Mouna SABONI chez Annie-Gabrielli

Du 8 juin au 14 juillet 2012, La galerie Annie-Gabrielli propose une exposition photo de Mouna…

Du 8 juin au 14 juillet 2012, La galerie Annie-Gabrielli propose une exposition photo de Mouna SABONI, sur un camp de réfugiés en Palestine. 
La galerie a ouvert ses portes en octobre 2011 à Montpellier. L’ambition de sa propriétaire est de promouvoir des photographes sans frontière. Son choix artistique est “ très large, afin de ne pas confiner la photographie à une simple réalisation technique ”. Sa programmation, qui se veut “ orientée et engagée ”, met à l’honneur “ les points de vue singuliers sur notre humanité ”.

Une exposition des Boutographies en partenariat avec l’HJE

 

A peine sortie de sa soutenance de diplôme avec les félicitations du jury, la jeune photographe Mouna SABONI expose des clichés documentaires réalisés en Palestine, dans un camp de réfugiés.
Mouna Saboni est d’origine bretonne, de mère française et de père marocain. Elle a 23 ans et vient de terminer sa troisième année à l’Ecole Nationale Supérieure de la Photographie d’Arles. Son exposition “ Je voudrais voir la mer ” est présentée dans le cadre du festival des Boutographies, rencontres photographiques de Montpellier dédiées aux jeunes photographes, dont l’Hérault Juridique & Economique est partenaire presse.
La série sélectionnée s’appuie sur une vision documentaire attachée au quotidien des ­réfugiés de Deisheh en Palestine, mêlant poésie et fiction. “ Des choses m’indignent, je ne peux pas rester sans rien faire ”, explique à ce sujet Mouna Saboni. Pendant sa troisième année universitaire à Rennes 2, elle est partie six mois en Argentine et a découvert sa vocation dans un bidonville de Buenos Aires :“ Nous avions créé une association avec des amis français et argentins pour aider les populations des bidonvilles, faire de l’alphabétisation, dans la province de Buenos Aires. C’est là que j’ai décidé de faire de la photo et du documentaire ”. Une vocation précoce, donc. Puis, durant ­l’automne 2010, la jeune photographe décide de se rendre en Palestine : “ J’y suis arrivée en cherchant une chambre en guest-house ; j’ai été très bien accueillie, j’y suis restée ”. Sur place, elle travaille notamment avec le centre culturel IBDAA : ses photos montrent la vie dans le camp de réfugiés de Dheisheh à Bethléem, où elle loge, et soulignent la détresse des jeunes Palestiniens. Elle réalise également des couvertures photographiques des activités de Médecins du Monde. Trouvant rapidement sa place aux côtés des réfugiés, elle parle souvent avec eux de la poésie de Darwich. Son projet initial est d’ailleurs de partir sur les traces de ce poète engagé mort en 2008 et dont l’œuvre l’a beaucoup marquée. Dans le camp, 70 % de la population a moins de 18 ans et la plupart ont déjà été emprisonnés. Elle propose alors de faire des photos sur le thème de la prison, des femmes de prisonniers (mères, épouses, fiancées, sœurs) et de leur vie au quotidien, souhaitant préserver un regard extérieur : “ On ne peut pas s’approprier les causes qui ne sont pas les nôtres ”… A Hébron, elle anime pour des enfants un atelier photo avec des appareils jetables. En 2011, elle repart sur les pas de Darwich et commence à utiliser la caméra. En Palestine, comme le montrent ses photos, “ il n’y a pas de fatalisme, mais une rage de vivre extraordinaire ; cette force, c’est leur raison de vivre ”.
(Annie Gabrielli / VM)
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