, les ‘refus’, telles les matières plastiques” explique Bruno Philippe, responsable d’usine. Puis, suit une seconde étape de calibrage afin de réduire la taille des déchets. Ensuite le tout est mélangé avec 20 % de déchets verts, et passe dans 4 box de compostage durant un mois et demi. Les box sont aérés, donc oxygénés, favorisant la dégradation des matières qui deviennent du compost. Enfin, un dernier calibrage par tamisage permet d’obtenir le compost final.

Le potentiel des biodéchets

ametyst
© Mathieu Weisbuch

En un an, sur les 246 000 tonnes de déchets traitées par la Métropole, 1 800 tonnes de biodéchets ont transité par l’usine Amétyst, produisant 1 500 tonnes de compost. Une réduction due à toutes les étapes de la transformation. Or la quantité de biodéchets finissant dans les sacs de poubelle gris est évaluée à 35 000 tonnes, et celle des déchets verts à 25 000 tonnes. Un potentiel que l’usine serait en mesure d’exploiter avec un tri sélectif des particuliers plus rigoureux. Le compost produit sert notamment à entretenir les espaces verts et à répondre à une forte demande du secteur de la viticulture, car il améliore la qualité et la structure des sols.

L’augmentation des apports de biodéchets dans l’usine Amétyst permettrait aussi de développer ce que François Vasquez appelle la “deuxième ligne verte”, à savoir la méthanisation. Une opération qui produit de l’énergie, grâce à laquelle l’usine fournit une partie de l’électricité aux habitants, peut alimenter en chaleur des logements et faire fonctionner des climatisations.

La fièvre du compost ?

Le compost fait des émules. Mieux, il crée du lien dans certains quartiers où les nouveaux gestes ont été adoptés. Dans le quartier Boutonnet, des “apéros compost” ont vu le jour. Les habitants s’y retrouvent pour venir chercher leur part de compost dans des bacs installés à côté de ceux où ils ont pris soin de déposer, en amont, leurs biodéchets. La Métropole a déployé des initiatives pour sensibiliser les habitants dès le plus jeune âge, sous la responsabilité de Célia Serrano, déléguée à la sensibilisation et à la réduction des déchets. Ces ateliers dispensés aux écoliers visent également à les intéresser au phénomène de transformation des micro-organismes, que les enfants ont pu observer de près.

Valoriser le geste citoyen

La Métropole veut donner du sens aux gestes citoyens. “Ceux qui trient paieront moins” assure le maire de Montpellier et président de Montpellier Méditerranée Métropole, Michaël Delafosse. Mais conscient de sa mission et qu’un tel changement de mentalité ne “se fait pas en un claquement de doigts”, l’élu veut donner tous les moyens possibles aux habitants et poursuivre “collectivement” l’objectif “zéro déchet”. Un programme où figurera également un volet destiné aux contrevenants. “Ma main ne tremblera pas au sujet de la délinquance environnementale” a prévenu Michaël Delafosse.

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