VIAS - Au Théâtre de l’Ardaillon, la « Compagnie du Chat qui Dort » libère l’inconscient diabolique

Au Théâtre de l’Ardaillon, la « Compagnie du Chat qui Dort » libère l’inconscient diabolique humain…

Au Théâtre de l’Ardaillon, la « Compagnie du Chat qui Dort » libère l’inconscient diabolique humain avec « Cosmétique de l’Ennemi » 

« Libre !!! Libre ! Libre… Je suis désormais libre… » Dixit « Jérôme Angust », interprété par Tom Torel

Imaginez un instant que l'amour fou éprouvé pour votre femme vous conduise au crime passionnel parfait et que le seul moment où la vie vous laisse y resonger soit 10 ans après, le vendredi 24 mars 1999, dans un aéroport, lors d’un retard indéterminé d’avion à destination de l’Espagne… Vous voici plongé au cœur de « Cosmétique de l'Ennemi », pièce de théâtre renversante, issue d'un texte d'Amélie Nothomb, interprétée par la « Compagnie Le Chat qui Dort ». Cette histoire, minutieusement mise au point et achevée pendant ces 2 dernières semaines, relate avec subtilité les méandres vertigineux de la complexité du cerveau humain et son inconscient diabolique…

Tout débute dans la salle d’attente d’un aéroport où retentit une annonce : « Le vol à destination de Barcelone est retardé pour raison technique et pour une durée indéterminée ». Un homme, Textor Texel (interprété par Georges Duhourcau), joue un blues à l’harmonica. Apparaît alors un voyageur, Jérôme Angust (interprété par Tom Torel), qui, après s’être installé au bar pour patienter, sort un livre qu’il commence à lire, sans grande conviction. Le joueur d’harmonica apostrophe subitement cet homme sans autre forme de procès : « … c’est assommant ces retards d’avion ! ».

Commence alors pour Jérôme, malheureux voyageur, une véritable descente aux enfers. Entre agacements et énervements, ce personnage ne comprend pas ce que lui veut ce Textor Texel, insistant et vulgaire. Le spectateur, persuadé de l’existence des deux personnages en présence, se laisse embarquer dans une vieille histoire de crime passionnel que nous compte l’imposteur : « Il me manquait une pièce maîtresse à mon crime… son prénom. J'ai eu la réponse le lendemain matin dans le journal. Elle s'appelait Isabelle. Et oui, Isabelle, votre épouse ! Je suis l'assassin de votre femme… ».

Après une sollicitation des forces de l’ordre pour arrêter l’assassin, Jérôme se rend compte qu’il est seul face à lui-même lorsque les policiers lui demandent ses propres papiers d’identité, et non ceux de Textor Texel. Le public découvre alors avec stupeur le dénouement de la pièce : « Il est bien possible que tu n’aies vécu jusque-là rien que pour me rencontrer. Décidément tu n'as rien compris. Il n'y a personne assis sur la banquette à côté de toi. Tu es le seul à me voir. Je suis la partie de toi qui te connaît trop bien et que tu ne connais pas. L'ennemi intérieur n’a pas d'existence physique. Rappelle-toi ce que tu as fait le vendredi 24 mars 1989 à 17h ? Ce matin ton cerveau ne s'est même pas rendu compte que l'on était justement le 24 mars, jour du meurtre de ta propre femme. Voilà pourquoi je suis apparu. Mon pauvre Jérôme tu as en toi le pire ennemi. Je suis ta partie diabolique. Tu es l’incarnation même du criminel du XXIème siècle. Tu aurais dû me dire : pourquoi ai-je tué ma femme Isabelle ? Et je t’aurais répondu que celui qui l'a tuée est celui qui l'aimait le plus, c’est-à-dire toi. Moi je n’existe pas, je suis simplement la partie de toi qui te détruit. Ce retard indéterminé d'avion était l'occasion de te parler, le seul moment où tu as été disponible, en 10 ans. Alors tue moi désormais et libère toi de cet atroce meurtre, ou tu demeureras enfermé à jamais dans cette prison qu’est ton cerveau… ». En se frappant intensément et à plusieurs reprises la tête contre un mur de cet aéroport qui devait l’emmener en Espagne, Jérôme décida de mettre un terme à son acte cruel, par l’achèvement tragique de cette vie qui était la sienne. Les passagers, stupéfaits, l’ont entouré sans jamais pouvoir intervenir, vu la détermination et la force employées par cet homme…

 

Depuis le lundi 24 octobre, les artistes de la « Compagnie Le Chat qui Dort » ont travaillé d’arrache-pied sur les planches de l’Ardaillon. Cette sortie de résidence consistait à créer et mettre en place les derniers éléments pour achever leur pièce de théâtre « Cosmétique de l’Ennemi ». Les spectateurs ont découvert cette création unique, ce vendredi 28 octobre 2016.

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