Retour sur la commémoration du 11 Novembre en vidéo : « se souvenir et agir pour notre époque »

 La commémoration du 11 Novembre a une nouvelle fois permis de réunir une belle…

 

La commémoration du 11 Novembre a une nouvelle fois permis de réunir une belle affluence autour du maire de Bessan, Stéphane Pépin-Bonet, des élus de la municipalité, des représentants du monde combattant et des personnalités, dont le conseiller départemental Sébastien Frey. L’originalité de la cérémonie bessanaise est qu’elle s’est déroulée en fin de journée, en nocturne, donnant une dimension toute particulière à ce rendez-vous émouvant.

Au-delà des traditionnels discours des représentants des anciens combattants, ce moment à la fois solennel et patriotique a permis de citer les noms de tous les Bessanais morts pour la France. Ceux de la première guerre mondiale, mais également ceux de tous les conflits. Un moment particulièrement poignant. Devant le monument aux morts du cimetière (représentant un poilu), les autorités ont déposé les traditionnelles gerbes de fleurs en présence des représentants du conseil des sages, des jeunes, des sapeurs-pompiers et de la batterie fanfare départementale des sapeurs-pompiers.

Alors qu’un hommage était rendu aux porte-drapeaux mis en avant face au monument, Stéphane Pépin-Bonet a clôturé la cérémonie en disant : « Malgré la beauté et la grandeur dont sont capables les hommes, la bêtise triomphe trop souvent. La connaissance de l’histoire, en ce sens, ne nous protège de rien et ne nous épargnera pas. Aussi, je ne veux pas uniquement invoquer aujourd’hui le devoir de mémoire et la connaissance de l’histoire. Permettez-moi d’invoquer une inquiétude bienveillante et active sur notre société, notre époque et sur nous-mêmes ». 

Après un morceau joué en hommage aux victimes du terrorisme, pour rappeler au souvenir des victimes des attentats de Paris du 13 novembre, le verre de l’amitié a été partagé dans la salle Raymond Devos, accueillant une superbe exposition de dessins sur la première guerre mondiale.

Ci-dessous également reproduit : le discours de M. le Maire de Bessan lors de la cérémonie.

 

Le discours du maire de Bessan lors de la cérémonie du 11 Novembre 2017

 

Bessanaises, Bessanais, Mesdames, Messieurs, comme vient de le dire la Secrétaire d’Etat auprès de la Ministre des Armées, dans le message lu par Laurence Thomas : « 99 années ont passé depuis cette fin de matinée où, ce 11 novembre 1918, à 11h, sur le front, les clairons ont surgi pour sonner le cessez-le-feu ». Nous commémorons aujourd’hui la signature de l’Armistice de 1918 entre les forces alliées et l’Allemagne. Nous rendons aussi hommage à tous les enfants de la France morts pour la patrie, et nous venons d’entendre avec émotion le nom de tous nos Bessanais.

Ce jour du 11 novembre, comme celui du 8 mai, sont des plus utiles à notre société, car il sollicite de nous une attention très particulière au passé. Précisément, cette cérémonie nous permet de rendre hommage à ces femmes et ces hommes qui ont donné leur vie pour notre pays. Elle nous permet de nous interroger sur ce que nous leur devons. Sans passé, il n’y a pas d’avenir. Sans eux, sans leur sacrifice, pourrions-nous mesurer à ce point combien notre devise républicaine est précieuse ? 

Liberté, Egalité, Fraternité : c’est ce que les hommes et les femmes morts pour la France ont défendu au prix de leur vie. C’est, je crois, ce que nous devons défendre au prix de nos actes quotidiens. C’est donc le devoir de mémoire qui nous réunit aujourd’hui. Devoir de mémoire : une expression que l’on entend fleurir les jours de commémoration ; une expression si souvent répétée, si souvent entendue et malheureusement si peu questionnée. Par nature, le souvenir est toujours menacé d’un risque d’épuisement. La mémoire est utile dans la mesure où elle est active. 

En ce 11 novembre 2017, quelle connaissance de l’histoire nous rassemble aujourd’hui ? Nous savons que l’esprit de conquête, l’envie de revanche, et sans doute l’incapacité de certains dirigeants politiques à préserver la paix, ont fait des millions de morts durant la première guerre mondiale. Nous savons que c’est toute l’Europe qui a sacrifié sa jeunesse dans une guerre délirante et odieuse. L’histoire retient aussi que ce sont des continents entiers qui ont sacrifié des vies pour la France, car il ne faut pas oublier les combattants d’Afrique noire et d’Afrique du Nord, ceux d’Asie ou d’Indochine… Au-delà des 9 millions de morts sur les champs de bataille, la guerre 14-18 aura aussi fait près de 20 millions de blessés.

Malgré la beauté et la grandeur dont sont capables les hommes, la bêtise triomphe trop souvent. La connaissance de l’histoire, en ce sens, ne nous protège de rien et ne nous épargnera pas. Aussi, je ne veux pas uniquement invoquer aujourd’hui le devoir de mémoire et la connaissance de l’histoire. Permettez-moi d’invoquer le devoir de bienveillance. La bienveillance qui, par définition, vise le bien et le bonheur d’autrui. Etre dans la bienveillance, c'est une manière d'être présent aux choses de la vie, d'y être attentif. Être attentif non pas tant aux choses elles-mêmes, mais être attentif à ce qui va arriver.

C’est en ce sens que je vous invite en cet instant commémoratif à de l’inquiétude pour l’autre, à de l’inquiétude pour notre époque : une inquiétude bienveillante et active. Comment pouvons-nous agir pour faire en sorte que le meilleur soit possible ? Notre époque bruyante est sceptique. Notre désir d’agir est souvent freiné par des « à quoi bon » : à quoi bon voter, à quoi bon se battre, à quoi bon rester honnête quand les autres ne le sont pas, à quoi bon participer, se mobiliser…  C’est bien pourquoi il y a urgence à abandonner nos dispositions individualistes, à prendre plus de risques pour les autres, à mettre son propre confort en danger avec des gestes de partage.

C’est ce que les poilus des tranchées ont porté comme valeurs essentielles lors de la première guerre mondiale. Certes, souvent contraints, car on ne part pas en guerre avec l’envie, mais ils ont pris des risques pour les autres et, sans eux, nous ne serions pas aujourd’hui en droit de penser et de vivre avec ce formidable esprit de liberté. C’est l’honneur de ma fonction de Maire que de m’employer à promouvoir cette solidarité, cette paix et cette sérénité. 

Le souci de l’autre, l’action et la bienveillance : voilà ce qui peut nous permettre de mieux vivre ensemble au niveau des peuples dans le monde et en Europe, au niveau de notre beau pays qu’est la France et, surtout, au sein même de notre communauté bessanaise. Vive Bessan, Vive la République, Vive la France.

 

A voir également la vidéo réalisée par le Bessanais Henri Druilhe. Merci à lui.

 

Lien de la vidéo : https://vimeo.com/242401321

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