Sète : le trafic ferroviaire a repris au départ du port de Sète-Frontignan

Hérault Tribune Pro Reportage

Jean-Luc Gibelin, Vice-président chargé des Mobilités pour tous et des Infrastructures de transports, représentant la présidente de Région Carole Delga, et Jean-Claude Gayssot, Président du Port de Sète - Frontignan, ont inauguré la reprise d’un trafic ferroviaire de marchandises dans le port. Ils étaient déjà présents il y a six ans, à la mise en place du lancement de ce trafic.

Le port de Sète-Frontignan et la Région Occitanie ont investi dans une nouvelle plateforme ferroviaire de 6 hectares. Livrée fin octobre 2021, elle dispose de 3 voies de chargement et est dédiée à accompagner le développement du trafic ferroviaire, dont le projet Sète-Calais retenu par le gouvernement français comme future autoroute ferroviaire.

Exemplarité

Jean-Luc Gibelin explique “c’est la concrétisation d’une position de la Région, voulue par sa présidente Carole Delga. Le 1er vice-président Didier Codorniou le porte également. C’est une volonté forte de la Région d’avoir des avancées concrètes sur l’intermodalité : la multimodalité entre la mer et le rail. C’est un élément important, car on prévoit une augmentation importante des chiffres et le port doit avoir l’attractivité qui lui est nécessaire, c’est-à-dire avoir cette capacité à enchaîner avec le ferroviaire. Cela donne intérêt aux compagnies maritimes et aux chargeurs de venir sur Sète. Cela permet, à partir de Sète, de couvrir la quasi-totalité de l’Europe et de supprimer beaucoup de camions sur les routes, même si on les maintient avant et après. On est donc bien sur une complémentarité et un élément concret en matière de transition énergétique. Nous souhaitons que le port de Sète devienne rapidement une plateforme modèle sur la façade méditerranéenne. C’est cohérent avec ce que nous avons fait sur le train primeurs par exemple. Nous sommes sur le développement du ferroviaire à l’échelle de la région. L’essentiel des autoroutes ferroviaires en France passe d’une manière ou d’une autre par l’Occitanie ; ce n’est pas tout à fait par hasard.

Jean-Claude Gayssot affirme : “dans les moments que nous vivons sur les questions de l’approvisionnement, de la souveraineté, de l’énergie, des coûts, l’heure n’est pas venue de baisser la garde concernant l’engagement en faveur de la transition écologique et énergétique. L’heure est au contraire à la mobilisation pour faire en sorte qu’advienne ce dont nous sommes convenus, Carole Delga et moi, c’est-à-dire notre projet stratégique 2021/2025. Celui-ci inclut le développement durable pour l’emploi, l’activité, la lutte contre les gaz à effet de serre. Il s’agit de faire face au dérèglement climatique et à la catastrophe écologique qui nous menace. Je dis oui, mille fois oui pour le report multimodal et tout ce qui doit être fait pour continuer le développement des activités et la stratégie de lutte contre les gaz à effet de serre. La démarche vise à ne pas baisser les bras, malgré toutes les difficultés que nous connaissons, en travail d’équipe.

Près de 10 M€ d’investissement

Le montant des travaux s’élève à 9,4 M€ dont 5,7 M€ ont été financés par la Région Occitanie pour les aménagements ferroviaires, et 3,7 M€ financés par le port pour l’aménagement de la plateforme. Le projet a également été financé à hauteur de 725 000 € par la dotation de soutien à l’investissement local (DSIL) et de 5,14 M€ de crédits européens du fonds européen de développement régional (Feder).

Chargement horizontal

Sélectionné à l’issue d’un appel à projets pour la gestion de la nouvelle plateforme, l’opérateur ferroviaire VIIA, filiale de la SNCF, devrait investir 8 millions d’euros pour le déploiement de la technologie de chargement horizontale ‘Modalhor’ sur le port de Sète. VIIA lancera de nouveaux services : la ligne Sète – Calais (18 heures de transit) sélectionnée dans le cadre des autoroutes ferroviaires, et les connexions Sète – Bettembourg (12 heures de transit) et Sète – Gennevilliers.

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JC Gayssot et JL Gibelin

Une ligne vers Cologne

Un second opérateur, la société Cargobeamer associée à l’opérateur ferroviaire Europorte, opère depuis mars 2022, à raison de 2 trains par semaine à destination de Cologne en Allemagne, puis développera de nouvelles lignes à destination de Kaldenkirchen aux Pays-Bas. Ces trains à destination de Cologne sont aujourd’hui opérés majoritairement pour le chargeur Ekol, qui est à l’origine de cette ligne régulière en Méditerranée.

Olivier Carmes explique : “cela fait trois semaines que nous avons 2 départs par semaine sur cette destination. Ekol assure entre 80 et 100 % des 19 wagons et 38 places utilisables. Et ce n’est qu’un début. Notre objectif est fixé à 40 000 unités à l’horizon 2025, contre 10 000 à ce jour. “ Pour Jean-Claude Gayssot, “les fréquences vont augmenter. Nous sommes à 2 actuellement et nous souhaitons doubler. Et identifier de nouvelles destinations“.

Autoroute de la mer

L’armateur DFDS, implanté à Sète depuis juillet 2019 pour combiner les services ferroviaires et maritimes, opère aujourd’hui une autoroute de la mer entre les ports de Yalova et Sète à raison de 4 escales par semaine. En 2021, plus de 80 000 unités (semi-remorques et conteneurs) ont transité par le port de Sète, offrant ainsi une alternative maritime rapide et compétitive aux transporteurs qui utilisent d’ordinaire la route entre l’Anatolie et l’Europe. La société DFDS affrète les trains d’une quarantaine de wagons. La société EKOL lui en préréserve déjà trente-deux.

Jimmy Marolle, de DFDS, a souhaité “remercier tous les acteurs qui ont participé à ce beau projet, la Région et le port de Sète, qui a répondu à toutes nos attentes. Nous sommes très heureux de participer à cette transition écologique. Nos navires sont équipés d’épurateurs de CO2, on s’inscrit également dans ce projet de développement durable. En tant que compagnie maritime, nous avons également pour projet de réduire de 45 % nos émissions de CO2 d’ici 2030 et d’être “carbone neutre” d’ici 2050. Nous travaillons déjà sur des projets pour changer la technologie sur nos navires. Nous en sommes au début. Le bassin méditerranéen a un rôle à jouer dans cette transition écologique. On s’attend à des relocalisations d’entreprises, notamment sur la Turquie, les pays nord-africains. Nous serons là pour accompagner cette transition écologique. Nous opérons aujourd’hui 19 navires sur 70 dans notre flotte européenne et nous accompagnerons cette transition. Si le marché grandit, nous serons là pour l’accompagner. Nos navires sont de taille plus importante et le port de Sète dispose des installations adaptées pour les recevoir ; c’est un hub méditerranéen pour nous.

Report multimodal et environnement

De nombreux transporteurs seraient intéressés par le report multimodal, dont les transports Mars, Ares, Vip et Sunlog. Ces services permettront d’offrir une alternative aux flux routiers. Les trains transporteront au début 42 unités dans les deux sens, constituées essentiellement de pièces détachées pour l’industrie automobile à destination du Royaume-Uni et de l’Allemagne. Le transport ferroviaire est la solution idéale pour contribuer à la réduction de l’empreinte carbone du transport de marchandises et à la transition énergétique, fers de lance de la stratégie du Port de Sète-Frontignan et de la Région Occitanie, propriétaire du port, tout en répondant à une demande croissante des clients transporteurs dans un souci d’innovation, de flexibilité et de respect de l’environnement.

Ce nouveau service a une composante environnementale forte. En 2022, le port ambitionne de faire passer sa part modale ferroviaire de 15 % aujourd’hui à plus de 25 % en 2025. Entre 30 et 40 000 semi-remorques par an transiteront à terme via le fret ferroviaire, ce qui retirera 40 000 camions des routes.

Olivier Carmes, directeur du port, explique : “nous sommes au cœur de la stratégie ferroviaire multimodale du port. Le projet stratégique 2021/2025 implique de développer tout ce qui est intermodalité, dont le ferroviaire, mais également le fluvial avec la mise au gabarit du canal du Rhône à Sète. Pour le ferroviaire, nous sommes aujourd’hui à la deuxième phase de développement sur les remorques et les conteneurs. Sur l’ancienne plateforme, nous étions montés à 10 000 remorques par an vers Paris, le Luxembourg et Calais en ligne régulière. Sur les 30 000 remorques Ekol, un tiers passaient par le ferroviaire.” Il rajoute “nous devions libérer l’ancienne plateforme dans le cadre des travaux de la future gare maritime. Nous en avons profité, avec la Région, pour faire mieux que ce qui existait : nous avons une surface de 6 hectares avec la possibilité de charger 3 trains simultanément.

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