Jean-Pierre Rico : Pérols, une ville dynamique, attractive et agréable à vivre

Hérault Tribune Pro Reportage

Rencontre avec Jean-Pierre Rico, maire de Pérols, pour évoquer l’économie de sa cité, ses projets, mais aussi l’environnement…

Pourriez-vous dresser un portrait de Pérols ?

Jean-Pierre Rico : « Pérols est une ville de caractère, festive, où règne la convivialité et où le lien social est préservé et cultivé. L’équipe municipale met l’accent sur les activités multigénérationnelles. 40 % de notre budget est consacré à la petite enfance, à l’enfance et à la jeunesse. 60 % des employés municipaux sont dédiés à la jeunesse. 

Pérols s’étend sur une petite surface de 9 km2 – à comparer à Mauguio et ses 74 km2 ou à Lattes et ses 37 km2. Pérols est une petite commune. D’autant que sur 9 km2, il y a 3 km2 d’étangs et de zone humide et 3 km2 de terres inconstructibles inondables (au PEB, PPRI). La partie sud de la ville est placée en loi Littoral, classée Natura 2000, Espace naturel et Espace naturel remarquable. La partie construite (vieux village, quartier résidentiel, entreprises) tient sur 3 km2, autrement dit dans un mouchoir de poche. Pérols est un village qui reste pavillonnaire et agréable, situé à 4 minutes de la mer et de Montpellier. C’est une situation enviable. »

La construction prochaine du stade Louis-Nicollin sur votre commune est un grand événement… 

Jean-Pierre Rico : « La création du stade Louis-Nicollin est l’un des projets phares menés sur la commune. La concertation s’est achevée le 15 octobre ; les deux garantes remettront leur rapport vers le 15 ou le 30 novembre. A l’issue de cette procédure, le groupe Nicollin et la SA3M apporteront leurs éléments de réponse, puis le projet sera finalisé et le permis de construire déposé. Il s’agit d’un projet d’envergure sur le territoire de Pérols puisqu’il nécessite 180 ou 190 millions d’euros d’investissement et pérennisera 1.000 emplois directs ou indirects. Doté de 24.000 places, il sera essentiellement dédié au football, mais pourra accueillir occasionnellement de grands matchs de rugby et des manifestations importantes.

La volonté du groupe Nicollin est d’en faire un vrai lieu de vie, avec un hôtel, un centre de bien-être ouvert à tous, des restaurants, le musée Louis-Nicollin. Ce sera un pôle -d’attractivité important. Il accueillera même des congrès. 

Le groupe Nicollin veut que lorsqu’un match est annoncé pour 17h00, les gens puissent venir en famille ou entre amis dès le matin, car ce sera un grand lieu de convivialité, et l’idée est qu’ils restent sur place après le match, dans les lieux de convivialité. Autrement dit, ce sera tout l’inverse du stade actuel de la Mosson, où il n’y a pas grand chose autour. L’idée est d’en faire un pôle d’attractivité, de drainer la population vers le territoire ».

Quelle place tient l’économie à Pérols ?

Jean-Pierre Rico : « La partie Nord et Est de Pérols est consacrée à l’économie. 2021 acteurs économiques y sont installés, de l’artisan à Auchan, à la Mutuelle des Motards, Computa Center, Mutac, Dwarf… 

La Mutuelle des Motards, à Pérols.
La Mutuelle des Motards, à Pérols.

Pérols abrite des entreprises de pointe. Par exemple, Dwarf (industrie culturelle et créative) travaille avec Walt Disney, fait des productions pour Netflix, des dessins animés numériques.

dwarf animation
Dwarf Animation

Computacenter, avec sa technologie de miroir informatique, pilote à distance des data centers pour des entreprises du CAC 40 et de gros industriels.

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Computacenter

L’entreprise F.one est le numéro 2 mondial de la production de kite surf et le numéro 1 de wing surf. Ces 2 021 acteurs économiques génèrent 5.700 emplois pérennes sur les 3 km2.

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Des tests de produits F.one

Pérols compte 9 200 habitants et 5 400 actifs. Autrement dit, il y a plus d’emplois que d’actifs sur mon territoire. Le taux de chômage est de 10 %, ce qui semble être un seuil incompressible.

Les projets économiques continuent  ?

Jean-Pierre Rico : « Un opérateur privé est en train de construire un centre d’affaires de 11.000 m2 qui mobilise 25 millions d’euros d’investissement. Cet hôtel d’entreprises accueillera rapidement un porteur de projet, Studi, qui s’installera dans le bâtiment Le Player.

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Studi center (Terres du Soleil Promotion, architecte Antoine Garcia Diaz)

Studi, déjà installé à Pérols, voulait en effet regrouper ses activités dans un seul bâtiment. Ses 650 employés formateurs y seront installés, ce qui permettra à Studi de faire face à sa très forte croissance générée par le développement de la formation à distance depuis le début de la pandémie de Covid-19. Seuls les formateurs seront sur le site. Il n’y aura pas d’élèves accueillis, puisqu’il s’agit de formations 100 % digitales. Studi prévoit 500 recrutements à terme. Il y a un tel déficit de formateurs que Studi a mis en place une formation de formateurs à tous les niveaux (du niveau bac à bac +6). Studi prend donc 7.000 m2 au Player, et a déjà posé une option sur 4.000 m2 supplémentaires, dans un deuxième temps, dans le même bâtiment. »

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A quoi attribuez-vous l’intérêt des entreprises pour Pérols ?

Jean-Pierre Rico : « Leur intérêt est suscité par le positionnement unique de Pérols, aux portes de l’aéroport, à 4 minutes de la gare TGV Sud de France, au croisement des sorties d’autoroute, près de la mer, à mi-chemin entre Montpellier et la plage. Par le desservissement par le tramway également : il y a 3 stations de tram sur la commune et le terminus. Pérols dispose d’une zone de chalandise de 200.000 m2. Les habitants comme les salariés bénéficient de tous les services à proximité. Et même de services de santé avec la clinique du Millénaire, la clinique Saint-Roch, la clinique Saint-Jean… » 

Vous parliez en début d’interview de la petite surface dont vous disposez. Pouvez-vous encore accueillir des entreprises ?

Jean-Pierre Rico : « Pérols est construite jusqu’à ses frontières ; le territoire est saturé. Il reste juste la partie Nord, le Fenouillet, à requalifier dans le cadre du projet Ode. Sur la partie non inondable, face au futur stade Louis-Nicollin, l’objectif est de transformer les commerces des années 70 en un lieu économique et commercial à la hauteur des besoins actuels. Une partie de la zone Nord ne peut pas servir au logement à cause de la proximité de l’aéroport, donc nous y installerons des commerces en rez-de-chaussée et des entreprises de services aux étages. »

Justement, où en êtes-vous côté logement ?

Jean-Pierre Rico : « Le Campus a été construit le long de la ligne de tram, à Pérols. Composé de 334 logements étudiants, il s’agit d’un foyer pour jeunes travailleurs et jeunes mobiles (100 logements et 10 logements d’urgence) dont l’avantage est d’accueillir des jeunes de 16 à 24 ou 26 ans pour une semaine, un mois, six mois, au maximum deux ans. Dans le cadre des nouveaux métiers comme le numérique, de plus en plus de jeunes sont des nomades professionnels qui se déplacent de ville en ville, voire de pays en pays, en fonction des besoins. Ce foyer répond à leurs besoins. C’est une résidence pour jeunes actifs.

Campus Perols perspective campus ocre
Le Campus, à Pérols.

Mon objectif – validé par la ministre du Logement et l’article 109 de la loi Elan du 23 novembre 2018 – est de compenser progressivement le déficit de logements sociaux en bâtissant prioritairement ce type de logements, comptabilisés comme sociaux, destinés aux jeunes de moins de trente ans, aux jeunes en période d’essai, etc.

L’association qui gère l’opération Ode à la jeunesse est Habitat Jeune. Les appartements sont meublés de façon simple. L’association apprend aux jeunes à ouvrir un abonnement chez Enedis, à gérer leur budget, à ne pas dépenser leur premier salaire ni contracter d’emprunt, à mettre de l’argent de côté. Elle les accompagne dans les premiers pas de leur vie active, pour faire une demande d’APL si besoin. Selon leurs revenus, leur loyer peut être de 90 euros par mois, mais en général il se situe autour de 135 euros.

La métropole de Montpellier accueille de très nombreux étudiants ; le territoire métropolitain ne peut pas tous les loger. Souvent, les étudiants vont habiter hors saison dans les appartements vacants de Carnon, pas isolés ; en hiver, ils se trouvent en précarité énergétique. 

Voilà pourquoi je souhaite, sur le passage du tram, réaliser des résidences pour étudiants aux normes actuelles, connectés, gérés par des bailleurs, des sociétés spécialisées ou le Crous. En période d’été, les appartements à Carnon sont loués à des touristes à des prix exorbitants ; et pendant ce temps-là, les saisonniers logent dans des garages, vivent en colocation, dorment dans leur voiture ; bref, ils sont en très grande précarité. C’est pourquoi j’aimerais que les résidences pour étudiants, libres en été, servent à héberger les saisonniers. Ces résidences auraient donc deux vraies utilités, en alternance, selon les saisons.

Un projet de résidence intergénérationnelle, Le Baou,qui comprendra 77 logements, est également sur les rails. Le permis est en cours d’instruction. Il sera notamment destiné aux habitants ayant une petite retraite et inclura de la mixité sociale. »

Avez-vous d’autres projets pour Pérols ?

Jean-Pierre Rico : « Bien souvent, les conducteurs passent d’une commune à l’autre sans s’en rendre compte. Mon projet est de créer des entrées et sorties de Pérols marquantes, afin que les entrées de ville soient mieux identifiées par les acteurs économiques et la population. Ces entrées marqueront l’identité du territoire. Il y aura donc la Porte du Fenouillet, la Porte du Méjean, la Porte des Levades (avec une sculpture géante de taureau), la Porte d’Or au terminus du tram, le Port d’Usquin afin que le vieux port soit mieux identifié, le Port de Careme et le Port du Grau de Pérols. »

Et au sujet des arènes ?

Jean-Pierre Rico : « Petit préambule : dans les arènes de Pérols, il n’y a pas de corridas ; on ne tue pas de toros. Nous perpétuons la tradition camarguaise, que l’on adule. L’équipe municipale a un projet de réhabilitation pour ces arènes. L’idée est de construire au-devant un petit bâtiment doté d’un ascenseur pour accueillir les personnes à mobilité réduite. Il y aura 40 places PMR. 

Une ombrière photovoltaïque permettra d’abriter le public et de générer de l’énergie. Le look des toitures rappellera les nouvelles entrées de ville. Nous ferons une consultation au sujet de l’ombrière photovoltaïque pour qu’un preneur la réalise et récupère l’énergie en échange. Les arènes seront mises aux normes d’Adapt ; nous ferons appel à des subventions pour nous accompagner dans ce projet.

Il est grand temps de donner un coup de jeune aux arènes de Pérols, selon le maire
Il est grand temps de donner un coup de jeune aux arènes de Pérols, selon le maire

Petit retour en arrière. La Loi handicap de Jacques Chirac a été promulguée en 1995. Or, en 2014, quand j’ai été élu maire, aucun des bâtiments municipaux n’était aux normes. J’ai donc établi un programme de mise aux normes, en privilégiant au départ les établissements recevant des enfants.

Par temps de pluie, les ombrières transformeront les arènes en un lieu multiactivités. Des spectacles, des concerts, pourront s’y dérouler en piste, avec du public sur les gradins ou en piste, comme dans une fosse. Comme lors du concert des Négresses Vertes. J’aimerais aussi y présenter de la boxe en cage, jusqu’à présent interdite en France. Francis Didier, président de la Fédération française de karaté, a obtenu les autorisations. Le premier combat se déroulera à Paris ; j’espère que le deuxième se tiendra à Pérols ! »

Et pour l’environnement, que faites-vous ?

Jean-Pierre Rico : « Tout d’abord, la Ville lutte contre la cabanisation. Nous tenons à nos espaces naturels. La municipalité achète tous les espaces naturels mis en vente pour éviter ce phénomène. Un jour, après avoir acheté un terrain, avant de détruire la cabane qui y avait été installée de façon illicite, il a fallu la désamianter, ce qui nous a coûté une certaine somme (27.000 euros d’achat + 47.000 euros de destruction avec désamiantage).

Je suis plus qu’attaché à l’environnement. La preuve : j’ai été élu maire en 2014, et dès 2015, Pérols obtenait le plus haut niveau du label Terre saine, c’est-à-dire le papillon. Cela signifie que tous les produits phytosanitaires y sont interdits. A Pérols, on arrache les mauvaises herbes à la main. Pérols fait partie des 46 premières communes de France à avoir obtenu ce label.

Actuellement, je fais planter des haies mixtes sur les terrains que je rachète ; des passages sont créés pour que les promeneurs ne piétinent pas les espaces à préserver. Les haies mixtes sont composées de végétaux, d’arbustes et d’arbres qui ne nécessitent un arrosage que les deux premières années, le temps de leur enracinement. Les espèces choisies sont de préférence mellifères, à graines ou à fruits pour que la biodiversité (insectes, abeilles, oiseaux, écureuils) se nourrisse. 

Concernant l’éclairage public, Pérols est pilote en la matière au sein de la métropole, avec un éclairage Led. Les lampadaires publics sont équipés du système Dali, qui permet le réglage à distance de l’intensité et de l’ouverture lumineuses. Ainsi, la nuit, on continue à éclairer les espaces publics (ce qui assure la sécurité dans les quartiers), mais de façon adoucie. Cela ne perturbe pas les chauves-souris, grandes croqueuses de moustiques. » 

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Vous avez également végétalisé le centre-ville…

Jean-Pierre Rico : « J’ai fait installer des parkings aux abords du centre-ville pour rendre les rues aux piétons. Et il a été proposé aux habitants du centre-ville qui le souhaitent de leur fournir des plantes et arbustes parmi un catalogue prédéfini, afin qu’ils bénéficient d’une ambiance végétale dans des rues auparavant dédiées aux voitures. Une opération façades a parachevé le tout. Les habitants sont autorisés à sortir une petite table de jardin avec des chaises, des pots de fleurs… Chacun s’approprie sa rue en bonne entente entre voisins. Des apéros de rue ont maintenant lieu entre des voisins qui, auparavant, se disputaient pour les rares places de parking qui y étaient disponibles. On a vu apparaître des boîtes à livres, où des ouvrages sont mis à la disposition des passants. J’ai fait remettre en état deux puits du centre-ville que je me souvenais avoir vus dans mon enfance. Cela fait deux points d’eau agréables, en pierres anciennes. Des trompe-l’œil ont été réalisés sur certains murs aveugles. Il fait vraiment très bon vivre dans le centre-ville de Pérols, maintenant. »

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