Palavas-les-Flots : aménagements, récif artificiel, conserves d'anguilles… les projets du maire Christian Jeanjean

Hérault Tribune Pro Reportage

Élu pour la sixième fois maire de Palavas-les-Flots en 2020, Christian Jeanjean détaille l’art de vivre palavasien, ses projets à venir et les impacts du tourisme sur sa station balnéaire.

Photo : le maire Christian Jeanjean © Ville de Palavas-les-Flots.

Pourriez-vous dresser le portrait de votre commune ?

Christian Jeanjean : « Palavas-les-Flots est une commune du bord de mer créée par des pêcheurs, et avec 7 kilomètres de plages de sable fin. Jusque dans les années 1950, la pêche était l’activité essentielle de la station balnéaire. Désormais, avec le tourisme, notre station passe de 6 000 habitants à plus de 100 000 résidents en été ; c’est une des activités essentielles.

Un pêcheur de Palavas, dans l'Hérault © Mathieu GARNAULT
© Mathieu Garnault

C’est une jolie petite station balnéaire de 860 hectares, dont 560 hectares d’étangs. Cette grande propriété s’est développée entre les lagunes et la mer. Palavas est entourée d’eau ; c’est un lieu de pêche et l’endroit le plus iodé de la côte.

Notre ville évolue vers un tourisme à l’année, et non plus seulement d’été, puisqu’environ 500 000 habitants sont à nos portes et apprécient de passer leurs week-ends ici. Palavas est la plage du grand Montpellier : dès qu’il y a un rayon de soleil, même en hiver, les gens affluent. Ce tourisme permanent nous équilibre, et nous sommes heureux d’accueillir cette population qui aime le soleil, la mer, la détente, la famille et la quiétude. »

plage © Ville de Palavas les Flots
plage © Ville de Palavas les Flots

Quel est l’esprit de Palavas ? Quels sont ses atouts ?

Christian Jeanjean : « Elle a pour atouts la proximité d’un bassin de population important ; la qualité de sa plage de sable fin ; 3 ports qui fonctionnent bien et 2 000 bateaux de plaisance ; un commerce alimentaire et vestimentaire à l’année – c’est essentiel, le Casino attire toujours énormément de clientèle et réalise actuellement de gros aménagements pour plaire encore plus ; un hôpital pour enfants qui emploie de nombreuses personnes et qui est dynamique, puisqu’il est en train de créer un gymnase sur la plage, avec la possibilité de développer l’accueil sportif du handicap… Les enfants de la naissance à 18 ans qui souffrent de problèmes osseux notamment reçoivent des soins à l’Institut Saint-Pierre et je le répète, dans un microclimat exceptionnellement iodé : un bienfait pour la santé.

En résumé, Palavas est une ville sympathique où tout le monde vit bien : le banquier côtoie l’ouvrier, les mocassins en cuir côtoient les espadrilles. On est ensemble, sans barrières, quels que soient la couleur de la peau, le statut social… Tout le monde vit ensemble. C’est ce que nous avons souhaité maintenir. »

Quels sont vos projets pour ce mandat ?

Christian Jeanjean : « En matière d’urbanisme, les projets doivent être mesurés, le plan de prévention des risques d’inondation guide notre évolution. Notre double slogan est « Palavas, le bonheur, il est là… » et « La qualité, pas la quantité »

La Ville mène un projet de réaménagement de la circulation dans Palavas, pour des raisons de sécurité et de protection. Prévu il y a deux ans, ce réaménagement sera en place fin mai – début juin. Il consiste à installer des barrières avec lecteur de plaques autour du centre-ville pour maintenir le calme et la sécurité. Limiter l’accès des voitures au centre-ville permettra de préserver la quiétude des familles.
Nous modifions les axes et supprimons beaucoup de parkings, comme celui de la mairie, ou sur la rive droite, pour que les automobilistes puissent faire le tour de la ville sans entrer dans le centre. Nous voulons faire du centre-ville un petit havre de paix.

Autre grand projet, le développement des déplacements doux nous incite à mettre en place 120 box à vélos sur la plage rive gauche, et 120 box rive droite – équipés d’un gonfleur et d’un chargeur de batterie – pour éviter les vols et les dégradations. Cela permet aux gens d’aller à la plage en vélo et de profiter de la plage l’esprit tranquille.

Nous avons également initié un projet de protection contre les tempêtes, car elles peuvent créer de nombreux dégâts. Contrairement à ce qui se dit, notre cordon littoral n’a pas bougé en soixante-dix ans, mais en cas de tempête, il y a de la casse. Nous allons donc mener une première expérience sur la rive droite entre le port et le premier brise-lames : un récif artificiel va être implanté pour casser le pied de vague et faire office de brise-houle. Il est aussi destiné à accueillir les poissons juvéniles pour qu’ils se mettent à l’abri et ne se fassent pas dévorer. Cela fera de la biomasse sur 7 km. Quand les poissons naissent, seuls 10 % survivent et atteignent la maturité. Ce projet devrait augmenter le taux de survie à 20 %. Il permettra de redonner un coup de fouet à la pêche professionnelle et de plaisance. La plaisance veut aussi trouver du poisson tels que le rouget, la daurade, le pageot, le sar… Si l’on rentre bredouille de la pêche, ce n’est plus un plaisir. Nous essayons de favoriser la plaisance, qui est une activité touristique, une joie familiale. Les personnes qui vont manger du poisson au restaurant, c’est aussi toute une économie, il faut qu’il y ait du poisson pour animer notre côte.

Un exemple de récif artificiel (Bali).
Un exemple de récif artificiel (Bali).


Ce récif artificiel est en cours de réalisation avec la faculté, sous la direction du Professeur Bouchette, et avec la start-up montpelliéraine Line-Up. Nous avons le moyen de trouver des solutions pour lutter contre la submersion due au réchauffement climatique. Je crois en l’intelligence humaine. L’Homme est capable de se défendre. Mais, si nous devons respecter la nature, celle-ci doit aussi nous respecter. Pour ce projet, l’investissement est de 30 millions d’euros. Nous allons solliciter des aides de l’État, de la Région Occitanie et du Département de l’Hérault. Nous rembourserons l’emprunt couvrant la somme restante sur soixante ans avec des taux spéciaux applicables aux travaux essentiels.

Nous allons procéder au réaménagement de la Salle Bleue, la réhabiliter. À l’intérieur, 3 configurations différentes seront possibles : une salle d’exposition, un théâtre (lieu culturel de 300 à 800 fauteuils, grâce à un dispositif évolutif) et un centre des congrès avec de petites et de grandes salles, des loges, des toilettes. Ce projet nécessite un investissement de 7 à 8 millions d’euros. Il sera réalisé avec le Pays de l’Or par la SEM L’Or Aménagement / L’Or Autrement. Ce projet devrait être achevé d’ici trois ans.

La salle bleue © Ville de Palavas les Flots
La salle bleue © Ville de Palavas les Flots

Autre réaménagement en vue, celui du Phare de la Méditerranée, qui a été construit il y a plus de vingt ans. La vue du pont promenade et du restaurant tournant est exceptionnelle ! Le Phare va être réhabilité, remis au goût du jour, pour continuer à constituer un intérêt majeur pour les touristes. Des animations y seront organisées, notamment pour améliorer la connaissance du lieu. Les visiteurs seront ensuite invités à découvrir le Parc municipal Saint-Pierre. Cet investissement sera de l’ordre de 1,5 million d’euros. La réalisation devrait prendre deux ans.

Phare de la Méditerranée à Palavas © Pascal Valette
Phare de la Méditerranée à Palavas © Pascal Valette

Un autre projet me tient à cœur : faire face à la diminution du tirant d’eau des étangs due aux vases et alluvions du bassin versant. Nous nous trouvons devant un problème difficile à résoudre. Nous les draguerions bien, mais il nous est interdit de rejeter en mer toutes les vases qui seraient évacuées. J’ai confiance en l’innovation, en l’intelligence humaine, comme je l’ai déjà dit. Je ne baisse pas les bras. Nous trouverons une solution. Les lagunes sont une nurserie pour les poissons juvéniles. Supprimer les étangs reviendrait à supprimer les poissons. C’est l’une des raisons pour lesquelles nous travaillons à la protection des étangs.

Encore un projet en cours, le lancement, avec la Prud’homie des Patrons Pêcheurs de Palavas, de l’usine de conserves d’anguilles. C’est un projet en lequel je crois beaucoup. L’anguille de Palavas dans les années 1950-2000 a repeuplé tous les étangs d’Europe. Elle est délicieuse et mérite d’être promue ».

Vous semblez tenir à un lien par téléphérique entre Montpellier et Palavas…

Christian Jeanjean : « J’ai eu une discussion avec Michaël Delafosse à ce sujet. J’espère que nous trouverons un accord. Je plaide pour le téléphérique. Mon projet serait que des petites cabines desservent Montpellier, Palavas, Carnon et La Grande-Motte. Un téléphérique coûte trois fois moins cher qu’un tram et consomme peu. On peut moduler le nombre de cabines en fonction de la météo. Il faut oser dans la vie, et faire rêver. Les gens ont besoin de rêver. Soyons modernes et osons faire le plus beau télécabine au monde et faire aussi découvrir la mer et nos paysages au monde entier ! Depuis dix ans que j’en parle, Grenoble, Brest et Bordeaux ont créé des téléphériques. Qu’est-ce qui nous empêche d’en faire un ? ».

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