Pérols : bâtiment “Le Player”, TDS Promotion entame la dernière ligne droite

Hérault Tribune Pro Reportage

Vendredi 22 juillet, Terre de Soleil (TDS) promotion a inauguré la fin de la tranche consacrée au gros œuvre pour son projet le plus ambitieux, "Le Player", livrable en avril prochain, et qui porte l’attention sur un quartier de la ville de Pérols en plein boom.

Philippe Roussel, Jean-Loup Pierrot, Jean-Pierre Rico et André Costa, “Le Player”, vendredi 22 juillet 2022 © Mathieu Weisbuch

Dix ans de négociation avant de poser la première pierre, douze mois de gros œuvre, le bâtiment Le player en est là. En avril 2023, les clés seront données au locataire Studi, organisme de formation à distance qui va installer près de 900 employés dans 9 800 mètres carrés de bureaux. Le doublement de la ligne 3 de tramway ne sera donc pas de trop, même si Le Player est sorti de terre au bord de la piste cyclable la plus empruntée de la Métropole, le long de l’avenue George-Frêche.

le player échafaudage
Vue du “Player” de l’avenue Georges-Frêche © Mathieu Weisbuch

Car, l’une des seules difficultés que TDS promotion n’a pas réussi à résoudre est son nombre limité de places de parking. Avec moins de 160 places, le ratio tombe à 1 place pour 60 mètres carrés de bureau. C’est vers les mobilités douces et les déplacements alternatifs que les futurs occupants du Player vont se tourner. Pour les en convaincre, un très grand local à vélo de 170 mètres carrés équipé de prises pour recharger les vélos à assistance électrique. Un choix également pensé pour les voitures.

Obstacles à proximité

le player vue intérieure
“Le Player” © Mathieu Weisbuch

En ouverture du chantier, ce fut un ballet de camions. “Une rotation de 50 camions par jour pendant deux mois” précise le gérant de TDS promotion André Costa. Il a fallu démolir et faire un terrassement de 3 000 mètres cubes pour ériger le futur bâtiment de 85 mètres de long sur 19 de haut. Une limite verticale imposée par la proximité de l’aéroport.

Autre proximité : celle du sol avec l’eau. Elle a nécessité des fondations particulières pour poser 533 tonnes d’acier, 2,5 kilomètres de poutres en béton, 9 000 mètres carrés de murs et 15 000 mètres carrés de planchers. Les façades seront traitées avec 3 matériaux : un bardage en terre cuite, du béton blanc et des parois vitrées.

En arrivant au 3839 avenue Georges-Frêche, on constate la proximité du chantier avec une piste cyclable très fréquentée. Mais la sécurité a été et restera une règle d’or. “Tous les approvisionnements ont été gérés du côté de cette avenue, explique le directeur d’agence de TDS promotion Jean-Loup Pierrot. Donc, il fallait traverser la piste cyclable. Cela veut dire des moyens humains, un homme trafic à chaque fois, et de la signalisation. C’est la piste la plus empruntée de la métropole. En un an de gros œuvre, pas d’incident, pas de problème. On balayait tous les soirs.”

Une situation explosive

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Vue des habitations voisines, de l’intérieur du “Player” en chantier © Mathieu Weisbuch

Autour du Player, les premières maisons individuelles sont à quelques mètres. “Une gestion de chantier dans un cadre riverain pavillonnaire avec de très fortes contraintes” se rappelle Jean-Loup Pierrot. De son côté André Costa confesse : “le maire nous a tiré les oreilles une seule fois”. Le maire de Pérols, Jean-Pierre Rico, est intervenu en effet pour empêcher le bruit des engins à six heures du matin.

En revanche, la municipalité a été confrontée à un problème venu d’ailleurs, ou plutôt de très loin… Jean-Pierre Rico le raconte : “au début des travaux de terrassement, d’anciens Péroliens sont venus me voir et m’ont dit qu’en construisant leur maison dans ce secteur, il y a de cela trente ans, ils avaient trouvé un obus. Effectivement, ce coteau permettait aux Allemands de défendre l’aérodrome qui était à côté. En apprenant cela, nous avons dû arrêter le chantier et prévenir les entreprises. Nous avons fait appel aux autorités de tutelle et entamé des recherches. Une grenade et un obus ont été trouvés.”

Le grand boom !

Le grand boom n’est pas venu de ce reliquat de la Seconde Guerre mondiale, fort heureusement. En revanche, la zone où Le Player va déployer son imposante silhouette va connaître une poussée urbanistique et économique si l’on en croit le maire de Pérols. Il a rencontré récemment le préfet de région et le président de la Métropole pour évoquer l’avenir du quartier sur les dix prochaines années. Il explique : “avec le doublement de la voie de tramway, la refondation du Parc des expositions où la région investit 80 millions d’euros, l’arrivée du stade Louis Nicollin, soit 300 millions d’investissement, la désartificialisation du cœur du Fenouillet et la requalification de la partie haute du Fenouillet, 1 milliard d’euros seront investis sur ce quartier pour les dix ans à venir.”

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Vue sur l’Aréna, de l’intérieur du “Player” en chantier © Mathieu Weisbuch

Questions à Jean-Loup Pierrot, directeur d’agence de TDS promotion

Y a-t-il une chose dont vous êtes particulièrement fier sur ce projet?

Jean-Loup Pierrot : “c’est le plus gros chantier de TDS promotion, le 1er en 100% tertiaire. La fierté, c’est d’avoir réussi à maîtriser le gros œuvre avec des riverains très proches. Egalement, la réalisation d’ouvrages spécifiques en béton blanc. Pour cela nous avons choisi une entreprise avec laquelle nous n’avions pas forcément l’habitude de travailler. Mais on a appris à se connaître et on va sûrement réitérer.”

Dites-nous-en un peu plus sur le béton blanc…

Jean-Loup Pierrot : “dans le béton blanc il y a des agrégats spécifiques. La problématique vient du fait que c’est un béton architectural, donc on ne peut pas faire de reprises comme sur un béton gris qu’on peut enduire ou rattraper s’il est mal fait.. Un béton blanc, quand il est coulé et décoffré, on ne peut plus y toucher ou quasiment plus, c’est de l’ordre de la chirurgie esthétique. Il faut le réussir du premier coup. C’est un produit fini et un matériau assez joli qui permet de marquer le bâtiment. Tous les gens qui passeront devant se diront que c’est une belle réussite.”

Vous avez obtenu le label Breeam* “very good”, était-ce le maximum que vous pouviez faire?

Jean-Loup Pierrot : “Nous avons pris le label Breeam “very good” après avoir échangé avec notre commercialisateur, fin connaisseur des foncières qui achètent ce genre de bâtiment. Toutes les foncières souhaitent avoir le label Breeam. Il peut être relevé avec l’appellation “good”, “very good” ou “exceptionnel”. C’était notre première opération, mais “good”, ne correspondait pas à notre philosophie, à savoir faire quelque chose de moyen. Donc “very good” s’imposait, car vu l’état d’avancement du chantier, choisir “excellent” devenait impossible étant donné qu’il apportait des contraintes sur le dessin du bâtiment.”

Comment voyez-vous les choses de la fin du gros œuvre, c’est-à-dire aujourd’hui, à la livraison du chantier en avril 2023?

Jean-Loup Pierrot : “Je suis le chantier au quotidien, et quelqu’un vient faire des contrôles côté maîtrise d’ouvrage. Nous avons beaucoup de travaux en plus du marché de base pour les aménagements spécifiques du locataire (Studi). Quasiment 2 millions de travaux en plus. Ils ont des demandes très précises : courant faible, Wifi, informatique, et éclairage, car ils auront des studios d’enregistrement. De plus, il y aura une organisation chez la maîtrise d’œuvre avec deux collaborateurs pour s’assurer que les plannings ne dérapent pas.”

  • (*) La certification britannique BREEAM (Building Research Establishment Environmental Assessment Method) a été créée en 1990. Aujourd’hui c’est le standard international pour qualifier l’impact environnemental d’un bâtiment. Il vise une architecture plus écologique.
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