Montpellier, exposition : la céramique investit le Mo.Co/Panacée pour un effet saisissant

Reportage

"Contre-Nature" regroupe des artistes du monde entier qui mettent en scène des formes impertinentes, en céramique.

Photo : deux œuvres de Michel Gouéry © Susie Carbone

L’exposition se moque des codes classiques

Numa Hambursin, directeur général du Mo.Co, présente l’exposition Contre-Nature comme une mise en scène d’objets qui veulent ressembler à la nature pour finalement devenir plus réalistes. Cette exposition souligne la mutation qui est à l’œuvre par la cuisson et le dessein propre du matériau. Contre-Nature constitue une vision onirique tous publics qui contribue à changer l’image de la céramique, déjà de plus en plus populaire.

Les artistes et l'équipe du MO.CO
Les artistes de “Contre-Nature” et l’équipe du MO.CO ©Susie Carbone

Vincent Honoré, le directeur des expositions du Mo.Co, explique le titre, particulier, de l’exposition (Contre-Nature), par le fait que la céramique ne répond pas aux lois de la nature. Cette matière résiste à l’épreuve du feu et reste malléable après cette atteinte. L’exposition tire aussi son nom du titre anglais du livre A Rebours de Joris-Karl Huysmans, datant de 1884. Vincent Honoré présente l’événement comme un festival de formes organiques qui répondent à un paradoxe.

Un horizon tropical, quand animal et végétal perdent leurs caractéristiques

Dans le premier univers de l’exposition, une nature végétale aux airs empoisonnés prolifère. Cette partie met l’accent sur des œuvres que Numa Hambursin qualifie de « plus vraies que nature ». La céramique ici se joue des codes naturels et produit un travail qui se veut organique mais non-identifiable. Un des artistes de cet espace, Salvatore Arancio, explique que la céramique est le matériau idéal pour ce type de création. La terre crée un lien avec la nature qui permet de se pencher en profondeur sur la notion de paysage. Cette nature est, selon lui, “un espace pour échapper à la vie quotidienne”. La céramique permet de retrouver ce sentiment particulier.  

Oeuvre de Salvatore Arancio ©Susie Carbone
Œuvre de Salvatore Arancio ©Susie Carbone

C’est également ce que tente de faire Claire Lindner. Dans son univers tout en couleurs, elle cherche à enchevêtrer les mondes animal et végétal de façon à créer une seule et même dimension commune.

Oeuvre de Claire Lindner ©Susie Carbone
Œuvre de Claire Lindner ©Susie Carbone

La céramique, un monde entre terre et feu

Le deuxième volet de l’exposition s’attarde sur le pouvoir de la céramique, résistant à l’épreuve du feu et restant en vie malgré celle-ci. La céramique entre dans une nouvelle dimension. Une fois encore, elle brise les règles naturelles. C’est exactement ce que l’artiste Sylvie Auvray montre dans son travail. Grâce à la magie de la combinaison entre terre et feu, apparaissent des formes particulières que Vincent Honoré qualifie de « grimaces », de « tronches ». Ses personnages semblent souffrir de la douleur infligée par le feu, mais n’en restent pas moins vivants.

De la réalité tangible au conte fantastique

La troisième partie de l’exposition ouvre de nouvelles perspectives ; elle se moque des codes de la céramique classique et utile pour la changer en œuvre d’art, en la mêlant avec d’autres disciplines. C’est le cas d’Anne Wenzel qui évoque le paradoxe entre la perfection de la nature et la beauté de la catastrophe naturelle. En montrant cette beauté tragique, elle perçoit son œuvre comme un film dont la perception change selon le contexte.

Oeuvre d'Anne Wenzel ©Susie Carbone
Œuvre d’Anne Wenzel © Susie Carbone

Julie Béna joue également avec plusieurs domaines avec ses masques de la Commedia Del Arte. Ces petites céramiques de mimiques absurdes presque invisibles sont un fil rouge à travers l’exposition. Elles lient l’univers du conte et celui de la grimace.

Œuvre de Julie Béna ©Susie Carbone
Œuvre de Julie Béna © Susie Carbone

Johan Creten se joue, lui aussi, du spectateur en se penchant sur la dimension intouchable de la céramique liée à la peur de se blesser ou de l’abîmer. Pour finir, l’œuvre de Marlène Mocquet est le clou du spectacle. Elle a créé un univers qui lui est propre, à facettes. Elle explique : “Je conçois mon travail comme une peinture en 3 dimensions. Nous rentrons dans un contexte où le travail se déploie dans l’espace et où le visiteur est acteur et génère des émotions sincères”. Elle entame un dialogue avec la faune dans son œuvre pérenne, installée à l’hôtel Richer de Belleval à Montpellier.

Œuvre de Marlène Mocquet ©Susie Carbone
Œuvre de Marlène Mocquet © Susie Carbone

Un travail titanesque mené à bien

Dans cette exposition, chacun trouve sa place au sein d’un univers qui brise tous les codes régissant le monde de la céramique. Cette exposition est complète, rien n’est à enlever ou à ajouter. Cette exposition d’équipe installée en seulement quinze jours a donné lieu à une inventivité phénoménale. Numa Hambursin exprime d’ailleurs sa fierté : “J’ai envie de beaucoup d’expositions de ce type au MO.CO”.

Informations pratiques

Mo.Co Panacée – 14, rue de l’École de Pharmacie – 34000 Montpellier.
Accès est libre et gratuit.
Exposition Contre-Nature à voir jusqu’en septembre, du mercredi au samedi de 12h00 à 20h00 et le dimanche de 10h00 à 18:00.

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